En Une | Liga | jeudi 23 avril 2009 à 04:57  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Les Blaugrana sans Messi ni Puyol laissés sur le banc ont pulvérisé le FC Séville dans un match où Xavi et Iniesta ont été éblouissants. Ce Tourmalet commence comme le précédent.

Les faits et le jeu

Le Tourmalet a commencé. Le money time est là. Madrid aussi. Malgré leurs lacunes techniques, les Madrilènes continuent de gagner et de menacer le navire catalan. Mais celui-ci ne change pas le cap. La victoire. Le spectacle. Le football à l’état pur tout simplement. La vitesse de croisière ne faiblit pas. L’océan est pourtant peuplé d’icebergs qui ne demandent qu’à éperonner la coque du vaisseau blaugrana. Mais le Barça est un brise glace que rien ne semble pouvoir arrêter. Il y a bien eu une avarie en février au détour d’un derby raté et d’un plantage à Calderon, mais la ligne de flottaison n’a pas flanchée. Ce Barça 2008-2009 est en train de repousser toutes les limites.

Le match de ce soir s’annonçait délicat. Séville, troisième, est un des gros clients de cette Liga, une référence, une valeur sûre et ce malgré son coup de mou des derniers matches. Sur la pelouse du Camp Nou il a été réduit au rang de gentil sparring-partner. Les Catalans se présentaient pourtant sans Messi, laissé sur le banc avec Puyol, autant par turnover que par volonté de ménager son estomac. Mais de Messi les Blaugrana n’ont même pas eu besoin. Iniesta a rayonné de mille feux. Xavi à ses côtés n’était pas mal non plus… Les deux Canteranos jouent sur une planète technique différente des autres. Pas une mauvaise passe, pas un mauvais contrôle, pas un mauvais dribble. Une fluidité totale de leur jeu, une certaine façon de danser avec le ballon, mais une danse épurée, réduite aux fondamentaux : la couverture de balle, les déplacements, la vision de jeu. Avec ses deux là le scénario fut à sens unique.

Dès la 3ème minute, suite à une récupération rageuse de Henry, Iniesta héritait du ballon à 20 mètres et tentait un geste presque inédit pour lui : une frappe en dehors de la surface de réparation. « L’audace » payait. La balle délicieusement enroulée du numéro 8 trouvait les filets de Séville. 1-0. Démarrant pied au plancher le Barça continuait. A la 8ème minute, Eto’o était tout près d’aggraver la marque mais sa frappe passait au dessus de la transversale. A l’origine de l’action : Iniesta. Le Manchego était encore là à la 17ème minute pour solliciter le une-deux avec Xavi et servir en une touche le Camerounais. Malgré une parade désespérée du gardien, la reprise d’Eto’o finissait sa course au fond des cages. 2-0 au bout de vingt minutes, les débats étaient déjà pliés.

Au fond, le Barça n’a pas besoin de faire du turnover. Il repose presque autant ses joueurs en les mettant sur le terrain qu’en les laissant en tribune. Tout parait si facile. Les connexions sont si belles. On a l’impression qu’ils ne forcent même pas. Pourtant Séville a couru, Séville s’est battu. Mais Séville n’a rien pu faire. L’échéance du troisième but était programmée. Inéluctable. Le 3-0 a bien failli arriver avant la pause, que ce soit par Piqué monté aux avant-postes et tout proche de reprendre un centre travaillé de… Iniesta (24’), ou par Xavi dont la balle piquée en duel face au gardien venait lécher le poteau après un décalage intelligent dans la surface de… Iniesta (37’).

Il fallait un peu de patience, le temps de voir le retour des vestiaires et de laisser à Iniesta le soin de donner à Xavi une nouvelle opportunité. Suite à un contre mené par Henry et Eto’o, le ballon revenait vers Iniesta qui donnait en retrait à Xavi dont la frappe à 20 mètres venait arracher la lucarne (3-0, 49’). La passe d’Iniesta était aveugle. Avec lui et Xavi, l’expression jouer les yeux fermés n’est plus figurée.

