Array FC Barcelone 5-0 Real Madrid : Seuls au monde - FC Barcelona Clan

En Une | Clasico Et Derby | mardi 30 novembre 2010 à 15:41  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Epoustouflants de maitrise, les Barcelonais ont atomisé des Madrilènes méconnaissables au terme d’une partie gigantesque qui aura tourné à la corrida. La Pep Team continue d’écrire l’Histoire du football.

Les faits et le jeu


C’était avant même le coup d’envoi le match de tous les superlatifs. Les deux meilleurs joueurs du monde face à face, deux des coachs les plus charismatiques et les plus admirés de la planète football, onze joueurs champions du monde en Afrique du Sud, et surtout les deux équipes objectivement les plus impressionnantes de cette saison européenne 2010-2011, déjà assurés de la première place de leur groupe en Ligue des Champions et respectivement premiers et deuxièmes de la Liga avec des capitaux de points inédits.
 
 

Jamais un clasico n’avait atteint un tel niveau d’attente et de médiatisation, pas même les deux derniers clasico disputés à Santiago Bernabeu et pourtant directement décisifs pour le titre de champion, ni même la demi-finale de Ligue des Champions en 2002. L’arrivée de Mourinho au Real cet été, l’ennemi préféré du Barça depuis une fameuse confrontation européenne en 2005 jusqu’à celle d’avril dernier, ainsi que la date décalé au lundi du match, assurant à l’affiche une exclusivité totale, y sont sans doute pour quelque chose, de même que l’affaiblissement structurel ou seulement provisoire de la concurrence des autres clubs de stature mondiale comme le Bayern, l’Inter, Liverpool, la Juventus, Chelsea, Milan ou encore Manchester. Seuls au monde ou presque, le Real Madrid et le FC Barcelone jouaient bien plus qu’un match de Liga. Au-delà des trois points et de la différence de but particulière, c’était une question de suprématie nationale et donc même mondiale qui était en jeu.

D’un côté le Barça, la référence mondiale depuis l’arrivée de Guardiola dont tout le monde a le sentiment qu’elle est en train d’écrire une des pages les plus mythiques du football, de l’autre le Real, le club le plus riche, le plus prestigieux, le plus orgueilleux de la planète qui ne peut admettre cette domination catalane que ce soit dans les résultats ou surtout la manière. Car plus que les trophées accumulés par la Pep Team, c’est l’image que cette dernière renvoie qui est insupportable au peuple blanco.
 
 

Tout, l’histoire, le casting, l’état de forme, tout était réuni pour faire de ce match, le match de l’année dans une scénographie défiant toute rationalité. Les Blaugrana sans surprise se présentaient avec leur onze de gala, avec une défense à quatre en place depuis maintenant deux ans avec Alves, Puyol, Piqué et Abidal, un milieu champion du monde étiqueté Cantera avec Busquets, Xavi et Iniesta, et une attaque sans avant centre avec Villa à gauche, Pedro à droite et Messi partout ailleurs. Avec le Barça il n’y a pas de plan B : avoir le ballon et attaquer. Face à cela, Mourinho choisissait comme à San Siro il y a six mois avec l’Inter l’audace avec quatre joueurs à vocation offensive, avec simplement un choix contraint, celui de Benzema à la place de Higuain blessé au dos et forfait de dernière minute.
 
 
 
L’intention était claire pour les Madrilènes : venir gagner au Camp Nou et ne pas se contenter d’un 0-0. A chaque match Mourinho s’adapte : un 0-0 ou un 0-1 lui suffisait en avril pour aller en finale de C1 ; cette fois-ci il voulait gagner. Une sorte de quitte ou double. Rien ne l’y obligeait, mais on comprend que la tentation était grande : une équipe parfaitement rodée depuis deux mois avec une confiance accumulée très grande, un gout égotique pour le contre-pied permanent, et surtout une volonté de revanche à tous les étages de la maison blanche tournant presque à l’obsession, la même qui avait emporté émotionnellement son adversaire du soir au printemps lorsque la promesse d’une finale européenne à Bernabeu avait coupé les têtes des plus lucides Catalans.
 
