En Une | Liga | mardi 8 janvier 2013 à 16:20  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Ils étaient visiblement pressés de rejouer au football. Une demie-heure a suffit pour plier la rencontre, avec une première période de très haut niveau.

Les faits et le jeu

Ce soir il n'y a pas eu de match, juste une symphonie du ballon et du mouvement des onze joueurs qui n'avaient pas envie de rependre en douceur. Une démonstration qui n'a laissé aucun doute sur l'issue de la rencontre, ce derby fut à sens unique. En même temps, tout était réuni pour que les culés détruisent l'adversaire soir. À commencer par la réception du voisin au Camp Nou, mais surtout, le retour plus tôt que prévu de Tito Vilanova sur le banc, lui qui devait observer 4 à 6 semaines de repos.

 

Et l'entraineur catalan n'a pas le temps de tergiverser sur comment aborder cette reprise, il aligne le onze de gala version 2012-2013. Valdes aux cages, Alves reprend son flanc droit, Jordi Alba à gauche. La charnière championne du monde dans l'axe. Xavi, Busquets, Cesc -de retour après un mois d'absence- se chargent du milieu, Iniesta et Messi accompagnent Pedro devant. Le Barça se présente donc sur son 31, avec les cinq jugones alignés entre le cœur du jeu et l'attaque. Quant à Javier Aguirre, le technicien mexicain, aligne une équipe quasi similaire à celle qui s'est présentée au Bernabeu : Casilla - J.Lopez, Colotto, Moreno, Capdevila - Forlin, Baena, V.Sanchez - Verdu, Simao, Sergio Garcia. Les faits sont exposés, passons au jeu.

 

Le match débute et les blaugranas impriment déjà une intensité forte. Le ballon sort rarement de l'aire du jeu, et les pericos sont vite asphyxiés par un pressing monstre et une circulation fluide. Pas d'occasions franches, mais des espaces déjà trouvés pour Dani Alves et Jordi Alba, ce soir le jeu s'équilibre davantage que sur les derniers mois, où le ballon circulait beaucoup côté gauche. Sergio Garcia, qui avait beaucoup sur l'axe défensif merengue, est complètement perdu face à Puyol et Piqué. Le réalisateur n'a pas encore eu le temps de filmer Victor Valdes. Dani Alves reçoit le ballon côté droit et sert Busquets en retrait qui joue pour Messi. La Pulga trouve Iniesta côté gauche qui centre pour Xavi qui avait plongé, et 1-0 pour le Barça à la dixième minute de jeu. Un mouvement d'école, qui a déstabiliser le bloc de l'Espanyol, le ballon étant parti de la droite à vers la gauche, grandiose. Le rythme très élevé ne baisse pas, le leader de la Liga continue d'attaquer. Messi trouve Fàbregas à l'entrée de la surface, qui prolonge pour Iniesta, mais le Manchego bute sur Casilla (13'). Dans la continuité de l'action, le corner est dégagé, Messi tente de trouver Piqué dans la boîte mais Casilla boxe le cuir des deux mains. Dans la minute qui suit, encore un joli mouvement, Fàbregas côté gauche centre en retrait pour Messi qui cherche le second poteau, le tir est contré par le genou de Pedro, qui marque le second but de la rencontre 2-0.

 

Un quart d'heure de folie, où les hommes de Javier Aguirre ne tenaient pas le ballon plus de dix secondes! Les hommes d'un Vilanova plus discret sur le banc continuent d'écraser l'adversaire. Les blanquiazul peinent à dépasser le milieu de terrain, il faudra une mésentente entre Puyol et Busquets pour permettre à Sergio Garcia d'avoir l'opportunité de réduire la marque, mais l'attaquant catalan rate complètement sa demie volée (24'). Une petite alerte, qui n'a aucune incidence sur la prestation du soir. Tout va vite, le ballon circule, revient, d'un côté, puis d'un autre, la gonfle est perdue, mais est vite récupérée. Le bloc mis en place par le nouvel entraineur de l'Espanyol ne tient pas face à ces perpétuels mouvements. Busquets hérite du ballon, passe laser pour Pedro qui pique le ballon devant Casilla, 3-0 pour le Barça. Pedro retrouve l'efficacité, la réussite qui le fuyait depuis l'été. Le jeu continue, et Fàbregas se présente devant le portier catalan, l'ancien gunner tombe, et l'arbitre désigne le point de pénalty. Pénalty assez généreux d'ailleurs, mais la Pulga ne se fera pas prier et plante le quatrième but alors que le chrono n'affiche pas encore trente minutes.


