En Une | News | vendredi 19 août 2011 à 19:57
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Le nouveau milieu du Barça souligne que Xavi a encore de belles années devant lui, et qu'il peut "jouer et gagner avec Xavi"... "mes plus belles années sont à venir, et Guardiola fera ressortir le meilleur en moi". Interview avec Barça TV.

Cesc Fàbregas arrive dans les studios de Barça TV avec un sourire jusqu'aux oreilles. Après un transfert rocambolesque, il semble soulagé, mais surtout heureux. Voilà comment se sent le nouveau n° 4 du Barça, en espérant porter ce dossard de longues années. Dans une longue interview, Cesc s'est exprimé sur sa situation de nouveau joueur du Barça.
Question : C'est une libération ?
Réponse : J'ai été sous pression ces derniers mois. C'est très éprouvant moralement, mais ça s'est conclu, et je suis très heureux d'être de retour au Barça.
Q : As-tu un jour pensé que ton retour serait aussi compliqué ? Que ça serait aussi long ?
R : C'est en grande partie ma faute, puisque je suis parti. Même dans mes rêves les plus fous, je n’imaginais pas jouer un jour dans l'équipe première du Barça. Je ne pensais pas vivre un lundi pareil, même quand j'étais enfant ou quand je jouais pour Arsenal.

Q : Lors de ta présentation, tu as dit que Wenger était comme un père pour toi. Tu comprends que beaucoup de Culés ne le portent pas dans leur coeur ?
R : L'image que Wenger a ici est un peu erronée. Si je suis là aujourd'hui, c'est en grande partie grâce à lui. C'est lui le décideur, et il m'a dit que je pouvais partir. Il menait les négociations. Grâce à Wenger, je suis désormais un joueur du Barça.
Q : Ça fait longtemps, mais pourquoi avoir quitté le Barça en 2003 ?
R : Je n’avais aucune chance d'intégrer l'équipe première, Xavi était très jeune à l'époque. Il y avait aussi Andrés et d'autres jeunes qui me devançaient, j'ai vu que j'étais à la traîne. J'ai trouvé ça drôle qu'un club anglais comme Arsenal se renseigne sur moi, et j'ai été ébahi qu'un manager comme Arsène Wenger ait raccourci ses vacances pour venir me voir. J'avais 16 ans et je jouais pour l'équipe junior. L'offre qu'ils m'ont faite était abrupte.
Q : On sait que le Barça est le club de ta vie, mais pourquoi revenir à ce moment-là ?
R : Rester à Arsenal aurait été la solution de facilité. J'étais le capitaine et je jouais tous les matchs. Chaque année, on est en Ligue des Champions et en course pour les trophées. Pour tout ça, mais aussi à cause de la grosse concurrence ici, c'était peut-être le pire moment pour revenir au bercail. Il me sera très difficile d'être titulaire, mais il me fallait un nouveau défi. Je faisais du surplace, j'avais besoin de changer de décor. J'avais besoin d'une motivation particulière pour faire ressortir le meilleur en moi.
Q : Ton implication a été admirable, et le Barça a fait un gros effort pour te recruter. Au-delà de tout ça, c'est surtout Guardiola qui te voulait. Qu'en penses-tu ?
R: C'est la clé. Je peux apprendre énormément de Pep et de mes coéquipiers. Ils feront ressortir le meilleur en moi. Il y a surtout beaucoup d'aspects technico-tactiques qui feront de moi un meilleur joueur ici.
Q : Il y a dix ans, tu pensais qu'il n'y avait personne qui pensait plus vite sur un terrain que Pep. Ça n'a pas changé ou tu crois l'avoir surpassé ?
R : Pas du tout ! Il y a deux joueurs qui pensent plus vite que moi, Xavi et Andrés, c'est prouvé. Ce sont des stars sur et en dehors du terrain. Pep a toujours été ma référence. Désormais, Xavi et Iniesta sont mes modèles.
Q : Il y a plusieurs années, Pep t'a dédicacé un maillot avec pour inscription "Tu seras le futur n°4 du Barça". Raconte-nous.
R : Mes parents ont divorcé quand j'avais 13 ou 14 ans. J'étais parti jouer un tournoi à Valladolid ou en Italie. Je ne me souviens plus trop. Le divorce m'avait chamboulé. Je traversais une mauvaise passe, et mon manager, Rodolf Borrell, un mec super, est venu me voir pour me dire que Pep allait me donner ce maillot. Cette anecdote est une belle coïncidence. Mon père a conservé ce maillot. Je le garderai précieusement pour toujours.
Q : Tu fais partie de l'incroyable génération 87. Tu vas à nouveau jouer avec Messi et Piqué. Adolescents, vous vous demandiez si vous joueriez un jour en équipe première ?
R : On a fait de très bons tournois avec cette équipe, on était très soudés. Les meilleures années de ma vie. Non, on n'en avait jamais parlé. Je pense qu'aucun de nous n'avait imaginé qu'un jour on jouerait ensemble en équipe première.
Q : Qu'est-ce qu'il reste du Cesc parti à 16 ans ? Le Cesc d'aujourd'hui est-il un produit de Wenger ?
R : Ce Cesc a un peu changé. D'une certaine façon, je me suis amélioré, je me suis toujours efforcé à travailler dur, c'est ce qui m'aide à m'améliorer au quotidien. J'ai toujours envie d'apprendre. L'erreur, c'est de croire qu'on sait tout ou qu'on vaut mieux que les autres.

