En Une | Liga | lundi 26 octobre 2009 à 04:22
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Impressionnant de maîtrise collective, le Barça n'a laissé aucune chance à une faible équipe de Saragosse et balaye du revers de la main les rumeurs de début de crise.
Il suffit de peu pour que les critiques fusent, surtout lorsqu'on s'appelle le Barça. Cette fois encore, les catalans n'ont pas été épargnés par la presse. Auteurs d'un match nul à Mestalla face à une redoutable équipe de Valence puis défaits à domicile face au modeste Kazan en coupe d'Europe, les blaugranas commençaient effectivement à montrer des signes d'essoufflement. Pas de quoi paniquer cependant et encore moins de tirer des conclusions douteuses après seulement 2 contre performances (dont une qui n'en est pas vraiment puisque ramener un nul de Valence n'est jamais une mauvaise affaire).
Les critiques étaient probablement exagérées mais cela n'empêchait pas qu'il fallait impérativement se ressaisir, d'abord pour reprendre ses distances sur le Real, tenu en échec sur la pelouse de Gijon, mais surtout pour montrer au monde du football que le petit coup de mou n'était que passager et que le Barça n'avait rien perdu de sa superbe de l'an passé. C'est désormais chose faite.
8ième journée de Liga donc: le Barça, toujours invaincu en Liga (6 victoires et un nul), recevait la modeste équipe de Saragosse, 14ième de la Liga.
Guardiola décide d'aligner sur le terrain ses meilleurs éléments du moment, à l'exception prés d'Abidal, remplacé par Maxwell qui prend le côté gauche: devant Valdés évolue le quatuor Puyol-Piqué-Chygrynskiy-Maxwell. Dans l'entrejeu, on retrouve le trio Busquets-Xavi-Keita, suppléés devant par le trident offensif Messi-Zlatan-Iniesta. Une équipe de luxe pour annoncer d'entrée la couleur aux visiteurs.
Les catalans débutent la rencontre avec beaucoup de confiance: toujours bien placés et pressant très haut, ils disposent d'une mainmise totale sur le ballon. Pourtant, les occasions créees sont rares. Bien que maîtres du cuir, les blaugranas ont en effet beaucoup de peine à se projetter vers l'avant et les remises en arrière vers Valdés sont légion, la faute à une difficulté à combiner passée la ligne médiane. De fait, il faut attendre 25 minutes et l'ouverture du score par Keita pour que les hommes de Pep lancent définitivement leur rencontre: Xavi sur Corner décide de jouer court pour Messi qui centre et trouve la tête de Keita. 1-0 (25').

Dès lors, la machine blaugrana est lancée et ne s'arrêtera plus. Seulement 4 minutes après l'ouverture du score, le Barça remet ça par l'entremise d'Ibrahimovic sur coup franc, un véritable missile des 30 mètres que Carrizo ne peut qu'effleurer. 2-0 (29'). Après Alvés et Xavi, voilà que le Barça a déniché un autre redoutable tireur de coup franc, dans un autre registre cette fois-ci. Après 35 minutes de jeu, les catalans affichent une possession de balle irréaliste: 73 %, réduisant au rang de spectateurs les joueurs de Zaragoza. La maîtrise du jeu est totale du côté des blaugranas qui affichent une grande mobilité et une vitesse de jeu retrouvée. Convaincant. C'est donc sans surprise aucune que le Barça inscrit un troisième but, résultat d'un beau travail collectif : Xavi le métronome distille une passe en profondeur pour Zlatan côté gauche qui à son tour trouve Keita, dont la projection rapide vers l'avant est récompensée. 3-0 (41')
Le véritable spectacle commencera toutefois en seconde période. Si les catalans ont inscrit 3 buts en première période, il leur a tout de même fallu 25 minutes avant de prendre l'ascendant sur leurs adversaires.. Comme souvent, c'est quand le Barça est en confiance qu'il offre le plus beau spectacle, et cette fois encore il n y a pas eu d'exceptions. Libérés par le score, les barcelonais vont offrir au Camp Nou un spectacle unique fait de combinaisons, de dédoublements et de jeu à une touche de balle: une sorte de concentré très synthétique en 45 minutes de la fabuleuse saison 2008-09. En face, Saragosse n'a qu'une seule chose à faire: se taire et observer la magie de 11 joueurs qui évoluent à un rythme infernal. Que pourraient-ils faire d'autre ? Quand Messi déchire la défense adverse sur chaque prise de balle, quand Xavi trouve la faille chaque fois qu'il caresse le cuir et enfin quand Keita bluffe l'adversaire avec des jaillissements inopinés, l'adversaire n'a qu'une seule question à la bouche: combien de temps reste-t-il avant la fin de la partie ? Suffisamment pour inscrire 3 buts de plus.