Après cette première demie heure de rêve, le Barça continue de jouer dans le camp adverse, mais avec moins de dangers devant le but. La mi temps arrive rapidement, les pericos sont soulagés. Un premier acte référence, où les azulgranas ont affichés un très haut niveau. La symphonie était parfaite, entre le pressing, les mouvements, le jeu, tout a été mis en œuvre pour plier la rencontre le plus rapidement possible. Autre détail, le leader catalan a marqué au moins un but pour la 36ème fois consécutivement en Liga, une performance qui date d'entre les années 1942-1944. Un record détenu jusque là par... Le Barça.

 

 

La seconde période reprend, la Tito Team reste dominateur, mais avec un cran en dessous niveau intensité. Les occasions se font rare, les visiteurs évoluent un peu plus haut, mais sans trop réussir à approcher la surface. Messi trouve Cesc dans la surface, sert Pedro qui marque son troisième but de la soirée... mais l'arbitre refuse le but pour une position de hors jeu peu évidente de Fàbregas (65'). Le jeu continue, sur un rythme tranquille, Villa et Thiago apparaissent sur la pelouse, le Barça attaque encore. Thiago reçoit le cuir plein axe, trouve Alves côté droit qui sert Pedro devant le but qui marque. Mais l'arbitre refuse une fois de plus le but pour l'espagnol, pour une position de hors jeu encore limite (72'). Deux buts annulés sur deux actions similaires, le leader tente toujours de dérouler. Le natif des Canaries sort quelques minutes plus tard sous l'ovation du Camp Nou, Alexis Sanchez le remplace.


Il reste un dernier quart d'heure à jouer, le Barça joue de manière beaucoup plus reposée. Mais attention au relâchement! Piqué se retourne pour servir Valdes afin d'éviter le pressing d'Albin, mais sa passe est mal appuyée, et l'uruguayen part seul défier le portier catalan. Valdes remporte son seul duel de la rencontre (80'). L'action se poursuit, les locaux héritent d'un coup franc. Messi s'élance, et c'est la barre! Le match en reste là, le Barça remporte le derby.

 

Tout se sera jouer dans la première demie heure, avec une prestation cinq étoiles des locaux. La trêve n'aura pas changée grand chose, les blaugranas poursuivent sur ce rythme de champion. Avec le nul de l'Atletico Madrid, le leader catalan compte maintenant onze points d'avance sur son dauphin, toujours seize sur un Real qui gagne dans la douleur. Le sentiment d'être intouchable continue, avant les prochaines échéances où l'enjeu sera élevé. Et en championnat, ça commence dès dimanche avec un déplacement à Malaga.

 

 

 

 

Les joueurs

 

Valdes : Pôle Emploi

Une parade pour finir en clean sheet. Sinon, pas grand chose devant ses buts, donc, un jour de plus de repos pour le portier catalan.

 

Alves : 7

Dans la continuité de son match à Valladolid, l'arrière auriverde reprend son couloir, re-combine, reprend la profondeur, et ne laisse rien passer en défense. Une bonne prestation de l'ancien sévillan qui doit encore confirmer son retour au premier plan.

 

Piqué : 7.5

Un léger relâchement en fin de match qui aurait pu coûter un but, mais cela n'enlève rien à la prestation de Piquenbauer, définitivement revenu au top après sa première partie de saison convaincante. Et sa complémentarité avec Puyi offre un axe redoutable.

 

Puyol : 7.5

Il vieillit paraît-il, mais sur la pelouse on voit un jeune capitaine qui ne laisse aucune miette. Toujours impliqué, motivé et impérial, l'avant centre adverse repart souvent avec une leçon face au Capità.

 

Jordi Alba : 7

Aller, retour, aller, retour, aller, retour, aller, retour.

