En Une | Liga | dimanche 14 novembre 2010 à 03:27  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Au terme d’un match époustouflant d’intensité, le Barça, somptueux, a su faire plier un Villarreal conquérant et déterminé. A deux semaines du Clasico, les Catalans ont envoyé un nouveau message fort au Real Madrid.

Les faits et le jeu


Villarreal aime bien le Camp Nou. A la différence de Séville ou Valence qui y ont connu les pires misères ces dernières années, Villarreal a pris la fâcheuse habitude depuis quatre ans de venir prendre au moins un point dans l’antre du géant blaugrana. Il faut en effet remonter à la saison 2005-2006 pour retrouver trace d’une victoire catalane à domicile en Liga face au sous-marin jaune (1-0). Pour renverser cette tendance et mettre la pression au Real Madrid à quinze jours du tant attendu Clasico, les joueurs barcelonais se devaient donc de réaliser une grande partie.
 
 

Sans surprise, Guardiola alignait l’équipe la plus compétitive possible, avec pour seule innovation par rapport au onze type, la présence d’Abidal en défense centrale pour palier la suspension de Piqué, ceci entrainant la titularisation à gauche de Maxwell. Le reste était donc archi classique avec Valdes, Dani Alves et Puyol derrière, Busquets, Xavi et Iniesta au milieu, et Messi, Pedro et Villa en attaque. En face Villarreal se présentait avec son quatuor offensif habituel composé de Cani, Cazorla, Nilmar et Rossi dont la puissance de feu avait tout pour inquiéter les culés présents en masse dans les tribunes pour encourager les leurs.

Le second contre le troisième, la rencontre s’annonçait au sommet, et dès les premières secondes le ton était donné avec un rythme incroyable entre deux équipes déterminées à tout donner et à marquer rapidement. Un pressing haletant, des passes sur le fil du rasoir tout comme les alignements des défenses avec des blocs très compacts, le premier quart d’heure proposait un match de football d’un niveau très élevé. La domination était catalane avec quelques bonnes situations (Iniesta 2’, et surtout Messi 14’), mais Villarreal rendait coup pour coup avec une volonté de jouer haut et d’exploiter au maximum toutes les situations offensives (Rossi 20’). Une intensité de Ligue des champions dans un choc qui tenait déjà toutes ses promesses, d’autant plus que les Catalans finissaient par trouver la faille avec David Villa, lancé par Iniesta dans la profondeur, après avoir lui-même été l’auteur de la récupération du ballon (1-0, 22’).
 
 

Le match qui n’avait pas eu besoin d’un quelconque round d’observation prenait alors encore une autre dimension. La rage des Catalans à aller chercher les seconds ballons, l’ardeur de Villarreal à ne pas perdre le cuir et à se projeter rapidement vers l’avant avec les déplacements vertigineux de Rossi et Nilmar, insaisissables, le tout avec une impressionnante maitrise technique des deux côtés, le cocktail était somptueux. Tout comme l’intensité dramatique avec une folle 26ème minute marquée tout d'abord par un but de Pedro refusé pour un hors-jeu inexistant de Messi, puis par l’égalisation du sous-marin jaune grâce à une percée magnifique de Nilmar au cœur de la défense centrale barcelonaise (1-1, 26’).

Sonné par cet enchainement d’événements, le Barça relâchait son emprise sur le match au point d’en perdre quelque peu le fil. Mais Villarreal n’en profitait pas. Le dernier quart de ce dernier acte était davantage brouillon que les trente premières minutes avec moins de maitrise des deux côtés. Avec 64 % de possession de balle, le Barça semblait cependant davantage capable de marquer (Puyol 39’, Pedro 41’, Messi 43’), mais devait se contenter d’un partage des points au moment d’atteindre le repos.

Le second acte reprenait comme le premier avait commencé, avec un rythme incroyable et une intensité toujours aussi impressionnante. Dans cette débauche d’efforts physiques, de pressing, de démarquage, de recherche du une deux et du décalage, le Barça semblait davantage en imposer que le club amarillo. Et profitant d’un coup franc rapidement joué, c’est somme toute logiquement que l’équipe de Guardiola réussissait à reprendre l’avantage à l’heure de jeu à la suite d’un double une deux somptueux entre Messi et Pedro en plein cœur de la défense visiteuse conclu magistralement d’une frappe piquée du droit par l’Argentin (2-1, 59’).
 
 

Fort de cet avantage, le Barça accentuait son emprise sur le match avec un milieu de terrain rayonnant. Cependant, Villarreal, touché, n’était pas encore coulé et arrivait à se montrer dangereux sur chacune de ses incursions. Souvent trop exposée, la défense catalane montrait alors d'inquiétants signes de faiblesse, mais l’arbitre après avoir refusé le 2-0 en première mi-temps évitait aux Catalans de se retrouver à 10 en n’expulsant pas Maxwell auteur pourtant d’un tacle irrégulier en position de dernier défenseur (68’).

Dans une ambiance des grands soirs, le Barça semblait parfois jouer avec le feu, mais son bloc tenait le coup, renforcé à la 72ème minute par Keita entré en jeu en lieu et place de Villa, épuisé par son travail sur l'aile gauche.

