En Une | Liga | dimanche 28 novembre 2010 à 12:22  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

En ce lundi 29 novembre, le monde se focalise sur un seul endroit le Camp Nou, pour un seul match, le Clasico. Un choc considéré comme le plus attendu de l'histoire. Le match de l'année à ne manquer sous aucun prétexte.

Une constellation de stars, les deux meilleurs joueurs du monde face à face, deux des plus grands entraineurs sur le banc, presque 100 000 socios pour donner une ambiance électrique, un tifo géant s'étendant sur tous le stade, 891 professionnels de 28 pays pour couvrir l'évènement ... voilà ce qui nous attend ce lundi à 21 heures au Camp Nou.

Le choc qui divise le monde du football en 2 parties, le Barça reçoit son rival historique le Real Madrid pour un match qui a des allures d'une finale de ligue des champions.

Jamais ce clasico n'aura suscité autant d'attente au vu du niveau impressionnant qu'affiche les deux équipes qui, à l'heure actuelle, n'ont surement aucun égal en Europe.


 

Le Real arrive à Barcelone en leader, mais avec seulement 1 petit point d'avance sur son rival de toujours.

Avant de rentrer en détail sur ce choc des titans, revenons sur les 4 derniers clasicos et plus particulièrement ceux joués au Camp Nou :

 

2008/2009 : le Barça roule, le Real coule


Le match aller se déroule au Camp Nou en décembre lors du fameux tourmalet où la Pep Team a rencontré tour à tour les gros bras de la Liga.

Après 2 victoires de haute volée à Séville et face à Valence, le Barça en très grande forme en cette première partie de saison marche sur l'eau. 

Et les blaugranas accueillent un Real Madrid aux abois, au bord de la crise de nerf ponctué par certaines grosses blessures (M. Diarra, Van Nistelrooy, De la Red) et surtout par le limogeage de Bernd Shuster  à quelques jours du clasico ! Il sera remplacé par Juande Ramos l'ancien coach du FC Séville et de Tottenham.

Forcément, ce match paraît déséquilibré et les socios du Camp Nou attendent la goleada hebdomadaire face aux merengue.

Mais un clasico reste un match à part, et Juande Ramos le nouvel arrivant devant jongler entre forfait et une équipe démoralisée est arrivé au Camp Nou avec l'intention de ne pas perdre, voire de faire un éventuel hold up, et la mission était à 2 doigts de réussir !

Un Barça dominateur mais qui se fait prendre en contre sur une erreur d'Alves, Drenthe manque l'occasion d'ouvrir la marque grâce à un Valdes des grands soirs.

Les culés dominent, mais butent sur un Casillas qui redevient le San Iker que le Real et l'Espagne connait, Eto'o manque un pénalty, il ne reste pas beaucoup de temps et le Real est à 2 doigts de réussir son coup.

Pas beaucoup de temps c'est quand même assez pour qu'Eto'o erre dans la surface tel un renard. Sur un énième corner, Puyol s'élève plus haut que tout le monde pour rabattre le ballon de la tête vers Eto'o qui se trouve aux 6 mètres et touche le ballon du genou, un réflexe de grand buteur, et 1.0 pour les blaugranas. Le stade exulte, les joueurs explosent de joie. Puis sur une contre attaque rondement menée par Thierry Henry, Messi scelle définitivement le sort des madrilènes d'un piqué astucieux, Cannavaro essaye tant bien que mal de dévier le ballon mais ce dernier va au fond des filets et l'italien sur le poteau.

Un match compliqué, mais une victoire méritée tant la domination était grande.

A la suite de ce match le FC Barcelone prend 12 points d'avance sur le Real, en décembre et à ce moment là de la saison on se dit que la liga est déjà offerte aux catalans.

 

Pour le retour au stade Bernabeu, les choses ont évolué. Du côté des blaugranas, ils sont toujours sur un nuage malgré un mois de février compliqué, la Pep Team a l'occasion de gagner un triplé, chose exceptionnelle et unique en Espagne.

Du côté madrilène, ce n'est plus la même histoire, depuis le match aller en décembre, le Real ne perd plus, mieux encore ils ont rattrapé le retard laissé à Noël en profitant notamment du mois de février pénible vécu par son rival. De 12 points en décembre ils en sont à 4 avant le clasico de mai, donc un match très attendu par les madrilènes revanchard qui n'ont pas dit leur dernier mot pour la conquête du titre.

Sauf que le Barça est revanchard aussi, revanchard de leur dernier passage dans la capitale où un pasillo et un score sévère de 4 buts à 1 sont restés en travers la gorge des hommes de Guardiola.

 

Et cette revanche fut prise par le futur champion d'Espagne qui terrasse son adversaire du soir pour un score historique de 6 à 2, une démonstration de football, une prestation collective rarement vu dans le football moderne, et le Barça file vers son 19ème titre de champion.

