Les faits et le jeu :
Avec Xavi et Abidal toujours convalescents, et Piqué au repos, Guardiola alignait un onze assez remodelé mais qui pouvait compter sur son trident à priori « type », à savoir Messi a.k.a je marche sur l’eau, Ibrahimovic a.k.a je cherche mon football et Henry a.k.a je cherche mes jambes. Derrière cette triplette, on retrouvait Touré, Busquets, et Iniesta, tandis que la défense était composée de Alves, Puyol, Milito et Maxwell.
Profitons de cette présentation pour passer un message « alerte enlèvement » concernant un certain Dimitro Chygrynskiy, acheté 25 millions en début de saison…
Le début de match montrait la nature du plan concocté par Camacho le coach d’Osasuna pour contrecarrer dans son antre le Barça : le pressing très haut. Simple sur le papier, ce plan était parfaitement appliqué sur le terrain par les Basques qui mettaient sous l’étouffoir la relance catalane. Sérieusement bougés dans la transmission défense –milieu, les Barcelonais perdaient beaucoup de ballon dans la zone de construction au point de se mettre en grand danger comme à la 4ème minute où une mauvaise passe en retrait de Touré aboutissait à un face à face entre Vadocz et Valdes, remporté par ce dernier !
Collectivement inconsistants, les Blaugranas s’en remettaient en peu trop à Messi pour se donner de l’air. Hélas l’Argentin n’arrivait pas à débloquer à lui seul la situation. L’Arbre de génie qui a trop souvent caché ses derniers temps la forêt de médiocrité ne peut pas toujours être en fleur.
De fait la première mi-temps était franchement mauvaise de la part du Barça. Maladroite, peu inspirée, tactiquement mise en échec par le bloc équipe compact et agressif d’Osasuna, la Pep Team regagnait les vestiaires avec le sentiment que le reste de la soirée ne serait pas une sinécure, malgré une légère baisse de régime des visiteurs dans le dernier quart d’heure.
Dans son coin, Guardiola, conscient de ces difficultés, choisissait de ne pas attendre pour changer ses plans initiaux. Exit Henry, place à Pedro, exit le 4-3-3, place au 4-2-3-1 avec Messi en numéro 10 et Iniesta sur le côté gauche.
Si ce changement de joueur et de tactique ne révolutionnait pas les choses, on note que c’est Pedro d’une petite passe en profondeur dans l’axe vers Messi qui était à l’origine de la première vraie occasion de la seconde période (53’). La seconde opportunité catalane était elle originaire d’une belle interception de Milito et d’un une deux Touré-Ibra hélas pas très bien exécuté, si bien que l’Ivoirien se retrouvait trop court pour ouvrir la marque (59’).
L’heure de jeu s’approchait et le Barça ne parvenait toujours pas à débloquer la situation malgré deux bonnes têtes, tout d’abord de Touré (63’), puis de Keita (71’), lequel venait de remplacer Busquets.
Finalement la délivrance arrivait à la 73ème minute avec une action initiée par Pedro qui aboutissait à un dédoublement entre Iniesta et Maxwell et à un centre du Brésilien tendu que Zlatan Ibrahimovic expédiait dans les fillets !
Immense soulagement dans le Camp Nou. A peine le temps de se rasseoir que Bojan remplaçait le buteur suédois…
La fin de match était plus sereine côté blaugrana avec moins de pression. Cela profitait à Messi qui touchait l’extérieur du poteau (83’), puis surtout à Bojan qui doublait la mise à la suite d’un centre à raz-de-terre d’Iniesta (2-0, 89’).
2-0, ce fut poussif, c’est le moins que l’on puisse dire, mais cela fait trois points, ce qui est déjà pas mal pour le Barça dans son mano-à-mano incroyable avec le Real Madrid. Avec 71 points, la Pep Team est en avance de deux unités sur son tableau de marche de l'an passé...