Trois minutes après un nouveau but d'Ibrahimovic refusé pour hors jeu, le suédois remet ca pour la seconde fois de la soirée: Iniesta déchire l'axe adverse et trouve un Keita complètement démarqué à gauche qui a tout le temps pour adresser un centre parfait pour Zlatan. Le néo-barcelonais trompe Carrizo de l'extérieur du pied droit. Imparable. 4-0 (56').
Si la seconde période est aussi belle, c'est en partie grâce au changement effectué à la mi temps par Pep: Iniesta, qui avait été plutôt discret à gauche lors des 45 premières minutes est replacé dans un rôle hybride de milieu relayeur excentré gauche qui lui permet d'évoluer dans un registre plus libre, en compagnie de son ami Xavi.
A 20 minutes du terme, Pep décide de sortir Piqué et Zlatan, respectivement pour Marquez et Bojan. Coincidence ou pas, le Barça se relâche au même moment et encaisse un but dans la foulée: alors qu'on croyait que Valdés avait fait le plus dur en remportant un duel peu évident face à Ewerthon, voilà que la balle atterrit dans les pieds de Jorge Lopez qui de l'intérieur du droit trompe Valdés, pas irréprochable cette fois. 4-1 (77')Premier et dernier avertissement car derrière, les catalans en rajoutent 2 autres pour conclure une belle soirée. C'est d'abord Messi, à la suite d'un beau travail d'Iniesta, qui lobe Carrizo avant que Keita ne fusille sur corner ce même Carrizo après un corner d'Iniesta. 6-1, score final.
Difficile de tirer des conclusions après cette belle victoire: certes le Barça a superbement combiné en affichant une maitrise insolente. Certes, l'envie était très visible et certes, enfin, on a peu retrouver ce jeu qui a fait la gloire du club en 2008-09. Ces constats sont néanmoins à relativiser. L'adversaire en face n'a jamais paru en mesure d'inquiéter l'ogre catalan. Alors que le Barça peinait à se projetter de l'avant dans la première demi heure, les joueurs de Saragosse n'ont pas su en profiter. Pas sur qu'un tel scénario se reproduise avec une équipe de milieu de tableau.
La question aujourd'hui n'est pas de savoir si le Barça est capable de reproduire le jeu de la saison passée (on a aujourd'hui la preuve qu'il en est totalement capable) mais plutôt de savoir s'il est capable de développer ce jeu sur toute une saison, avec la même continuité et régularité que la saison dernière. Et comme souvent, une bonne partie de la réponse à cette question est à chercher du côté du banc de touche.
La ligne défensive présente beaucoup d'inquiétudes: Si Puyol et Piqué semblent pouvoir tenir la baraque dans l'axe, on ne peut pas en dire autant de la nouvelle recrue, Chygrynskiy, ou même de Rafa Marquez. Le premier ne semble pas avoir trouvé ses marques et affiche une lenteur inquiétante pour un joueur qui évolue dans une défense aussi haute. Le second est revenu de blessure voilà quelques matchs déjà mais ne semble toujours pas avoir retrouvé ses repères.
Au milieu, si Keita prouve depuis le début de saison qu'il est capable de hausser son niveau de jeu, il n'en est pas de même pour Touré, auteur d'un début de saison catastrophique, et dans une moindre mesure de Busquets, qui ne semble toujours pas avoir digéré sa fabuleuse première saison en équipe première. Xavi, Iniesta, Keita, voilà qui est bien maigre pour tenir toute une saison, surtout que le malien sera absent près d'un mois pour la CAN dans quelques mois.
Enfin, la ligne offensive est celle qui présente le plus d'inquiétudes: derrière Messi et Ibrahimovic, c'est le néant. Henry est auteur d'un début de saison affreux et Pedro n'est pas encore taillé pour assurer un rôle important. A n'en pas douter, le banc de touche sera décisif sur toute la seconde moitié de saison. Txiki est prévenu.
