Chronique | Copa Del Rey | jeudi 19 avril 2007 à 04:58
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Le Barça a fait un grand pas vers la finale de la Coupe du Roi, ce mercredi soir au Camp Nou, en marquant 5 buts à Getafe, dans un match que Messi, auteur de deux buts, dont un d'anthologie, aura illuminé de son génie.
Ronaldinho, Edmilson, Belletti et Motta étant blessés, Giuly et Sylvinho non convoqués, Rijkaard ne disposait que de 16 joueurs pour ce match aller de la Coupe du Roi. Dans les cages, on retrouvait ainsi au coup d’envoi, Coupe du Roi oblige, Albert Jorquera, l’habituel remplaçant de Victor Valdes. Devant lui en défense, Marquez et Puyol formaient la charnière centrale avec à leurs côtés Zambrotta et Gio, tandis que Oleguer et Thuram étaient sur le banc. Au milieu Rijkaard choisissait de faire confiance au trio des « petits » avec Iniesta, Xavi et Deco, dans une configuration qui a connu des fortunes diverses cette saison. Enfin devant, à la surprise quasi générale, Gudjohnsen était préféré à Saviola malgré le rôle déterminant de ce dernier dans la victoire contre Majorque le Week-end dernier. L’Islandais était accompagné dans le trident offensif par Leo Messi et Samuel Eto’o.
Les première minutes furent à l’avantage du Barça qui imposa immédiatement sa patte sur le jeu. Toutefois cette domination n’était pas écrasante (55 % de possession après 15 minutes) et trouvait peu de débouchés dans les 20 derniers mètres. Ce fut même Getafe qui se montra le plus dangereux avec une belle percée de Casquero obligeant Jorquera à sortir le grand jeu dès la 4ème minute de jeu. Il fallut en fait attendre la fin du premier quart d’heure pour voir la première frappe cadrée du Barça. Elle fut l’œuvre de Xavi, après un service de Messi et un amour de contrôle orienté avec la semelle, et permit aux locaux d’ouvrir le score. Une frappe, un but : un réalisme total côté blaugrana. La suite de cette première mi-temps fut un récital offensif des Catalans avec à la baguette un Xavi et un Deco des grands soirs.
Toutefois, si l’on se souviendra longtemps de cette première mi-temps, ce ne sera pas à cause des insatiables montées de Zambrotta ou du fait de la belle performance de Gudjohnsen, enfin aligné à un autre poste que celui d’avant centre. Non, si cette première mi-temps restera à jamais marquée dans les mémoires culé, et plus globalement dans l’histoire du football, c’est pour cette 28ème minute qui vit Leo Messi s’emparer du ballon dans sa moitié de terrain, dribbler deux adversaires, puis trois, puis quatre, puis le gardien, et déposer ainsi le cuir dans les filets après une folle chevauchée de plus de 60 mètres ! L’Argentine, qui annonce à chaque nouveau jeune joueur prometteur qu’elle a trouvé le nouveau Maradona, a sans doute enfin bouclé le casting, tant tout dans cette action de rêve rappelle le but d’anthologie du Pibe de oro lors de la coupe du monde au Mexique en 1986… Le remake est quasi parfait, même si le contexte n’est évidemment pas aussi fort. Toujours est-il que si Ronaldinho, avec son retourné contre Villareal, avait mis la barre très haut pour l’oscar du plus beau but de la saison, on peut désormais estimer que Messi l’a encore relevée d’un cran…
On pourrait disserter pendant des heures sur ce but, mais à 2-0 il restait encore une bonne heure de jeu, et pour la plus grande joie du public, le spectacle ne s’arrêta pas là. Le Barça continuait ainsi tranquillement à dérouler son football, le trio du milieu faisant des merveilles, quand, juste avant la mi-temps, à la suite d’un énième rush de Deco côté gauche, le ballon parvint à Leo Messi dans la surface : contrôle, feinte de frappe, frappe puissante du gauche et but ! Voila comment le petit argentin d’à peine 19 ans choisissait de clôturer une première mi temps de rêve...
