Chronique | Liga | lundi 11 mai 2009 à 05:07  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

La célébration devra attendre: Barcelone n'a pu faire mieux qu'un nul à domicile face à une coriace équipe de Villarreal...

Les faits et le jeu 

Madrid défait à Mestalla hier, la route était soudain nettement plus dégagée pour des blaugranas euphoriques après l'incroyable dénouement mercredi dernier à Stamford Bridge. Peu enclin au relâchement, Pep déclarait vouloir "fermer les dossiers" le plus tôt possible, comprenez par là empocher les 3 points et enlever la Liga, permettant au groupe de se concentrer sur les 2 finales contre Bilbao et Manchester.

C'est donc sans surprise que l'équipe type (à l'exception de Henry blessé) était alignée.
Le début du match est très agréable avec un jeu ouvert de part et d'autre: chapeau à Pellegrini qui n'a pas voulu bétonner derrière et a accepté de jouer le jeu. Les blaugranas entrent rapidement dans la rencontre: bien en jambes, motivés par l'enjeu, les hommes de Pep jouent vite, juste et multiplient les séquences en triangle. Du très beau football. Et une récompense qui ne tarde pas à arriver: après deux belles occasions coup sur coup d'Eto'o et Xavi, c'est finalement Keita qui ouvre la marque. Servi par Abidal en profondeur, le malien décoche une belle frappe lobée à l'entrée de la surface de réparation côté gauche. Une entame de match idéale. Un Touré étonnamment distrait permet aux visiteurs de revenir au score après avoir perdu le ballon: Rossi côté gauche sert alors Llorente qui n'a aucun mal à ajuster Valdés. Sonnés par cette égalisation, les catalans se replient sur eux-même et cèdent l'initiative au sous-marin jaune. Les quelques alertes sur les buts blaugranas dans les minutes qui suivent ont pour mérite de provoquer un électrochoc chez les locaux et de leur rappeler que le moindre relâchement se paie cash. Petit rappel pour Villarreal: Rijkaard n'est plus sur le banc. Sous la houlette de Pep, l'équipe a appris comment réagir favorablement lorsque l'adversaire se montre coriace. L'effondrement à la suite d'une égalisation n'est pas un concept que Guardiola tolère vraiment. Le boss blaugrana a su inculquer à ses joueurs une rage de vaincre et un refus de capituler qui ont fait tomber plus d'une tête cette saison, et pas des moindres, la dernière en date étant Chelsea.

Eto'o

On reprend donc tout à zéro et on reconstruit, patiemment. De la patience, Piqué n'en pas pas vraiment: le canterano prend de vitesse la défense de Villarreal en jouant rapidement un coup franc... Eto'o ne s'en plaindra pas. Rassasiés les blaugranas ? Assurément, c'est mal connaître les enseignements de Guardiola: quand on est dans un bon moment, il faut en profiter et enfoncer le clou. Alvés concrétise ce precept d'un maître coup franc. Deux buts d'écart à la pause, c'est quand même plus rassurant...

Le plus dur est fait pense-ton. Que nenni ! Le sous-marin jaune ne joue pas le titre, mais ce n'est pas pour autant qu'il offrira les 3 points. Jouer au Camp Nou, c'est une fête en soi. Jouer contre la meilleure équipe d'Europe, ca donne des ailes... combinez ces deux choses et rajoutez un possible ticket pour la LDC  et vous obtenez une équipe surmotivée venue avec des ambitions supérieures au simple: "je bétonne derrière et j'espère ne pas en prendre 4". Villarreal est une équipe joueuse, elle sait manier le ballon et surtout: elle a appris à jouer sans complexe contre les grands. Quelques années d'expérience dans la plus prestigieuse des compétitions européennes, ca forge un caractère. Mati Fernandez sur pénalty puis Llorente d'un missile à bout portant se chargeront de le rappeler à Barcelone.

