Chronique | Cruyff | lundi 19 avril 2010 à 16:41
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Le voyage en bus jusqu'à Milan ne doit être qu'une péripétie ajoutée à un final heureux. Les heures de route ne doivent pas être une excuse avant un match ou le Barça devra faire circuler le ballon avec rapidité.
Calendrier en main, je doute que le Barça affronte un adversaire si dur, si intense, et autant à la limite que l'Espanyol d'ici à la fin de la saison. Tant en Liga qu'en Ligue des Champions d'ailleurs. Et il faudra essayer d'imiter légèrement ce qu'ont fait les blaquiazules au moment de se mesurer à l'Inter, match durant lequel le Barça devra inverser la tendance dans la vélocité du ballon. Pour moi, ce sera la meilleure arme pour désarmer l'adversaire et pour qu'il ne rentre pas dans son match.
L'Inter peut-il faire le même match que l'Espanyol? J'en doute beaucoup. Premièrement parce que le Barça essayera d'ajuster les pièces de son puzzle et multiplier les appuis dans la sortie du ballon afin de solutionner ses faiblesses habituelles. Et, deuxièmement, du fait de la compétition. Si pour l'Espanyol le match de samedi était une finale, une grande finale de 90 minutes, pour l'Inter ce sera simplement l'aller de 180 longues minutes.
Même en supposant qu'ils sont plus rodés, plus prêts que lors du double affrontement en phases de poules, l'Inter n'en est pas moins une équipe italienne. Forte, rapide et efficace en contre-attaque, sans doute, mais toujours plus préoccupée par ne pas encaisser de buts que de battre l'adversaire. Essayeront-ils de faire déjouer le jeu fluide barcelonais? Sans doute. Et si le Barça faillit dans les pertes du ballon, et qu'elles sont nombreuses, dans les chocs comme dans les duels, il aura du mal à glaner un résultat positif.
UN VOYAGE COMME AVANT
Mais aussi bon soient les joueurs de Guardiola, aussi assuré soit leur jeu de passe, il primera une chose dans l'esprit des italiens: qu'ils ne marquent pas. Ce qui te fait regarder derrière plus que devant. Qu'ils ne marquent pas, car ces joueurs arrivent à en mettre plus d'un par match. Voilà l'objectif du Barça: démarrer la demie-finale en essayant de marquer pour le moins un but. Trajectoire en main, tant mathématiquement que footballistiquement, c'est quelque chose qui est quasiment toujours décisif dans les matchs à éliminations directes.
Plus que le match en lui même, ce qui altère cet Inter-Barça, c'est le voyage pour aller jusqu'à Milan. Le voyage en avion annulé pour cause de force majeure, ce sera finalement en autobus que les joueur se rendront en Lombardie. C'est comme revenir dans le temps. Plus embêtant, mais plus "esprit de groupe". De nombreuses heures de route, çà c'est sur, mais pas une excuse pour autant. Premièrement parce que le Barça à pris les devants en avançant le déplacement. Et deuxièmement parce que grâce à cela, le club a pu organiser une escale à mi-chemin pour y passer la nuit. Et, bon Dieu, tu joues une qualification pour une finale de Champion's League!
En exagérant, s'il faut y aller à pied, alors soit. Et s'il faudra courir plus qu'a l'accoutumée, alors soit. Même si dans le cas du Barça, il est préférable de faire courir le ballon. Avec l'adversaire derrière lui.
Ce qui pour le moment est nuisible pourrait être une anecdote qui se joindrait à un final heureux. Les footballeurs vont savoir, vont découvrir comment les voyages se déroulaient dans le temps. Dans un temps encore plus lointain que mon époque durant laquelle nous partions le vendredi midi pour revenir le lundi midi. Si nous jouions dans le nord de l'Espagne, il y avait un entrainement le vendredi matin, puis nous prenions l'avion à Madrid, et un train avec des wagons-lits. Nous arrivions à destination à moitié morts. Nous récupérions légèrement le samedi, match le dimanche, train jusqu'à Madrid et avion jusqu'à Barcelone. Un méfait? A l'époque, c'était une amélioration énorme! L'aller et le retour se faisait en autobus. Assurément, c'est le même nombre de kilomètres mais avec un point important: les routes et autoroutes actuelles n'ont rien à voir avec celles d'il y a quelques années.
UN STYLE PROPRE
Pour revenir au Derby de samedi soir, je doute que quelqu'un, dans un camp ou dans l'autre, n'ait été surpris par ce qui s'est passé sur le terrain. En règle générale, il s'est passé ce qui était prévu en terme de tension et de chocs. A chaque récupération de ballon, l'Espanyol avançait, à chaque perte de balle, le Barça perdait de la force et de la confiance. A chaque coup de sifflet, mille et unes contestations. Sans être un match "sale" -le Real avait donné beaucoup plus de coups au Bernabeu-, le Barça s'est laissé entrainer vers où l'Espanyol l'attendait, ce que les joueurs de l'Espanyol savent faire à merveille. Ils avaient choisi un plan de jeu et l'ont bien appliqué. Parce qu'ils ont donné tout ce qu'ils avaient et même un peu plus...
Et parce que le Barça n'a pas su imposer son style. Au moins durant le temps ou le match se déroulait à onze contre onze. En jouant en infériorité numérique, les joueurs de Guardiola ont cessé de souffrir en faisant mieux circuler le ballon. Hasard? Rien n'est du hasard en football. Si ce fut ainsi c'est parce que les neuf joueurs de champ se sont mieux entendus, se sont mieux connectés entre eux et ont déplacé le ballon avec plus de réussite et de précision. Préoccupés du fait que le Real Madrid soit revenu à un point? Moi, non. Car personne n'est dispensé de mal gérer un match. Et parce que ce match là était, pour moi, une grosse épine dans le pied du Barça. Et aussi parce que tu pouvais te le permettre après tes deux victoires contre Madrid. Si à partir de maintenant tu gagnes tout ce qu'il te reste à jouer, tu arriveras au but. Pour cela, rien n'a changé. Pour être champion, tout dépend de toi.
Source: El Periodico
Posté par El Culé
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