Mourinho voulait frapper fort, mettre KO son adversaire. Il l’avait déjà fait avec une autre équipe, dans un autre contexte, dans un autre stade, une autre période, avec un autre arbitrage. Il se pensait capable de récidiver. Il pensait que son équipe en était capable. Et au coup d’envoi le calcul n’avait rien d’abracadabrantesque. Il était simplement ambitieux.

Dès les premières secondes, les 100 000 spectateurs et les millions d’observateurs comprennent qu’il est trop ambitieux. Ce Real de la fin de l’Automne n’est pas l’Inter de la mi-printemps. Surtout Le Barça n’est plus le même. Iniesta est là cette fois-ci. Villa a remplacé Ibrahimovic dans un rôle diamétralement opposé de porteur d’eau et de mangeur de craie. Dans cette entame de match, le onze catalan dégage une force et une maitrise incroyable. Le Real ne pourra pas rivaliser. Le milieu Busquets-Xavi-Iniesta soutenu par les décrochages de Messi nage sur l’eau, laquelle s’infiltre à la vitesse d’un cheval au galop dans la coque du navire madrilène. Xabi Alonso et Khedira sont dépassés, de même qu’Ozil. Di Maria n’en peut plus de marquer Dani Alves, tandis que Pepe est déjà au bord de la rupture sur plusieurs jaillissements salvateurs. On joue depuis cinq minutes et Messi a déjà touché le montant d’une inspiration géniale (5’).
 
 

L’organisation tactique catalane ne donne aucun répit au Real. Alves joue ailier droit et presse comme jamais Marcelo. Derrière Abidal, Piqué et Puyol maitrisent les relances courtes et récupèrent tout face à Benzema et Ronaldo impuissants et déjà abattus. Mais c’est dans le cœur du jeu que tout se passe, et que tout va trop vite. Les séquences de conservation de balle blaugrana sont époustouflantes. Jeu court, renversements, maitrise du tempo, tout y est. Pedro et Messi se baladent entre les lignes tandis que Iniesta et Xavi régalent. Busquets la joue dictateur asiatique. Seul Villa demeure isolé dans son couloir gauche sacrifiant sa participation au jeu pour permettre d’ouvrir le bloc madrilène. Les derniers seront les premiers.

Incapables de tenir le ballon face à l’ouragan barcelonais, Madrid va craquer sur une splendeur d’attaque placée. Parti depuis Valdes, le cuir se balade entre les lignes et les jambes des blancs pour parvenir à Iniesta qui d’une passe ultra appuyée s’en va chercher Xavi. Marcelo trop court ne peut intercepter et Xavi en acrobate réussi à pousser le ballon au fond des filets (1-0, 10’). Casillas est désespéré.
 
 

Malgré tout, à l’orgueil et au talent, Madrid réagit, avec Di Maria tout d’abord (frappe détournée par Valdes, 12’) puis par Ronaldo et Benzema, le premier tentant de trouver le second, mais Abidal est vigilant tout comme Valdes (14’). Le rythme du match est titanesque et le Real semble enfin commencer son match. Malheureusement pour lui, Barcelone est décidé à le conclure. A la 18ème minute, à la suite d’une action de près d’une minute et de 21 passes sous les olé du public, le Barça met la Mou Team KO : Villa, récompensé de son isolement et bien servi par Xavi, dépose un Ramos apathique pour centrer fort ; Casillas se troue et Pedro, toujours aussi précieux dans le jeu, retrouve ses instincts de tueur pour mettre une seconde perle au collier du tableau d’affichage (2-0, 18’).
 
 
 
Le Camp Nou est en fusion. Le clasico tourne à la démonstration de force alors qu’il reste encore plus d’une heure à jouer. Il n’y a déjà, semble-t-il, plus de match. Le naufrage définitif est cependant évité par Casillas qui profite des atermoiements de Pedro pour sauver son équipe (27’).

