En Une | Copa Del Rey | mardi 21 décembre 2010 à 23:57  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Pour le dernier match de l'année, le Barça n'aura pas pu offrir une ultime victoire au Camp Nou.

Les faits et le jeu

Pour un pur néophyte du football, le public barcelonais aurait pu paraître plus qu’exigent. En effet, trois jours après une ‘manita’ historique infligée à l’Espanyol, le Camp Nou sonnait bien creux pour accueillir l’Athlétic Bilbao. Certes, l’horaire et la date du match (20 heures étant encore la fin d’après-midi en Espagne, plus le fait que le match se soit déroulé en pleine semaine) ne s’y prêtait pas, l’enjeu non plus, même si Pep Guardiola avait réitéré en conférence de presse l’importance qu’il attribuait à ce match aller des huitièmes de la Coupe du Roi. A quelques jours de Noël, Guardiola n’offrait pas beaucoup de repos à ses cadres. Piqué était titulaire, tout comme Alvés à droite. Xavi était lui aussi présent, le brassard de capitaine en prime, tout comme Iniesta, placé sur l’aile gauche et Pedro, de l’autre côté de la large pelouse du Camp Nou. Pour compléter, Pinto gardait les bois, Abidal prenait place dans l’axe et Maxwell couvrait le côté gauche. Au milieu, c’est Mascherano qui remplaçait Busquets, il était accompagné par Keita. Enfin, aux avant-postes, c’est Bojan, qui vient de prolonger son bail avec son club formateur jusqu’en 2015 lundi qui occupait la pointe. 

 

 

Dès les débuts, on aurait presque cru que le match de Cornella El Prat n’était pas terminé. Malgré les quelques remaniements, afin d’offrir quelques minutes de repos à certains cadres qui prenaient place sur le banc, le jeu et les mouvements continuaient sur la même lancée que lors du ‘derbi’. Si le Barça ne changeait pas sa philosophie, Bilbao non plus. Regroupés, bien en place, les Basques s’apprêtaient à combler là différence entre les deux équipes par une volonté à toute épreuve. L’absence de Llorente, blessé, obligeait encore plus les ‘leones’ à s’arc-bouter devant leurs buts. A tel point qu’il fallait attendre la sixième minute pour voir la première banderille catalane. Bojan dos au but, effaçait son vis-à-vis avant de frapper du droit, frappe que captait Iraizoz. De quoi accélérer un tantinet le rythme. Xavi était d’ailleurs un peu trop rapide pour Keita ; le Malien ne parvenant pas à couper un centre du Catalan. Seydou Keita, qui retrouvait une place de titulaire, lançait par la suite Alvés côté droit, un une-deux plus tard, agrémentés de quelques gris-gris, le ballon atterrissait dans les pies d’Iniesta, à l’entrée de la surface. Un peu comme samedi face à l’Espanyol, le natif de Fuentealbilla enroulait sa frappe, mais Iraizoz veillait encore au grain. Il n’était pas aisé de percer ce regroupement à toute épreuve des Basques, qui se rebiffaient même sur corner, à dix minutes de la pause, quand Guerpegui reprenait de la tête un corner. Piqué était battu au duel, Pinto l’aurait vraisemblablement été si le ballon fut cadré, mais ce dernier ne faisait que frôler le cadre. De quoi montrer que Bilbao était en train de faire quelque chose d’inédit ; bien défendre, mettre en échec le jeu barcelonais et être dangereux sur coups de pied arrêtés.

 

 

Et si la deuxième mi-temps commençait sans changements de parts et d’autres, c’est en scandant le nom du meilleur joueur du monde que le public catalan reprenait sa place en tribune après être allé déguster quelques frankfurts (sandwichs locaux). Messi s’échauffait, et était bientôt rejoint par Villa. Les deux faisaient leur apparition avant l’heure de jeu, pourtant, la muraille adverse devant les buts adverses se faisaient à chaque fois plus regroupée. Il fallait presque attendre la soixante-dixième minute et une frappe de Villa hors-cadre pour voir un premier mouvement plus au moins dangereux. Avant, et après, le match se transformait en affrontement de handball. Le Barça tournait autour de la surface, sans parvenir à franchir les deux lignes adverses, la première de trois hommes, la deuxième de cinq, plus Iraizoz, plutôt en verve sur les centres en retrait de Dani Alvés, ou sur les ouvertures aériennes de Xavi. Ce dernier en tentait une nouvelle, cette fois-ci pour Piqué, mais le défenseur catalan, peut-être surpris, loupait sa reprise de gauche. C’était aussi Xavi qui avait repris un peu de la même manière, bien que plus « techniquement », un centre d’Alvés. Entre temps, beaucoup de dédoublements, mais trop d’erreur dans la dernière passe, parfaitement mis en échec par la défense de l’Athlétic. Signe qui ne trompe pas, les latéraux avaient énormément recours aux centres, là ou l’ouverture vient souvent de l’axe après avoir étiré au maximum l’adversaire. Même le dernier frisson du match ne rafraîchissait pas grand monde, Villa, pour une fois avec un peu d’espace, glissait dans la surface sans pouvoir contrôler convenablement le ballon. Dans la foulée, l’arbitre signifiait la fin du match, confiant au match retour la décision et le nom de celui qui ira défier le Bétis Séville ou Getafe en quart.