Valdés: 6.75 A l'exception du but encaissé sur lequel il n'est pas irréprochable (bien qu'il ait fait l'essentiel en repoussant la frappe d'Ewerthon), il a livré une prestation très solide en remportant plusieurs duels. Très vigilant.
Puyol: 6.5 Un Puyol très rassurant ce soir. Jamais pris en défaut et toujours bien placé, il prouve que son prolongement de contrat jusqu'en 2013 est tout sauf un traitement de faveur. Offensivement absent, à nuancer par le fait que le Barça a quasiment joué sans ailier droit en seconde période, Messi ayant beaucoup repiqué dans l'axe.
Chygrynskiy: 5 Toujours aussi lent et emprunté. Espérons que nous ne sommes pas en face d'une énième erreur de casting, un erreur de casting à plus de 25 M d'euros...
Piqué: 6.25 Sur de lui et toujours volontaire pour porter le ballon devant. Remplacé par Marquez (72'), peu convaincant et pas irréprochable sur le seul but de l'adversaire.
Maxwell: 6. Du mieux assurément par rapport à ses dernières sorties. Une bonne première mi temps avec quelques jolies incursions offensives et une belle entente avec Ibrahimovic sur quelques séquences. Manque encore de discipline dans son placement défensif.
Busquets: 6 En progrès par rapport à ses dernières prestations. Toujours bien placé, il n'a cependant pas été testé sur l'engagement physique tant l'adverse était timoré. A représenté un bon point d'appui au milieu de terrain.
Xavi: 7 u Xavi comme on l'aime, à savoir propre et concis dans ses gestes. A l'origine avec son compère Iniesta de la plupart des mouvements offensifs qui ont amené les différents buts. Remplacé par Jeffrén (83').
Keita: 8.5 Tout simplement époustouflant ce soir. 3 buts et une passe décisive pour couronner une prestation 5 étoiles. De loin son meilleur match avec le Barça. Ses jaillissements de seconde ligne ont fait très mal à l'adversaire. Gros volume de jeu, variation dans le jeu, jeu de tête, jeu de passe, tout y était ce soir. En toute logique homme du match. Espérons qu'il continue sur sa lancée. Ca compensera au moins la baisse de forme de Yaya.
Messi: 7 Très critiqué pour ses récentes prestations avec le Barça mais surtout avec sa sélection, l'argentin a répondu d'une fort belle manière, avec un but et une passe décisive à la clé. Encore quelques pertes de balles inhabituelles mais les fondamentaux sont de retour: capacité à éliminer en un contre un et accélération foudroyante
Ibrahimovic: 8 Du tràs grand Zlatan ce soir avec un doublé (dont un superbe but sur CF) et une passe décisive. Est de mieux en mieux inséré au sain du collectif blaugrana. Une combinaison habile de puissance, de technique et de touché. Doit cependant travailleur ses appels de balle, encore trop souvent sanctionnés par des hors jeu. Remplacé par Bojan (72') qui ne montre pas grand chose.
Iniesta: 7 Une première mi temps relativement discrète avant de véritablement émerger en seconde mi temps pour multiplier les caviars: 2 passes décisives et une "demi passe decisive" sur le 4ième but. Ce réveil en seconde mi temps coincide avec son replacement plus axial. On ne le redira jamais assez: c'est au milieu qu'il est le plus dangereux avec ses accélérations verticales ponctuées d'ouvertures millimétrées.
FC Barcelone: Valdés; Puyol, Chygrynskiy, Piqué (Márquez, min.72), Maxwell; Xavi (Jeffren, min.83), Busquets, Keita; Messi, Ibrahimovic (Bojan, min.72) et Iniesta
Real Saragosse: Carrizo; Pulido, Pablo Amo, Pavón, Paredes; Gabi, Abel Aguilar; Jorge López, Ander Herrera (Songo'o, min.77), Pennant (Lafita, min.61); et Arizmendi (Ewerthon, min.68)
Buts: 1-0, min.24: Keita. 2-0, min.29: Ibrahimovic. 3-0, min.41: Keita. 4-0, min.56: Ibrahimovic. 4-1, min.77: Lafita. 5-1, min.80: Messi. 6-1, min.40: Keita
Arbitre: Paradas Romero. Carton jaune pour Gabi (min.28) et Abel Aguilar (min.38)
Posté par youssef
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