 

Busquets : 8.5

Le sang froid, l'implication de plus en plus importante dans le jeu, le rôle de Monsieur STE (Souplesse, Tendresse, Étanchéité) prend une autre tournure cette saison en ce qui concerne l'offensive. Plus avancé, son jeu de passes entre les lignes est un atout supplémentaire, comme ce caviar pour Pedro. Mais Busi n'oublie pas son rôle de récupérateur, en ayant intercéper pas mal de ballons sur la largeur du terrain. L'un des hommes de la rencontre.

 

Xavi : 8

En mode automatique pour le maestro, qui a fait tourné la machine avec succès. Une leçon technique, de consersation, et un but qui conclue un mouvement d'école. Son âge n'a pas l'air de causer soucis tant le blaugrana le plus capé de l'histoire affiche la motivation d'un minot. Il cède sa place à Thiago (63') qui affiche une bonne demie heure dans l'ensemble.

 

Cesc : 7

De retour de blessure, Fàbregas revient doucement mais très bien. Parfois quelques approximations, mais un positionnement toujours intelligent et subtile, entre l'entre-jeu, le côté gauche ou plein axe près du but. Il est remplacé par Villa peu après l'heure de jeu, qui s'implique toujours autant malgré son nouveau statut.

 

Pedro : 8.5

Le Pedro de la majeur partie de la première partie de saison, à savoir un ailier qui ne rechigne pas au pressing, au repli, à la couverture, mais qui sait jouer au football. Comme souvent, ses appels cassent le rythme toque de l'équipe et offrent des alternatives offensives au niveau du jeu. La différence pour ce derby, c'est que la réussite revient pour l'international espagnol. Au bon endroit au bon moment pour contrer le tir de Messi, et un appel croisé ponctué par un joli piqué en guise de doublé. Et derrière l'arbitre annule deux buts qui auraient pu être valide. Pedro a faim, mais il sait partagé son assiette en laissant sa place à Alexis Sanchez durant le dernier quart d'heure.

 

Iniesta : 8

L'impression de marcher sur l'eau balle au pied, Don Andres a donné le tournis à ses adversaires. Des gestes de grande classe et une bonne activité offensive. Il recule d'un cran par la suite, pour mieux tenir le ballon au milieu.

 

Messi : 7.5

Un but sur pénalty, et une prestation plus en meneur de jeu qu'aux avants postes. De la bonne implication pour le pressing, un peu comme Alves, la Pulga aligne un match dans la lignée de celui d'avant la trêve.

 

Et le lendemain de ce match, Messi se rend à Zurich pour le Gala du Fifa Ballon d'Or. Pas de suspens, les sélectionneurs, capitaines et journalistes choisissent le génie argentin. Un quatrième trophée consécutif pour celui qui n'en finit plus de repousser les limites. À 25 ans, il bouscule sérieusement la hiérarchie historique de ce sport, à 25 ans seulement... Le meilleur buteur de l'histoire du club reçoit le ballon d'or des mains d'un ancien lauréat, Fabio Cannavaro. Après le discours habituel, la salle composée des Ronaldo, Shevchenko, Beckenbaueur, un néo russe ou Platini se lève pour ovationner la Pulga, surpris et gêné par cette reconnaissance unanime. Peu importe ce que pense le monsieur tout le monde, ou l'internaute du coin, les plus grands de ce sport admirent ce joueur hors du commun qui pourtant ne fait qu'une chose, jouer au football. Longue vie à sa Majesté Leo IV.

 

 

 

Fiche technique

 


Barça :
Valdés; Alves, Piqué, Puyol, Alba, Xavi (Thiago, min.63), Sergio Busquets, Cesc (Villa, min.65), Pedro (Alexis, min.75), Messi et Iniesta

Espanyol
: Casilla; Javi López, Colotto, Héctor Moreno, Capdevila, Forlín, Baena (Cristian Alfonso, min.60), Víctor Sánchez, Verdú (Stuani, min.64), Simao (Albín, min.77) et Sergio García.

Arbitre : Gil Manzano

Avertissements : Casilla (min.28), Baena (min.54), Stuani (min.73) et Héctor Moreno (min.85)

Buts : 1-0: Xavi, min.10. 2-0: Pedro, min.15. 3-0: Pedro, min.27. 4-0: Messi (p), min.28.

73 760 spectateurs.


Posté par Tele-Santana
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