 

Ce premier O-O de la saison pour le Barça constitue un léger frein ; un nul étant presque une contre-performance dans un club qui distribue les « manitas » comme le Père Noël distribuera les cadeaux dans quelques jours. Dans un match qui rappelle le retour contre l’Inter de la saison passé, l’enjeu et la déception en moins, il aura manqué un peu de fraîcheur et un coup de rein plus saillant pour faire la différence. Cependant, en pleine trêve des confiseurs, ce Barça-là, qui aura tour à tour  exhiber ses qualités si singulières à Alméria (0-8), contre le Real Madrid (5-0), à Osasuna (0-3), contre la Real Sociedad (5-0) et contre le voisin de l’Espanyol (1-5) à de beaux jours devant lui, et nul doute que les défis qui l’attendent sauront être relevés pour peu qu’il continue sur sa lancée et qu’il n’en oublie pas ses valeurs qui, depuis quelques saisons, le différencie de la plupart de ses adversaires, en Espagne comme dans le reste de l’Europe.

 

Les joueurs

Pinto : 5
Rien à signaler pour le portier andalou.

Alvés : 6
Il est un homme clé pour Guardiola, qui lui donne du repos que très rarement tant sa présence est capitale. Une donnée que devrait bien intégrer le club, en pleine négociation avec le joueur pour une éventuelle prolongation. Ce soir, comme toujours, l’activité du brésilien aura été indéniable, malgré quelques erreurs dans le geste final.

Abidal : 6
Placé dans l’axe, pour remplacer Puyol, l’habituel latéral gauche n’aura pas faillit à sa nouvelle tâche.

Piqué : 5
Pas mis en danger défensivement, il aurait pu être le « héros » du match en négociant mieux un centre de Xavi en toute fin de match.

Maxwell : 5
Trop d’imperfections dans les centres, et quelques mauvais remplacements.

Mascherano : 6
Deux récupérations dans la première minute du match qui l’auront mis en confiance et une prestation sans fausses notes. Remplacé par Adriano (79e).

Keita : 6
Dès qu’il est titulaire, le Malien à les dents qui rayent le parquet. Il aura une nouvelle fois été présent. Remplacé par Messi (54e).

Xavi : 6
Une fois n’est pas coutume, il aura connu quelques ratés dans la passe. Mais, avec un peu plus de réussite, il aurait pu être l’auteur d’une ou deux passes décisives.

Iniesta : 6
Certainement le plus actif. Ses frappes n’auront pas fait mouche, mais sa « spéciale », la « croqueta » aura régalée le public.

Pedro : 5
Le natif de Tenerife n’aura pas poursuivi  sa superbe série entamée début novembre. Beaucoup d’appels et de ballons touchés, mais pas d’actions dangereuses à se mettre sous la dent.

Bojan : 5
Le Catalan n’aura pas fêté sa prolongation de contrat par un but. A sa décharge, le match de ce soir n’était vraiment pas fait pour lui. Remplacé par Villa (63e).

 

Fiche technique

Barcelone: Pinto; Alves, Piqué, Abidal, Maxwell, Mascherano (Mascherano, min.79), Xavi, Keita (Messi, min.54), Pedro, Bojan (Villa, min.63), Iniesta.

Athletic Bilbao: Iraizoz; Iraola, San José, Ustariz, Koikili, Gurpegui, Susaeta, Iturraspe (Orbaiz, min.72), Javi Martínez, Gabilondo, Igor Martínez (Muniain, min.55).

Arbitre: Mateu Lahoz

Avertissements: Javi Martínez (min.33), Ustaritz (min.45), Gabilondo (min.53), Orbaiz (min.84) y Piqué (min.89).

45207 spectateurs


Posté par El Cule
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