Les faits et le jeu
Le premier des quatre clasico du printemps avait éventé le suspens en championnat, le match nul 1-1 ramené par la Pep Team lui ayant permis de conserver son confortable édredon de 8 points au classement. Depuis, la seule incertitude portait sur la date du 21ème sacre du Barça. La défaite surprise la semaine passée à San Sebastian à trois jours du match retour de Ligue des Champions rendait un couronnement à domicile (comme l’an passé) délicat car nécessitant un faux-pas du Real Madrid à Séville. Les Madrilènes, encore amères par leur élimination aux portes de Wembley, ne se sont de fait pas privés d’enlever aux Catalans le plaisir d’un titre au Camp Nou en étrillant le FC Séville 6-2, deux semaines après un premier set de tennis 6-3 à Valence.
Pour affronter l’Espanyol, Guardiola choisissait d’aligner l’artillerie lourde en reconduisant le onze de la Ligue des Champions à l’exception de Puyol, laissé au repos au profit de Fontas habituel central gauche de la réserve. On retrouvait donc Valdes dans les cages, Alves, Mascherano, Piqué et Fontas en défense, Busquets, Xavi et Iniesta au milieu et le trident Pedro, Messi, Villa en attaque. Du très classique avec qui plus est Abidal à nouveau sur le banc suite à son retour surprise de mardi.
L’entame de match n’était pas très enlevée avec un Barça dominateur mais pas très tranchant. De fait, il fallait attendre la 20ème minute pour assister à la première véritable entreprise offensive avec une frappe puissante de Pedro sur Kameni. Cet exocet ouvrait le bal de plusieurs bonnes situations blaugranas avec tout d’abord une belle infiltration d’Iniesta conclue d’une frappe cadrée enroulée (21’), puis une joli numéro de Messi qui dos au but effectuait une merveille de contrôle en pivot pour se retourner, mais trop excentré et tirant du droit, la pulga manquant largement la cible (28’). Entre temps, l’Espanyol avait tenté de répliquer via un rush de Callejon qui d’un centre tentait de retrouvait dans la surface Osvaldo, mais Dani Alves intervenait et coupait la transmission (24’).
De plus en plus dominateur, le Barça finissait par trouver la faille grâce à son principal animateur dans ce match, à savoir Andres Iniesta. Profitant d’un contre favorable, le Manchego s’aventurait dans les lignes arrières des blanquiazuls pour fixer la défense et ajuster le gardien d’une frappe sèche petit côté. 1-0 juste avant la demi-heure de jeu. L’Espanyol déjà en difficulté ne voyait plus le cuir, tandis que les mouvements fluides du Barça se multipliaient. L’un d’eau sublime avec une talonnade de Messi et un petit ballon dans la profondeur de xavi arrivait dans les pieds de Villa, mais le joueur des Asturies manquait complètement le cadre face à Kameni (37’). Un énorme raté qui empêchait le Barça de prendre le large avant de rentrer aux vestiaires malgré une dernière bonne tentative de Pedro (40’).
La deuxième mi-temps reprenait comme la première avait terminé avec un Barça très à son aise, et un Iniesta inspiré à la baguette. C’est d’ailleurs lui qui initiait une action qui se terminait par une frappe enroulée de Pedro difficilement mise en corner par Kameni. Sur le coup de coin, Xavi trouvait la tête de Piqué lancé au premier poteau qui ne laissait aucune chance au gardien. 2-0 à la 47’.
Le break accompli, le Barça se relâchait un petit peu ce qui permettait à l’Espanyol de se procurer deux opportunités coup sur coup avec Osvaldo lequel prenait d’abord le meilleur sur Mascherano (54’) puis sur Piqué (56’) mais trouvait sur sa route un Valdes impérial.
Les vingt dernières minutes étaient marquées par l’entrée en jeu d’Abidal pour Fontas (72’), puis par une belle occasion balugrana avec un décalage de Messi pour Iniesta dont le centre en retrait était coupé par un défenseur au grand damne de David Villa (74’). On en restait donc là entre les deux ennemis de la capitale catalane. Messi malgré une grosse activité laisse donc filer Ronaldo en tête du classement des buteurs après son quadruplé face au fantôme de Séville. Mais l’essentiel est ailleurs, il tient à deux chiffres : 91 et 8, soit le nombre de points du Barça à trois journées de la fin et son avance sur le Real Madrid, son dauphin.
