En Une | Champion's League | mercredi 21 octobre 2009 à 01:02  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Peu en réussite, en difficulté physique et technique, le Barça a concédé une défaite surprise au Camp Nou face à des Russes opportunistes et valeureux. Simple accident ?

Le jeu et les joueurs

Tout semblait en place pour un joli spectacle des Blaugrana au Camp Nou à l’occasion de cette troisième journée de la phase de poule de la Ligue des Champions. Pep Guardiola qui avait été privé de plusieurs forces vives samedi à Mestalla pouvait en effet ce soir compter sur le retour de Zlatan Ibrahimovic, remis de sa légère blessure intervenue en sélection. De fait, hormis l’absence de Thierry Henry, c’était l’équipe type du Triplé (modulo la concurrence en défense centrale entre Marquez et Puyol) qui était aligné face au modeste club du Rubin Kazan, surprenant champion de Russie l’an passé. Derrière du classique donc avec Alves, Marquez, Piqué et Abidal. Au milieu, le retour aux fondamentaux avec Iniesta enfin aligné à son poste de prédilection après plusieurs matches d’exil sur les ailes. Enfin devant, Messi et Ibra accompagnés de l’efficace Pedro, seule véritable solution de rechange en attendant le mercato hivernal.

De fait la première minute laissa bel et bien augurer d’un joli spectacle des catalans, avec une infiltration plein axe d’Iniesta dans la surface suite à une merveille de décalage d'Ibrahimovic. Mais un retour héroïque d’un défenseur privait le Manchego d’un face à face. Bref cela semblait bien parti…

Et pourtant. Pas le temps de disséquer les différents ralentis que le Rubin Kazan offrait la réplique. Et quelle réplique ! Profitant d’un contrôle raté de Marquez, Ryazantsev déclenchait une frappe limpide en première intention de 30 mètres qui finissait sa course dans la lucarne de Valdes, lequel surpris par une telle audace était battu (2’). 0-1 pour le Rubin Kazan à la stupeur générale.

Néanmoins pas de quoi paniquer côté blaugrana, puisque encaisser un but dès les premières minutes signifie aussi que vous avez 90 minutes pour le remonter. Le Barça se mit ainsi à reprendre sa marche en avant comme si de rien n’était. Mais l’illusion ne fonctionna pas longtemps. Les erreurs techniques étaient bien trop nombreuses dans les prises de balle et les transmissions, et surtout la plupart des duels étaient perdus. Avalés tout cru dans l’engagement et incapables de presser haut pour récupérer les deuxième ballons, les Catalans commencèrent à envoyer de nombreux signaux négatifs indiquant que le Rubin Kazan, tout comme le Dynamo Kiev ou Almeria récemment, ne serait pas une proie facile.

Alves pris en tenaille

De fait les réactions au but russe ne furent pas très nombreuse dans cette première mi-temps, avec principalement Alves à la 14ème minute d’une frappe puissante à l’entrée de la surface frôlant le poteau à la suite d’un bon travail de Pedro, puis Pedro lui même à la 24ème minute d’une tête peu appuyée mais vicieuse au second poteau à la reprise d’un centre... d’Alves.

Bien organisés, les Russes arrivaient à espacer les vagues blaugrana par de très bonnes sorties de balle obligeant les Catalans à repartir de très loin, mais également à colmater en urgence les brèches épisodiques de leur cuirasse défensive, comme à la 27ème minute avec un retour en catastrophe proprissime sur Messi en plein surface.

0-1 à la pause. Une mi-temps ratée, cela arrive. Pas de quoi être alarmiste, d’autant plus qu’Ibrahimovic, magnifiquement servi en profondeur par Xavi, égalisait dès le retour des vestiaires d’un splendide enchaînement contrôle de la poitrine - reprise du droit croisée (47’). Côté russe, c’était le coup de l’arroseur arrosé. Un partout voilà qui remettait les pendules à l’heure et laissait augurer enfin d’un joli spectacle côté Blaugrana.

Ibra à nouveau buteur

Et pourtant, rien n’y fit, puisque malgré cette égalisation le Barça continua à balbutier son football en étant en dessous de tout dans l’engagement physique et les duels. Et il fallut ainsi attendre un coup franc de Ibrahimovic à la 71’ surpuissant et rasant le poteau pour faire passer un quelconque frisson dans les travées du Camp Nou. Triste soirée…

Mais le pire était à venir, avec un second but russe, à la 73ème minute à la suite d’une perte de balle stupide au milieu de terrain de Bojan, qui se transformait immédiatement en un deux contre deux parfaitement mené par Kazan et conclut triomphalement par Karadeniz oublié par Marquez.