 

Saison 2009/2010 : Attrape moi si tu peux


Après un triplé historique côté barcelonais, le Real ne peut accepter la suprématie catalane, c'est pour cela que les socios font appel à l'homme qui a fait rêver le monde entier 9 ans plus tôt : Florentino Perez.

Le fameux président qui au début des années 2000 avait créer les Galactiques, équipe impressionnante composée de stars comme Figo, Zidane, Ronaldo et Beckham, revient sur le devant de la scène footballistique. Et il se met au travail dès sa nomination au pouvoir. Coup sur coup sont recrutés Cristiano Ronaldo le ballon d'or 2008 pour une somme record de 94 millions d'euros, Kaka le ballon d'or 2007 et star du Milan AC puis Karim Benzema l'attaquant vedette de la ligue 1 au talent prometteur.

Chez le champion d'Espagne et champion d'Europe, un changement important est effectué au poste d'attaquant. Samuel Eto'o après 5 saisons de bons et loyaux services s'en va pour l'Inter de Milan qui dans le cadre d'un échange, cède Zlatan Ibrahimovic au Barça.

Et donc le 29 novembre 2009 au Camp Nou, le monde rive ses yeux sur ce choc où les stars du moment se rencontrent.

Le Real -bien que fébrile défensivement depuis le début de saison- là encore sort un match de haut niveau, ils jouent haut, pressent les blaugranas et sont à deux doigts d'ouvrir le score sur une action de génie du brésilien Kaka qui offre un caviar à Cristiano Ronaldo qui se présent seul face à Valdes. Le duel est remporté par le gardien espagnol qui sort le ballon en corner.

Ce match est compliqué, le Real est au rendez vous mais sur un magnifique centre de Daniel Alves, le suédois seul face à Casillas reprend le ballon de volée et fait chavirer les quelques 100 000 supporters présents au Camp Nou.

 

Un match difficile où l'on retiendra notamment la prestation de Carles Puyol, le capitaine emblématique de la maison catalane qui a livré un match de prestige, rappelant à certains qu'il fait partie des meilleurs défenseurs de la décennie.

Cette saison 2009/2010 est chassé croisé entre les rivaux, le Barça leader, le Real reprenant le pouvoir, le Barça qui repasse devant jusque février où les catalans piétinent à Almeria tandis que les merengue s'imposent face à Séville à la dernière minute.

Et le clasico à Bernabeu devient nouveau cas de figure pour Guardiola et ses protégés, ils abordent un clasico en étant second !

Mais le clasico tourne rapidement à l'avantage des catalans qui grâce à Messi et Pedro mais surtout à un Xavi des grands soirs s'imposent 2.0 et qui du coup reprennent les commandes de la liga.

 

S'en suit une lutte infernale à distance où le Real court derrière son rival, la décision se faisant qu'à la dernière journée et le Barça finit champion d'Espagne avec le total incroyable et historique de 99 points, le Real lui devant se contenter "que" de 96 points. Une Liga écrasée par les deux mastodontes du football espagnol où la ligne droite fut l'une des plus serrées de l'histoire de ce championnat.

 

Focus sur le match

 

 

Pour ce match, les supporters des deux camps se posent beaucoup d'interrogations sur les 22 joueurs qui seront alignés d'entrée par Guardiola et Mourinho.

Côté Barça, la presse est unanime pour dire que Pep Guardiola alignera son onze de gala, par contre côté Real, il se dit que Mourinho pourrait renforcer son milieu de terrain.

Si on en croit la presse, voici les équipes probables :

 
FC Barcelone : Valdes, Alves, Piqué, Puyol, Abidal, Busquets, Xavi, Iniesta, Villa, Pedro et Messi.

Real Madrid :  Casillas, Sergio Ramos, Carvalho, Pepe, Marcelo, Khedira, Xabi Alonso, Lass, Di Maria, Higuain et Ronaldo.

 

Dans le cas où le onze proposé par la presse serait aligné par José Mourinho, le Real a clairement l'intention de bloquer les attaques barcelonaises pour se focaliser vite vers l'avant avec le trident Di Maria / Higuain / Ronaldo.

Un milieu bétonné par Khedira et Xabi Alonso en ajoutant Lassana Diarra, le français prenant la place du jeune prodige allemand Özil.

Un choix judicieux pour bloquer l'intérieur où se situe la connexion barcelonaise pour créer le jeu, le losange Busquets / Xavi / Iniesta / Messi.

Un choix judicieux mais risqué, car si Mourinho se prive d'Özil, il se prive d'un joueur capable de mener le jeu vers l'avant et de garder le ballon afin de proposer du mouvement et des attaques fulgurantes.

Pour Pep Guardiola, le coach catalan resterait fidèle à ses principes, le meilleur onze possible aligné où les joueurs peuvent faire circuler le ballon les yeux fermés pour avoir une possession de balle assez conséquente afin de priver les madrilènes du ballon.

Forces et faiblesses des 2 équipes

 

La force des blaugranas est bien sur le jeu, la possession de balle, le redoublement de passes, le "tiki-taka", les permutations et la capacité à presser très haut l'adversaire.