Inutile cependant de dire que ce n’est pas avec ce niveau de jeu collectif que le Barça pourra aller chercher les trois points à Majorque ce week-end (les insulaires sont intraitables à domicile cette saison) et surtout qu’il pourra prétendre obtenir un bon résultat dans une semaine tout pile à l’Emirates Stadium face à Arsenal…
Les joueurs :
Valdes : 7
Décisif en tout début de match. Il a préservé le 0-0. Le reste de son match fut plus tranquille mais très propre.
Alves : 4,5
De l’activité comme toujours mais une qualité de centre lamentable. Match très moyen dans l’ensemble.
Puyol : 6
Le grognard de la défense a mis le ballon en tribune quand il fallait et a fait le boulot derrière sans être exceptionnel pour autant.
Milito : 5,5
Dans les duels, le placement, l’anticipation ce fut très satisfaisant. Hélas la relance n’a pas été à la hauteur.
Maxwell : 5
Une passe décisive qui débloque le match, sur une action où il dédouble enfin correctement. Mais le reste de son match a été très poussif avec un vrai manque de complicité avec ses partenaires offensifs et toujours de la fébrilité défensivement dès que cela va vite.
Busquets : 4,5
Assez introuvable en première mi-temps pour permettre à la défense de ressortir proprement, il a eu son lot de déchet technique. Un jaune idiot qui explique sans doute son remplacement par Keita qui a amené son jus et aurait pu ouvrir le score d’une joli tête.
Touré : 5
Match trop irrégulier de Yaya. Une première mi-temps vraiment mauvaise avec de nombreuses pertes de balle (dont une qui aurait pu permettre à Osasuna de marquer), beaucoup de déchet technique et toujours cette lenteur/lourdeur que ce soit quand il a le ballon ou quand il défend. Sa deuxième mi-temps a été meilleure avec quelques bons mouvements offensifs et un jeu plus précis. On est encore loin du Touré des deux dernière saisons qui était indiscutable dans l’entre jeu.
Iniesta : 5,5
Un premier acte fantomatique avec beaucoup d’erreurs, un second plus convaincant puisqu’il est directement impliqué sur les deux buts. Sa timidité dès qu’il aperçoit la cage commence vraiment à devenir exaspérante.
Messi : 6
Il est revenu sur la terre ferme après avoir marché sur l’eau pendant 15 jours. Néanmoins il a quand même fait un match correct en étant le principal accélérateur de l’équipe. Touche le poteau.
Ibrahimovic : 5
Son but libérateur mais immanquable ne masque pas les nombreuses insuffisances qu’il a une nouvelle fois exhibé. Techniquement c’est toujours aussi quelconque : contrôles trop longs, déviations approximatives, passes mal ajustées… Et son positionnement et ses appels de balle sont indignes d’un grand avant-centre : soit c’est hors-jeu soit cela ne propose aucune piste claire au passeur. A des années lumières du niveau qu’on exige de lui, et à plusieurs millions de kilomètres de ce qu’il avait montré cet automne…
Remplacé juste après son but par Bojan qui a pu engranger un peu de confiance en marquant à nouveau après son but contre Stuttgart.
Henry : 4,5
Une petite mi-temps et puis s’en va… Une pseudo tentative de lob comme seul vrai actif.
Remplacé par Pedro (5,5) qui est à l’impulsion des deux buts, mais qui n’a pas non plus été particulièrement convaincant, à l’image de l’équipe dans laquelle il a pris place.
Fiche technique :
FC Barcelone : Valdés; Alves, Puyol, Milito, Maxwell; Iniesta, Busquets (Keita, min.69), Touré Yaya; Messi, Ibrahimovic (Bojan, min.74) y Henry (Pedro, min.46).
Osasuna : Ricardo; Azpilicueta, Miguel Flaño, Josetxo, Monreal; Puñal, Nekounam (Calleja, min.78); Juanfran (Rúper, min.78), Vadocz, Camuñas; y Masoud (Galán, min.85).
Buts : 1-0, min.72: Ibrahimovic. 2-0, min.88: Bojan.
Arbitre : Velasco Carballo.
Avertissements : Busquets (min.39), Puñal (min.46), Iniesta (min.50), Alves (min.70), Josetxo (min.76) y Messi (min.85).
70.645 spectateurs.