Cette semaine est LA semaine de la saison. Et le match de demain, LE match de la saison. Il n'y aura pas de finale de Ligue des Champions si l'on ne fait pas le métier contre Arsenal. Et ce sera difficile de remporter la Liga sans faire un bon résultat au Bernabeu. En cinq jours, de mardi à samedi, deux finales. Des finales sans titres à la fin mais qui peuvent très bien faire de ta saison une saison blanche. Si tu les gagnes, tu aspires à tous les titres. Gagne-les en restant fidèle à ton style et tes futurs adversaires penseront à une seule chose: comment faire pour stopper cette machine?
C'est justement ce que présentent Arsène Wenger et Manuel Pellegrini. Si tu es capable de maintenir le niveau et l'intensité collective des derniers matchs, alors tu as beaucoup de points positifs en ta faveur. Beaucoup, mais pas tous. Si, au contraire, tu te relaches et baisse la garde, tu auras des problèmes. Ca s'est passé à Londres et s'est reproduit contre Bilbao. Deux avertissements, l'un évident et l'autre moins grace à Valdés, qui peuvent te compliquer le futur proche. Les éloges faits au Barça après son match à l'Emirates digérés, du moins je l'espère, il s'agit désormais de ne pas nous voir plus beaux que nous ne le sommes et de savoir précisemment ce qu'il faut faire pour fermer cette porte, ce courant d'air qui pourrait gacher la fête.
Contrôler le ballon
Allons droit au but. La meilleure première mi-temps de l'ère Guardiola? La meilleure première mi-temps de l'histoire? Les comparaisons sont libres mais pour le moins détestables. Et elle ne règlent pas pour autant les problèmes. Et ce Barça dynamique, rapide, agressif, vorace, presque toujours solidaire, ferme beaucoup de portes mais il lui en reste encore une: celle qui empêche l'adversaire de te surprendre lorsque tu mènes à la marque et que tu domines dans le jeu. Comment? En gardant la même maitrise du ballon et en allant de l'avant. Ce que moi j'appelle "défendre vers l'avant". Qu'obtient-on avec ceci? Que quand on perd le ballon, on le perde dans le camp adverse. Ainsi, la moitié de l'équipe est derrière. Beaucoup d'hommes de ton côté et beaucoup de distance à parcourir pour l'adversaire. Les passes dangereuses horizontales sont interdites. Mais, en sachant qu'une défaillance est toujours possible, l'erreur peut être fatale si elle a lieu dans ton propre camp.
Le football est tout sauf mathématique. A l'Emirates, tu as très bien joué durant la première période mais tu n'as pas marqué le moindre but. C'est que quelque chose n'a pas marché. Et cela fait aussi partie du sport. Tu peux jouer magnifiquement bien et ne pas marquer, ou ne pas gagner. Tu peux avoir le meilleur joueur du monde mais le football reste une question collective. Ceci est le principe d'une équipe. A partir de là, une équipe peut être dans un bon jour ou, au contraire, être dans un mauvais jour. Et quand une équipe n'est pas la seule à être dans un bon jour mais que le bon jour de l'une coincide avec celui de l'autre, se passe ce qui s'est passé à Londres. Une performance exceptionnelle, bien que partiale. La preuve, ce 2-2.
Un très bon résultat pour envisager le match retour mais qui n'est pas pour autant définitif. Et il ne faut pas croire qu'ils seront mauvais avec les nombreuses blessures (Cesc, Arshavin, Gallas). Ils le seront que si tu le leur impose. Jouera qui jouera contre Arsenal, cette équipe, comme le Barça, possède une philosophie qui va plus loin que les simples joueurs. Un style similaire à celui du Barça mais avec néanmoins une énorme différence: le Barça peut, sait et récupère le ballon en pressant. L'objectif est de le récupérer le plus près possible de la surface adverse. Ce n'est pas le cas des anglais. Et si parfois c'est ce qu'ils font, comme à la fin du match aller, c'est parce qu'ils perdent de façon claire. Perdu pour perdu, ils tentent tout.
Le rendez-vous de Bernabeu
Et samedi, LE match de la Liga à coup sur. L'équipe perdante au Bernabeu pourra-t-elle quand même gagner la Liga? Mathématiquement, oui. Mais je doute que le vainqueur, avec l'avantage numérique et psychologique, puisse la laisser échapper. Le duel direct, les deux équipes peuvent le gagner. Il y a tout de même deux détails en faveur du Barça. Premièrement, jouer le Clasico en étant qualifié, du moins je l'espère, pour les demies-finales de la C1. Deuxièmement, à l'aller, c'est le Barça qui l'avait emporté, 1 à 0.
Un résultat difficile à répéter
La Liga se joue en 38 matchs, mais tout est tellement serré que cette édition ressemble presque à un match à élimination directe. C'est seulement avec un match nul samedi et avec un Barça leader -cette fois pour de vrai- grâce à la différence de buts particulière que tout resterait ouvert avec encore sept journées à disputer, ce qui n'est pas peu.
Ce que je m'enleverai de la tête, moi, c'est la version la plus géniale du Barça avec un autre 2-6 à la clé. Premièrement, parce que si tu y crois trop, le tableau d'affichage pourrait afficher le même score, mais à l'envers. Et, deuxièmement, ne nous trompons pas: ce Madrid là est bien meilleur et fonctionne bien mieux que celui de la saison dernière. Arrivera ce qui arrivera, ce sera un grand match et une superbe promotion pour le football.
Traduction par El Culé
Source: El Periodico