La ligne d’arrivée du marathon de la liga est en vue. Le tour d’honneur se conclut. Un an après avoir arraché le championnat à la dernière journée avec un total irréel de 99 points, le Barça finit le présent exercice avec un peu plus d’air, devant un Real Madrid façon Mourinho finalement moins coriace que celui de Pellegrini. Mais il doit cette performance à un parcours encore plus stratosphérique que l’an passé : s’il gagne ses trois derniers matches, le Barça pourrait accrocher la barre mythique des 100 points. Le tout en attendant d’aller prendre l’avion pour Wembley pour écrire on l’espère une autre page magnifique…
Les joueurs
Valdes : 6,5
Un match assez pépère. Rien à faire en première mi-temps si ce n’est du jeu au pied, et deux tirs à capter en seconde.
Alves : 6,5
Il a assuré les affaires courantes dans son couloir. Nettement plus offensif que contre Madrid, fort logiquement. Un excellent retour défensif en première mi-temps.
Mascherano : 7
Très solide, bien placé. Mine de rien son interim en défense centrale aura été plus que très convaincant…
Piqué : 7,5
Un but (encore un) et enfin de la tête sur coup de pied arrêté. Ce point est à noter car le défenseur catalan malgré de nombreuses occasions cette saison avait beaucoup pêché dans le réalisme cette saison. Cette fois-ci il a exécuté le gardien. Pour le reste une prestation très solide malgré un cassage de rein par Osvaldo en seconde mi-temps.
Fontas : 5,5
Ce n’est pas son poste de prédilection et cela se voit. Très peu d’initiative, quelques difficultés de placement et une certaine lenteur. Peu sollicité dans l’ensemble vu la domination du Barça. A revoir dans l’axe.
Remplacé par Abidal qui semble déjà assez affuté. De bons augures.
Busquets : 7
A joué les gares de triage sans trop souffrir du pressing et de l’engagement des blanquiazuls.
Xavi : 6,5
En roue libre, il a laissé les clés du jeu à Messi et Iniesta en jouant assez bas.
Remplacé par Keita.
Iniesta : 8
Le meilleur sur la pelouse. Là où tous les autres joueurs touchent le ballon, lui il le caresse. Dribles chaloupés, accélérations, décalages, jeu à une touche, protection de balle etc. Mais la panoplie ne pouvait être complète qu’avec un but, chose faite avec l’ouverture du score suite à une action individuelle.
Pedro : 6,5
Un bon match du Canarien, avec plusieurs frappes cadrées et un gros volume de jeu. Commence à retrouver ses marques après un mois pas facile.
Remplacé par Affelay.
Messi : 7
Il a joué assez bas, quasiment au niveau de ses deux milieux, pour participer activement à la construction et a de ce fait assez peu touché le ballon dans la zone décisive des 20 derniers mètres, là où il aurait pu mettre à profit les passes de ses coéquipiers pour refaire son retard sur Ronaldo au classement des buteurs. Cela ne l’a pas empêché d’être intenable.
Villa : 5,5
Il rate une très grosse occasion seul face au gardien suite à un mouvement collectif de rêve. Pas en réussite dans ses autres tentatives. Son très gros travail défensif et son bon positionnement d’ailier pour étirer la défense adverse ne doivent pas être une excuse à une perte de feeling devant la cage.
Fiche technique
FC Barcelone : Valdés; Alves, Mascherano, Piqué, Fontàs (Abidal, m. 71); Busquets, Xavi (Keita, m.89), Iniesta; Pedro (Afellay, m.84), Messi, Villa.
RCD Espanyol : Kameni; Galán, Raúl Rodríguez, Amat, Chica; Javi Márquez, Javi López (Isaías, m. 77); Joan Verdú, Iván Alonso (Luis García, m.46), Callejón (Álvaro Vázquez, m.59), Osvaldo.
Buts : 1-0, m.29: Iniesta. 2-0, m.47: Piqué.
Arbitre: Fernández Borbalán.
Avertissements : Luis Garcia (m.62), Pedro (m.62), Kameni (m.62), Isaías (m.84).
89.994 spectateurs.