Messi

Quand on joue face à une telle équipe, tout relâchement est évidemment à proscrire. Dans le cas de cette rencontre, peut-on rééllement parler de relâchement ? Ne serait-ce pas plutôt le contrecoup de la qualification en finale de LDC et l'écrasante victoire au Bernabeu ? Probablement un peu des deux... les joueurs, aussi bons soient-ils, ne sont pas des machines. Quand tu joues 3, 4, 5 matchs d'affilée contre des équipes de haut niveau et que tu gagnes à chaque fois, tu dois t'attendre à un relâchement: il arrivera fatalement. Évidemment, on ne choisit pas quand ce moment arrivera. La baisse de régime face aux hommes de Pellegrini, si elle n'était pas attendue, n'est pas pour autant une grosse surprise. S'il y a bien un moment dans cette période charnière où les blaugranas pouvaient en effet se permettre de souffler, c'était bien ce soir.
À bien y réfléchir, cette "contre-performance" n'en est pas une puisque d'un point de vue comptable, l'avance sur Madrid est désormais accrue. Madrid, justement, a perdu, atténuant du coup la portée de ce contretemps. La raison de ce nul, il faut probablement aller la chercher du côté de la Castille. Cruyff ne disait-il pas que c'était l'incroyable régularité des merengues qui permettait à la machine catalane de se maintenir à flôt ? L'étouffante pression exercée par les merengues obligeait justement les blaugranas à se surpasser. Le relâchement ce week end des coéquipiers de Raul aurait donc également provoqué celui des  hommes de Pep. Ce nul n'aura finalement pas eu de conséquence: considérons-le davantage comme un vaccin de rappel...
  

Article co-écrit avec Milouse.

Les joueurs

Valdés: 7 Toujours sur sa bonne lancée avec une nouvelle performance satisfaisante.

Abidal: 5 Présent offensivement en première MT avec un bon centre puis une passe décisive sur le premier but, le français s'est une nouvelle fois fait sévèrement exclure à la suite d'un pénalty discutable. Une expulsion qui aura cette fois coûté deux points à son équipe. Beaucoup de ballons perdus.

Puyol: 5.5 A trop souvent joué dans l'urgence, la faute à des interventions tardives. Responsable sur le dernier but.

Piqué: 6 Un début de match satisfaisant. Moins en vue en seconde période, où ses relances ont été étouffées  par le pressing de Villarreal.

Alvés: 6.5 En net regain de forme par rapport à ses dernières sorties. Des centres mieux ajustés et enfin un but sur coup franc.

Touré: 5 Pas assez de mouvements. A manqué de tranchant dans ses interventions et est coupable sur le premier but de Villarreal. On ne peut tout de même pas lui demander de toujours répondre présent.

Xavi: 5.5 Un volume de jeu moins important qu'à l'accoutumée et plus de difficultés à orienter le jeu.  

Keita: 7 Malgré quelques ballons perdus, il a offert une perf 5 étoiles avec un joli but, une puissante tête et une implication accrue dans le jeu.

Iniesta: 7 Le meilleur sur la pelouse avec Valdés. Évoluant dans un registre particulièrement libre (tantôt dans l'axe, tantôt à gauche), il a constamment apporté le danger.

Eto'o: 6.25 Beaucoup de mouvements, un but mais également beaucoup de déchets.

Messi: 6 A lui aussi paru émoussé. Pas assez mobile malgré ses habituels éclairs de génie.

Guardiola: 4 A trop rapidement cru au titre en seconde période, le poussant à mal négocier ses deux derniers changements. Faire sortir Xavi et Messi, des "porteurs" de ballon, pour Busquets et Gudjohnsen, et cela-même alors que tu joues à 10 et que tu dois conserver le score, c'est assez incompréhensible.


Fiche Technique

3 - FC Barcelona: Víctor Valdés; Alves, Puyol, Piqué, Abidal; Touré, Xavi (Sergio Busquets, m.84), Keita, Messi (Gudjohnsen, m.89), Eto'o (Sylvinho, m.79) et Iniesta.

3 - Villarreal: Diego López; Javi Venta, Godín, Gonzalo, Capdevila; Eguren, Pires (Bruno, m.64), Cani, Ibagaza (Matías Fernández, m.71), Rossi (Nihat, m.64) et Llorente.

Buts: 1-0, m. 12: Keita. 1-1, m.22: Llorente. 2-1, m.36: Eto'o. 3-1, m.45+1: Alves. 3-2, m. 78: Matías Fernández sur penalty. 3-3, m.90+2: Llorente.

Arbitre: Fernando Teixeira Vitienes (Cántabro). Carton jaune pour Gonzalo (m.37), Pires (m.37), Godín (m.50), Rossi (m.57), Alves (m.82) et Matías Fernández (m.87). Expulsion d'Abidal (m.77).


 

 

 

 


Posté par youssef
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