Il ne restait plus qu’un quart d’heure à jouer, mais aucune équipe ne semblait encore présenter des signes d’essoufflement. Toujours ce même pressing éreintant, toujours cette même intensité à chaque duel. On était loin des parties de handball auxquelles on est parfois habitué au Camp Nou ; cétait un match de Boxe ; avec du KO dans l’air ; lequel finissait par intervenir à la 84ème minute avec un doublé de Messi auteur d’un jaillissement « inzaghien » à la limite du hors-jeu suite à une frappe déviée de Pedro (3-1).

Dès lors les jeux semblaient faits, et le rythme retombait quelque peu, ce qui n’empêchait pas Messi de se créer une belle occasion de 4-1 (86’).

Adriano puis Mascherano pouvaient faire leur entrée. La victoire était acquise. De fort belle manière face à un adversaire qui aura encore son mot à dire dans cette Liga au vue de sa magnifique prestation du soir.

Ce Barça est vraiment très fort.
 
 


Les joueurs


Valdes : 6,5
Très sûr dans ses prises de balles et ses sorties, il ne peut pas grand-chose sur le but encaissé.

Alves : 7
Il s’est parfois un peu enflammé et cela a failli jouer des tours à l’équipe (carton jaune pour Abidal obligé de compenser une perte de balle stupide du Brésilien). Mais ces quelques écarts ne peuvent raisonnablement ternir la prestation de haute volée du natif de l’état de Bahia, notamment dans le domaine offensif. Son pressing fut incroyable.

Puyol : 6,5
Souvent limite, il est pris de vitesse par Nilmar sur l’égalisation. Un gros match malgré tout.

Abidal : 6,5
Sa prestation était très attendue étant donné la faiblesse de son CV en défense centrale avec plusieurs prestations très inquiétantes en équipe de France ou en début de saison avec les Catalans. Force est de reconnaitre que l’ancien Lyonnais s’en est très bien sorti. Son placement a rarement été pris à défaut et sa vitesse a permis de compenser certains trous. Une prestation rassurante face à deux clients, à savoir Nilmar et Rossi.

Maxwell : 6,5
Il a parfaitement tenu son couloir. Un match très solide. Remplacé par Adriano.

Busquets : 7,5
S’il y en a encore qui doutent du Canterano après ce match… Une énième prestation XXL avec une justesse technique prodigieuse. Un vrai régal de le voir réduire les espaces, presser le porteur, et faire les premières relances. Au fait c’est qui Yaya Touré ? Et le capitaine de l'équipe d'Argentine, c'est le bien le gars qui doit se contenter de jouer quelques bouts de matches par ci par là ? 

Xavi : 7,5
Ecœurant de facilité et de maitrise. Si on veut pinailler, on pourra estimer qu’il a parfois manqué de vitesse dans ses transmissions. Il n’en a toutefois pas manqué sur le coup franc joué rapidement qui amène le second but. Irremplaçable, mais remplacé quand même par Mascherano en toute fin de match.

Iniesta : 7,5
Une première mi-temps sur les chapeaux de roue. Un second acte moins époustouflant mais de haute volée tout de même.

Pedro : 7,5
Quelle explosivité, quelle générosité et quelle capacité à renouveler les efforts ! S’est vu refusé un but valable avant de réussir une action magique avec Messi sur le second but et de réussir une vraie fausse passe décisive sur le troisième. Il est devenu un cadre dont on aurait du mal à se passer. A joué l’essentiel de son match dans le couloir droit avec une tendance à repiquer pour laisser Alves prendre ses aises.

Messi : 7,5
Un doublé qui permet de gonfler encore un peu plus ses statistiques de cyborg. 51 buts en 47 matches en 2010, c’est juste inhumain. Les superlatifs manquent. Avec tout le respect que l’on peut avoir pour Sneijder ou Xavi, ils ne seront que des imposteurs s’ils remportent le ballon d’or. Pour revenir au match, il a été presque discret. Positionné dans l’axe en faux avant-centre, comme c’est devenu une habitude, il a souvent eu du mal à peser véritablement face à la nasse défensive de Villarreal avec des prises à deux ou trois. Mais il lui suffit de quelques mètres d’espaces pour faire des différences qui paraissent des abysses.

Villa : 7
Cantonné sur l’aile gauche, il a très peu occupé l’axe, laissant cela à Messi ou Pedro. On sent qu’il gagne en confiance. Sur son but, il fait tout puisque c’est lui qui récupère le ballon avant de prendre de vitesse le défenseur et d’ajuster parfaitement le gardien. Un gros effort de replacement défensif. Remplacé par Keita.


Fiche technique


FC Barcelone : Valdés; Alves, Puyol, Abidal, Maxwell (Adriano, min.85); Sergio Busquets, Xavi (Mascherano, min.89), Iniesta; Pedro, Messi, Villa (Keita, min.71).

Villarreal CF : Diego López; Ángel, Musacchio, Marchena, Capdevila; Bruno, Borja Valero (Jefferson Montero, min.77) Cazorla; Cani (Senna, min.70), Nilmar, Rossi (Rubén, min.84).

Buts : 1-0, min.21: Villa. 1-1, min.27: Nílmar. 2-1, min.58: Messi. 3-1, min.83: Messi.

Arbitre : Delgado Ferreiro
Avertissements : Abidal (min.36), Borja Valero (min.45+1), Maxwell (min.67), Ángel (min.74), Senna (min.90+2).

80.766 spectateurs.

Posté par javito
Article lu 8112 fois