Q : À ton avis, ça va donner quoi le travail au quotidien avec tes amis Puyol et Piqué ?
R : Ça sera spécial. C'est ce que je voulais. Ce sont de grands amis, et j'en ai d'autres dans le vestiaire. Mais il est vrai que j'ai vécu avec eux en sélection à l'Euro et en Coupe du monde. Ça sera une expérience difficile, et ils m'aideront à me donner à fond.
Q : Les "Oh oh !" et les "Moc moc" sur Twitter sont finis ?
R : Sûrement pas. On en fera encore plus. (Rires)
Q : Tu connais Gerard depuis l'enfance, Carles Puyol depuis moins longtemps, mais il est devenu très important à tes yeux.
R : Carles Puyol est une personne extra. À la Coupe du monde 2010, j'étais dans une très mauvaise passe, et il venait chaque jour dans ma chambre pour m'encourager. Au final, je suis entré en finale, tout s'est bien terminé, et il m'a dit : "Tu vois, tu dois avoir plus confiance en toi." C'est un leader sur et en dehors du terrain, grâce à sa personnalité et son humilité. J'ai rarement rencontré des gens comme lui dans le foot.
Q : Avec ton arrivée, le Barça a-t-il le meilleur milieu de l'histoire du club ?
R : Le temps nous le dira, ça dépendra des résultats et performances sur le terrain. Thiago et moi arrivons cette année pour apporter, je l'espère, plus de qualité et de concurrence. On sera un super groupe. Peu importe si on est le meilleur milieu de l'histoire ou pas. Ce qui importe le plus, c'est que le Barça continue à être performant au plus haut niveau, à gagner des trophées, c'est ce que les supporters aiment.
Q : Tu es une recrue pour aujourd'hui, mais aussi pour demain ?
R : Je l'espère. Je travaillerai dur pour que ce soit le cas. Je suis jeune et les meilleures années de ma carrière sont à venir. J'ai toujours beaucoup à apprendre et j'espère mûrir au Barça, et ce, pour de nombreuses années.
Q : Il y a embouteillage au milieu. Tu penses que chacun a un profil différent et peut apporter des alternatives ?
R : Exactement. On pense le foot de la même manière, tout en étant différents. Plus que les gens le croient. On fait un très bon amalgame et d'un point de vue footballistique, c'est génial. Il faut qu'on le prouve sur le terrain. On respire le même foot, tout en ayant des caractéristiques différentes, ce qui pourrait faire de nous un groupe très spécial.
Q : On avait dit que Xavi prendrait la relève de Guardiola. Cesc est-il l'héritier de Xavi ?
R : Je ne sais pas. Xavi a encore de belles années devant lui. Il fait des choses incroyables. Je ne suis pas venu ici pour pousser Xavi à la retraite. Je suis venu au Barça pour jouer avec Xavi, rivaliser avec lui et gagner à ses côtés. Ce que je dis pour Xavi vaut aussi pour Andrés et Thiago. On forme un très bon groupe, je le pense vraiment. On fera de très grandes choses ensemble.
Q : Le Barça sera-t-il capable de continuer à remporter des titres avec le football qu'on lui connaît depuis quelques années ?
R : Ça ne sera pas simple, mais on essaiera. Il y a le Real qui s'est renforcé, qui veut la Liga mais aussi la Ligue des Champions. Il y aura aussi Manchester United, l'Inter et d'autres face à nous. Il faudra faire attention, être disciplinés et travailler à fond. On ne peut pas se reposer. C'est quand on se relâche qu
e les problèmes surgissent.
Q : Quel souvenir d'Arsenal t'accompagne ?
R : C'est très compliqué, mais je dirais ma première titularisation. C'était un jour où je ne l’attendais pas du tout. Je pensais être juste dans le groupe et je me suis retrouvé titulaire, avec ma famille dans les tribunes. Une journée grandiose.
Q : Londres va te manquer, mais la langouste de ta grand-mère surpasse-t-elle l'humour anglais ?
R : L'humour anglais me manquera, mais les langoustes de ma grand-mère sont incomparables. Tout simplement les meilleures.
Q : Curiosité : pourquoi avoir "Fàbregas" en flocage ?
R : Normalement, j'ai des maillots floqués "Cesc", mais c'est un choix de ma part, non pas que je sois superstitieux. En Angleterre, j'ai dû mettre "Fàbregas" par obligation. Quand j'ai débuté en sélection, j'avais "Cesc" en flocage, et ça ne s'est pas très bien passé. Ils l'ont alors changé, et on a gagné l'Euro et la Coupe du monde. Le Barça allait mettre "Cesc" en flocage, mais étant donné que tout se passait bien avec "Fàbregas", je me suis dit qu'on devrait continuer sur ce chemin-là pour soulever des trophées.
Q : Je pensais que tu allais dire que c'était pour le mieux, parce que certains ont du mal à prononcer correctement ton nom.
R : Non, pas du tout. Chacun m'appelle comme il l'entend. Je ne peux pas remédier à ça. Au moins, je sais qu'ils s'adressent à moi. C'est pas grave. Ce n'est rien d'autre qu'une histoire amusante.
Interview traduite par Bilou.
Source: Site officiel
Posté par Wedge
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