Jusque là très propret, le match prend alors une autre dimension quand cette crapule de Guardiola se mue en victime du désespéré Ronaldo pour ne pas avoir redonné le ballon (31’). Attroupement, début d’échauffourée, les esprits sont à vif. Valdes s’en sort avec un jaune, tout comme le Portugais, qui se retrouve en bonne position de rendre possible l’impossible avec un coup franc quatre minutes plus tard. Dépassé collectivement, le Real peut toujours s’en remettre au génie de quelques uns. Mais la frappe surpuissante de Ronaldo se contente de lécher le poteau droit de Valdes. Un murmure parcoure les travées du Camp Nou, immédiatement relayé par un chant. Ce sera la meilleure occasion du match pour Madrid.
 
 

La suite jusqu’à la pause est une série de petits incidents : jaune de Pepe sur Messi qui amorçait un contre supersonique (36’), accrochage entre Valdes et Ronaldo encore eux dans la surface dont les multiples ralentis ne permettent pas de dire grand-chose (38’), et enfin coup de coude de Carvalho sur Messi trop prompt à en rajouter et sanctionné d'un jaune (45’).

2-0 au repos. Le Real a pris une leçon dans une première mi-temps à sens unique qui n’est pas sans rappeler celle de la victoire catalane 2-0 contre l’Inter en phase de poule l'an passé. A ceci près que les enjeux étaient moindres. Le Barça est surpuissant.

Le second acte démarre sur les mêmes bases que le premier. L’entrée de Diarra au milieu à la place d’Ozil ne change rien. Dès la 47ème minute, Messi perfore le rideau défensif merengue, mais oublie Villa pour tenter la frappe. L’Argentin, égoïste, ne refera pas deux fois la même erreur. 52ème : caviar de Messi pour Xavi qui se heurte à Casillas avant de tirer dans le petit fillet ; 55ème : caviar de Messi pour Villa à la limite du hors-jeu qui exécute son capitaine de sélection ; 3-0 ; 58ème : caviar de Messi pour Villa qui choisit cette fois-ci l’extérieur du droit pour crucifier Saint Iker ; 4-0. Madrid est détruit. 
 
 

La partie tourne alors à la corrida. La supériorité catalane devient quasi indécente. Les séquences de possession de balle sont surréalistes à ce niveau de compétition. Les onze barcelonais s’amusent au tiki taka. Passe et vas. Les onze madrilènes sont psychologiquement au 101ème sous-sol. L’humiliation technique, physique, et tactique est totale. Le 6-2 de Bernabeu parait presque doux par rapport à ce qui se passe sur le rectangle vert. Résonnent dans les têtes les déclarations de Ronaldo après le 8-0 du Barça face à Almeria. Il reste une demi-heure et rien, rien, rien ne permet d’écarter l’hypothèse d’un tel score, si ce n’est le gout du Barça pour le toro, et la clémence de l’arbitre (jaune pour Carvalho pour une main en position de dernier défenseur à la 70’)

Guardiola décide alors de renouveler le casting et lance Bojan en lieu et place de Villa. De quoi relancer la verticalité de l’attaque catalane, si ce n’est que Bojan se montre fidèle à son niveau des dernières semaines en se prenant les pieds dans le gazon alors qu’un face à face avec Casillas s’offrait à lui (77’).

Le score semble devoir en rester là. Xavi sort sous les ovations, de même que Pedro. Keita rentre, de même que Jeffren. Absents depuis un mois, le Canterano se charge d’inscrire le cinquième but suite à un bon débordement de Bojan, enfin efficace (5-0, 91’).

Barcelone cinq, Madrid zéro. Comme en janvier 94 avec le triplé de Romario. Le public à l’unisson de Piqué peut lever les cinq doigts vers le ciel.

Manita !
 
 
 
La détresse des joueurs madrilènes est incommensurable. Le ciel leur est à nouveau tombé sur la tête. Pour la cinquième fois d’affilée, ils sont défaits par la Pep Team. Et l’écart n’a jamais été aussi abyssal, au moment même où l’on pensait qu’il s’était le plus réduit. Le choc est terrible, et la capacité de réaction des Madrilènes sera à observer avec attention, eux qui doivent recevoir Valence, avant d’affronter Villarreal ou Séville.