Le dispositif tactique a aussi des tendances à évoluer durant le match comme par exemple l'équipe passant d'un 4-3-3 sans ballon à un 3-4-3 en phase offensive revenant au 4-3-3 en phase défensive, de l'intelligence tactique incompréhensible que seul Guardiola et son adjoint Tito Villanova savent sur le bout de leurs doigts.

Autre force du champion d'Espagne, le rôle de certains joueurs qui est primordial pour l'équipe :

- Alves qui d'arrière droite passe souvent en ailier droit durant un match, il a une telle aisance technique pour un latéral qu'il trouve ses coéquipiers dans un trou de souris.

- Xavi, Iniesta et Messi, un trident qui s'occupe de créer les offensives barcelonaises, ils se connaissent tellement bien qu'ils n'ont même pas besoin de lever la tête pour savoir où ils se situent par rapport aux autres, Xavi étant le cerveau de l'équipe, Iniesta le métronome et Messi le génie à l'efficacité redoutable.

- Efficacité redoutable pour le meilleur joueur du monde qui a une telle facilité, une telle aisance devant le but qu'on a l'impression que le football est facile. Bien qu'il n'ait jamais marqué face à une équipe de Mourinho, il reste un bourreau de Casillas depuis le début de sa carrière. En effet Messi a marqué 8 buts à Casillas, 7 avec le Barça et 1 avec la sélection argentine.

Côté faiblesse, le manque de réalisme peut parfois jouer des tours aux blaugranas, une suffisance qui a déjà fait perdre des points cette saison comme contre Majorque à domicile.

La défense étant placée haute, elle peut parfois se faire piéger dans leur dos avec des attaquants partant à la limite du hors jeu, face au Real cela peut être préjudiciable.

Sans oublier les coups de pieds arrêtés défensif, l'équipe ayant peu de joueur de grande tailles a parfois encaissé des buts suite à des cornes ou coup francs excentrés.

 

Pour le Real Madrid, fini les individualités de l'an passé, José Mourinho a totalement métamorphosé cette équipe qui est en train de retrouver son prestige d'antan notamment au niveau du jeu.


Un jeu redevenu offensif et direct, mais le changement radical se situe en défense. Carvalho ayant signé à l'inter-saison vient épauler son coéquipier de la sélection portugaise Pepe, Marcelo installé à gauche est devenu beaucoup plus rigoureux défensivement et à droite l'inamovible Sergio Ramos.

Si le Barça peut se vanter d'avoir un gardien de haut niveau que dire du Real Madrid qui possède l'un des meilleurs gardiens au monde -si ce n'est le meilleur- en la personne d'Iker Casillas le capitaine madrilène, un Casillas qui a toujours été présent lors des clasicos.

Et côté offensif le Real a de quoi faire peur, un Cristiano Ronaldo capable de débloquer n'importe quelle situation, sa large palette technique lui permet de marquer à tout moment. Une vitesse hors du commun, une détente phénoménale mais surtout un pied droit chirurgicale qui fait de lui le meilleur tireur de coups francs au monde.

Higuain est un buteur redoutable et terriblement efficace, il s'inscrit dans la lignée des purs 9 argentins comme Di Stefano, Bianchi et surtout Batistuta.

Di Maria et Özil venus cet été ont apporté de la fraîcheur à la Casa Blanca, l'argentin aux 3 poumons et une finesse technique impressionnante, l'allemand lui qui guide les offensives madrilènes avec un pied gauche étincelant, altruiste et généreux dans le jeu.

Sans oublier un Karim Benzema ou Pedro Leon qui sont les jokers de l'entraineur portugais, qui ont déjà débloqué des situations difficiles cette saison.

Pour les faiblesses, le Real a parfois des moments d'absences pendant un match où ils subissent les offensives adverses.

Autre point faible, c'est le replacement défensif des attaquants. Si Di Maria fait sans cesse des allers-retours, ceci n'est pas la tasse de thé d'Higuain et Ronaldo voire Özil qui préfèrent se replacer au milieu de terrain et le portugais positionné à gauche ne va pas beaucoup aider Marcelo.

Et un point commun avec le Barça c'est le manque de réalisme, mais c'est un inconvénient qui a été rectifié par les deux équipes depuis... mais attention au retour des vieux démons.  

 

Alors qui gagnera ? Mourinho sera-t-il bien accueilli par le Camp Nou comme l'a promis Rosell ? Partira-t-il dans de nouvelles provocations ? Guardiola aura-t-il la solution pour infliger la première défaite de la saison au Real ? Ronaldo arrivera-t-il à débloquer son compteur face à Valdes ? Messi sera-t-il décisif face à la nouvelle équipe de Mourinho ?



En ce Lundi 29 novembre, le monde se focalise sur un seul endroit le Camp Nou, pour un seul match, le Clasico... un match qui restera (on l'espère !) dans les annales.

 

                                                                                         

Posté par Tele-Santana
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