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Au retour des vestiaires, le Barça continua sur sa lancée et Deco fut tout proche d’inscrire le 4ème but après un magnifique service d’Iniesta. Hélas sa frappe peu convaincante de l’extérieur du droit passa au dessus de la cage gardée par Luis Garcia. Le Barça continuait à maîtriser de la tête et des épaules le match quand se produisit ce qu’il convient d’appeler un trou noir. En l’espace de trois petites minutes, la maison barcelonaise se mit à vaciller : 57ème minute, à la suite d’un coup franc joué de façon indirecte et que Jorquera ne parvint à bloquer, Guiza, entré à la pause, réduisit le score, avant d’être imité dès la 59ème minute par Nacho, à la suite d’un centre de ce même Guiza et d’un léger cafouillage impliquant Zambrotta. 3-2, tout ou presque était à refaire ! Heureusement, Gudjohnsen, très intéressant en faux ailier gauche, mit fin à ce début de suspens en reprenant de volée un corner à la 62ème minute. Le Camp Nou pouvait respirer, d’autant plus que la fin du match fut dès lors à sens unique, avec un Samuel Eto’o se permettant même d’ajouter sa pierre à l’édifice après une passe lumineuse de Xavi et un enchaînement contrôle-frappe absolument sublime. La messe était dite, et il ne reste donc plus qu’un seul match à l’équipe blaugrana pour atteindre la finale de la Coupe du Roi, un trophée qui se refuse à elle depuis la saison 97/98. Avec trois buts d’avance, le Barça peut aborder sereinement ce match retour, mais devra se souvenir que Getafe en seulement trois minutes a été proche de l’exploit…
Jorquera : 6
Une première mi-temps très convaincante avec une parade décisive d’entrée de jeu, et des interventions autoritaires. Son jeu au pied, souvent sollicité, ne fera cependant pas d’ombre à celui de Valdes... Fautif d’avoir relâcher le ballon sur le coup franc qui amène le but de Guiza, il a toutefois l’excuse de la passivité de sa défense : personne n’est monté sur le tireur…
Zambrotta : 6,5
Il a multiplié les montées comme jamais, et son entente avec Leo Messi fut lors de la première mi-temps extrêmement convaincante, notamment en ce qui concerne la couverture mutuelle. Dommage toutefois que ce travail de stakhanoviste n’ait pas débouché sur quelque chose de vraiment dangereux. Défensivement il a fait son boulot avec sérieux. Son placement sur le second but de Getafe n’est pas irréprochable, mais il n’est pas le seul à être coupable de négligence et de passivité…
Marquez : 6
Match sérieux du Mexicain, qui n’a pas commis d’erreurs majeures, et a été propre dans la relance. Il est passé néanmoins complètement au travers (comme ses compères de la défense) sur le second but. Sanctionné par un carton jaune assez inutile. Il est monté au milieu après l’entrée d’Oleguer.
Puyol : 6
Piégé d’entrée par un une-deux très habile des visiteurs, il s’est dépensé sans compter comme à son habitude. Plus brouillon que jamais néanmoins lors de certaines relances…
Gio : 6
Match satisfaisant du Hollandais, même si son activité offensive ne soutient pas la comparaison avec Zambrotta. Auteur de la faute qui amène le coup franc du premier but madrilène, et mal relayé par Xavi sur le second, ce dernier laissant partir Guiza dans son dos.
Iniesta : 7
Positionné à priori comme le pivot, il a souvent été relayé dans cette tâche par Xavi, les positions restant assez fluctuantes. Il fut certainement le moins flamboyant des trois du milieu, avec une première mi-temps assez discrète, avant de plus se montrer après le repos. Il semble avoir perdu depuis quelques matches l’ascendant qu’il avait acquis ses derniers mois sur Xavi et Deco. Enfin tout est relatif et sa prestation fut néanmoins très convaincante, confirmant ainsi que le schéma des trois « petits » au milieu est une option très intéressante notamment face à des équipes dont l’impact physique n’est pas la qualité première. Il a fini ailier droit avant d’être remplacé par Ezquerro, lequel n’a eu ni le temps de jeu, ni les ballons pour montrer quoi que ce soit.
Xavi : 8
Absolument brillantissime. Un but sublime, une activité débordante que ce soit à la création ou à la récupération, des passes toujours aussi précises. Indispensable.
Deco : 8
L’autre grand bonhomme du milieu de terrain. Quelle activité ! Que de kilomètres parcourus ! Et le tout avec une efficacité implacable, avec peu de pertes de balle et une capacité vraiment impressionnante à faire exploser le bloc défensif de Getafe par des accélérations et des décalages. Du très grand Deco.
Messi : 8,5
Il a commencé assez timidement, laissant le soin la plupart du temps à Zambrotta de porter le danger offensif dans le couloir droit. Auteur d’une passe décisive sur le but de Xavi, il s’est ensuite distingué en inscrivant ce qui sera certainement le but de l’année, avant de s’offrir le doublé. Il a toutefois disparu un peu de la circulation en deuxième mi-temps avant d’être remplacé sous les applaudissements par Saviola. Ce dernier a tenté à de nombreuses reprises de combiner avec ses partenaires, mais il fut la plupart du temps très brouillon dans ses prises de balle.
Eto’o : 7
On l’attendait dans le couloir gauche, il a finalement passé la majeure partie de son temps dans l’axe, malgré quelques petites escapades occasionnelles sur les ailes. Avec moins de déchet dans son jeu que contre Majorque, il a été un point d’ancrage précieux, ce qui a permis aux autres de trouver les espaces. Auteur d’un but magnifique en deuxième mi-temps.
Gudjohnsen : 7
Invité surprise de la composition, il a parfaitement rempli son rôle, et on l’espère, convaincu Rijkaard qu’il est plus à l’aise dans un rôle de faux ailier que dans une position d’avant-centre. Cela n’est en rien très surprenant pour quiconque l’a vu évolué sous les couleurs de Chelsea, mais Rijkaard s’était toujours plus ou moins refusé à envisager une migration sur l’aile, contrairement à ce qui s’était passé pour Larsson, lequel, malgré son profil de pur neuf, a certainement plus jouer ailier droit au Barça qu’avant centre… On retiendra évidemment de la prestation de l’Islandais son but très important de la 62ème minute, lequel a permis à l’équipe de ne pas trop gamberger après la remontée surprise de Getafe.
Remplacé par Oleguer qui a pris place en défense centrale, et a comme souvent à ce poste parfaitement rempli sa tâche.
Posté par javito
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