En attendant, Diarra et Ramos tentent d’assassiner Messi. Rouge direct pour l’international espagnol et bagarre générale avec ses coéquipiers de la Roja, notamment Puyol. Xavi prend un jaune.

Les nerfs sont à vif, normal Barcelone a écorché Madrid.

Barcelone était trop fort. Beaucoup trop fort.

Barcelone est seul au monde.

Pour combien de temps encore ?
 
 

Les joueurs :


Valdes : 6,5
Touché à l’épaule en début de match. Très peu sollicité, la meilleure occasion madrilène étant le coup franc de Ronaldo non cadré. Une sortie très limite sur ce même Ronaldo.

Alves : 7
Très présent défensivement, il a été souverain dans les uns contre uns et le pressing. Toujours disponible dans son couloir, il a été impeccable dans le petit jeu court.

Puyol : 7,5
Son duel avec Ronaldo a souvent été électrique. Ultra autoritaire, le capitaine a été parfois  bordeline. Il a constamment permuté avec Piqué afin de se retrouver du côté où Ronaldo se trouvait.

Piqué : 6,5
Il a géré les affaires courantes, et notamment Benzema qui s’est montré particulièrement inoffensif.

Abidal : 6,5
Des interventions rassurantes, il n’a pas hésité à prendre son couloir, même si les consignes étaient clairement qu’il reste derrière. Très propre.

Busquets : 8,5
Une énième fois monstrueux au milieu. Sa qualité technique, sa vision, son placement, sa conservation de balle, son sang froid, tout était fantastique.

Xavi : 9
Le Boss. Il ouvre le score à la manière d’un équilibriste et a constamment guidé le jeu et le rythme de l’équipe. Une plénitude époustouflante.
Remplacé par Keita.

Iniesta : 8,5
Une première mi-temps gigantesque dans tous les domaines. Ecœurant de maitrise.

Pedro : 8
Un but opportuniste et une activité à nouveau impressionnante. Il a constamment dézoné ajustant sa position à celle de Messi et Alves. Un terrible poison.
Remplacé par Jeffren, buteur.

Messi : 8,5
Pas de but pour une fois, mais un poteau et deux passes décisives formidables pour Villa. Sa position de faux numéro 10 a posé un problème irrésoluble à Madrid. Grand match.

Villa : 8,5
Il lui était reproché de ne pas marquer assez et d’être trop brouillon dans le jeu. Il a répondu sur ces deux aspects. Un doublé, une passe déc’, et une très grande intelligence tactique. Il a couvert le couloir gauche avec un sens du sacrifice admirable. Ce match est la démonstration que Villa est le joueur qu’il aurait fallu l’an passé au Barça pour pallier le départ d’Eto’o. Un an et une C1 de perdu.
Remplacé par Bojan, auteur d’une entrée inquiétante avant de se ressaisir en toute fin de match avec une passe décisive.


Fiche technique : 


FC Barcelone : Valdés; Alves, Puyol, Piqué, Abidal; Busquets, Xavi (Keita, m.86), Iniesta; Pedro (Jeffren, m.86), Messi, Villa (Bojan, m.76).

Real Madrid : Casillas; Sergio Ramos, Pepe, Carvalho, Marcelo (Arbeloa, m.60); Xabi Alonso, Khedira; Di Maria, Özil (Lass Diarra, m.46), Cristiano Ronaldo, Benzema.

Buts : 1-0, m. 10: Xavi. 2-0, m.18: Pedro. 3-0, m.55: Villa, 4-0, m.57: Villa. 5-0, m. 90+1: Jeffren.

Arbitre : Iturralde González
Avertissements : Víctor Valdés (m.32), Cristiano Ronaldo (m.32), Villa (m.34), Pepe (m.36), Messi (m.45), Xabi Alonso (m.51), Marcelo (m.56), Casillas (m.56), Carvalho (m.71), Sergio Ramos (m.73), Khedira (m.75) y a Puyol (m.80).
Expulsion : Sergio Ramos (m.92).

98.255 spectateurs.

Posté par javito
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