Dur pour le Barça que de se retrouver à nouveau mené. Mais le réalisme est une chose qui existe en football… D’ailleurs c’est bien de réalisme qu’aurait eu besoin le club catalan pour refaire à nouveau son retard. Mais par deux fois, les montants décidèrent de répondre aux prières du coach de Kazan en refusant l’égalisation : une première fois, ce fut la transversale sur une reprise de volée au point de penalty de Ibrahimovic, une seconde fois dans la arrêts de jeu, ce fut le poteau sur une tête de Yaya Touré.

Touré dépité suite à sa tête sur le poteau

Un an après la défaite des coiffeurs face au Shaktar, le Barça tombe à nouveau en poule à domicile en C1. Mais cette fois-ci c’est avec l’équipe type ou presque et lors du troisième match. Avec quatre points, le Barça devra batailler dans ce groupe pour se qualifier et surtout pour décrocher la première place. La Pep Team peut certes se consoler avec le match nul de l’Inter qui lui permet de garder la tête du groupe. Cependant, gagner en Russie dans quinze jours sera capital afin de ne pas être en grand danger au Camp Nou lors du choc face à l’Inter, trois jours avant le Clasico…

Les joueurs :

Valdes : 4,5
Surpris sur le premier but alors que la balle ne semble pas inarrêtable. Au chômage technique jusqu’au second but.

Alves : 4
Un mauvais match du Brésilien. Il n’a pas apporté son allant habituel en phase offensive, et défensivement il a eu de gros problèmes dans les jaillissements, les duels et le positionnement. S’est claqué en fin de match. Trois semaines KO. Un coup dur qui obligera Puyol à jouer à droite.
Remplacé par Busquets.

Marquez : 3,5
Un contrôle raté puni par l’ouverture du score russe, c’est dur. Moins excusable est son comportement défensif sur le second but avec un oubli total de l’attaquant russe et une très mauvaise couverture.
Remplacé par Keita avec un changement tactique en 3-4-3 à la clé.

Piqué : 5,5
Pas spécialement en difficulté, mais pas spécialement à son aise non plus.

Abidal : 5,5
Défensivement convaincant, un apport offensif limité. Du classique.

Touré : 4,5
Les matches se suivent et hélas se ressemblent avec Yaya cette saison. Une prestation médiocre que ce soit dans l’abattage défensif et dans la conduite du jeu.

Xavi : 5
Une passe décisive comme on les aime, mais ce fut un peu le seul éclair de sa part dans match. A eu du mal à combiner avec Iniesta et Messi.

Iniesta : 4
Mauvais tout simplement. Le symbole de l’engagement physique insuffisant des Catalans, il a été bouffé dans les duels. Et que de déchet dans son jeu. Depuis son retour de blessure, il est peu convaincant.

Messi : 4,5
Trop discret, inefficace dans les uns contre uns, difficile à trouver.

Ibrahimovic : 6,5
Un but magnifique, une barre, de bons appels, des efforts défensifs, un jeu en pivot convaincant. La seule satisfaction de la soirée.

Pedro : 4,5
Il a profité du marquage très lâche des Russes pour se mettre en évidence dans son couloir gauche. Mais comme souvent avec lui, la maîtrise manque.
Remplacé par un Bojan transparent qui s’est surtout mis en évidence en « offrant » un but aux Russes.


Fiche technique :

FC Barcelone : Valdés ; Alves (Sergio Busquets, min.90+2), Piqué, Márquez (Keita, min.80), Abidal ; Touré Yaya, Xavi, Iniesta ; Messi, Ibrahimovic, Pedro (Bojan, min.66).

Rubin Kazan : Ryzhikov ; Salukvadze, César Navas, Sharonov, Cristian Ansaldi ; Kasaev, Cristian Noboa, Semak (Murawski, min.43), Ryazantsev (Kasaev, min.83) ; Karadeniz; Domínguez.

Buts : 0-1 : Ryazantsev, min.2. 1-1 : Ibrahimovic, min.48. 1-2 : Karadeniz, min.73.

Arbitre : Laurent Duhamel (France).
Avertissements : Iniesta (min.45), Murawski (min.78), Ansaldi (min.90).
55.930 spectateurs.


Posté par javito
Article lu 11188 fois