Pas le temps de souffler que Marquez déclenchait un boulet de canon qui passait à quelques centimètres de la lucarne (52’). Toujours la même. Henry, maladroit dans sa finition jusque là amenait ensuite sa pierre à l’édifice. Sur un énième débordement, il adressait un centre-tir en direction de Eto’o. Le Camerounais, un peu court, ne touchait pas le ballon, ce qui n’empêchait pas ce dernier de mourir dans le petit filet intérieur de la cage sévillane (4-0, 55’). L’action était partie de Marquez dans la surface de Victor Valdes…

Rien, il n’y avait rien à faire face à un tel rouleau compresseur. Et l’entrée de Kanouté à la mi-temps n’y a rien changé. De l’attaque de Séville on ne retiendra finalement que la reprise manquée mais potentiellement létale de Navas en première mi-temps (12’).

Le Barça finissait la dernière demi-heure (sic) en roue libre. Iniesta était remplacé sous l’ovation du Camp Nou, de même que Xavi. Au détour de quelques phases de handball agrémentés de renversements de jeu vertigineux, Eto’o se voyait offrir deux énormes occasions de reprendre ses distances avec Villa au classement du Pichichi : une première à la 70ème minute puis une seconde à la 88ème mais les deux fois Escudé était auteur d’un sauvetage incroyable. On en restait donc à 4-0. 88 + 4 qui font 92. Il ne reste plus que 8 buts avant de dépasser la barre des 100 buts. Il reste six journées. Le Barça a 81 points, un de moins à peine que son total de 2006.

Le navire blaugrana file à un train d’enfer. Mais c’est définitivement le jardin d’Eden qui est dans le viseur.


Les joueurs

Valdes : 6
Pas grand-chose à faire, si ce n’est deux trois interventions. Un très bon jeu au pied : propre et précis. Il reste sur 638 minutes sans but encaissé en Liga.

Alves : 6
Un match correct. Des frappes intéressantes, mais pas mal de déchet dans les centres. On a connu beaucoup mieux de la part du Brésilien, mais pas de quoi lancer des critiques pour autant. Quoique, on regrettera son carton jaune idiot à 4-0 sur un tacle en retard sur Navas. Un jaune contre Valence et adieu le Clasico.

Marquez : 6,5
Impeccable défensivement et dans la relance.
Remplacé par Sylvinho.

Piqué : 7
Propre et n’hésitant pas à s’incorporer au jeu offensif. Taille patron. Il est vraiment en train de faire son trou.

Abidal : 6,5
Offensivement il s’est montré très disponible. Et sa vitesse en défense est vraiment impressionnante.

Touré : 7,5
Un moment délicat à la 10ème minute (double perte de balle) au milieu d’un océan de tranquillité et de justesse. Quelques rushes savoureux, et une présence de tous les instants.

Xavi : 8,5
Magnifique lui aussi. Il s’est pardonné de son raté de la première mi-temps en marquant le troisième but. Il a alterné avec Keita à gauche et à droite du triangle du milieu.
Remplacé par Bojan.

Keita : 6
A côté des deux extraterrestres, il a paru bien pâle. Néanmoins, il n’a pas été mauvais, avec un déchet technique acceptable et une implication certaine dans le jeu. On en attend de toute façon pas plus de lui.

Iniesta : 9
Un but sublime et rapide, trois passes, et une implication directe sur quasiment toutes les actions dangereuses de l’équipe. Il a joué de façon très libre en laissant globalement le couloir droit à Alves sauf en phase défensive. Un positionnement quasiment de numéro 10 pour une performance d’une autre planète.
Remplacé par Hleb, auteur d’une entrée discrète

Eto’o : 6,5
Il rate deux énormes occasions et il a de la réussite sur son but. Mobile, disponible et toujours présent néanmoins pour déclencher le pressing.

Henry : 6,5
Un but là aussi plein de réussite pour une performance de bonne tenue malgré un manque de précision dans les tirs et dans les passes.


Fiche technique :

FC Barcelone : Valdés; Alves, Piqué, Márquez (Sylvinho, m.82), Abidal; Touré, Keita, Xavi (Bojan, m.74); Iniesta (Hleb, m.60), Eto'o, Henry
FC Séville : Javi Varas; Mosquera (Konkó, m.65), Squilacci, Escudé, Navarro; Maresca, Romaric, Capel, Navas, Koné (Kanouté, m.46), Luis Fabiano (Renato, m.55)
Buts : 1-0, m.3 : Iniesta. 2-0, m.16 : Eto'o. 3-0, m.49 : Xavi. 4-0, m.54 : Henry
Arbitre : Mejuto González.
Avertissements : Abidal (m.35), Fernando Navarro (m.41), Mosquera (m.63) et Alves (m.76)
76.386 spectateurs

Crédits : sport.es ; elmundodeportivo.es


Posté par javito
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