Chronique | Cruyff | mardi 13 avril 2010 à 02:22
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Le Barça a donné une exhibition à Madrid. Une grande victoire et trois points de plus. C'est un pas important vers le titre mais il faut désormais finir le travail.
Célébrer une victoire est différent de célébrer un titre de champion. Après le 0-2 au Bernabeu, le public culé a fêté les deux. Mais pas les joueurs. Et c'est le meilleur des signaux possibles. Au delà des joueurs se félicitant entre eux que nous avons pu voir dès le coup de sifllet final, ceux-ci et le staff technique savent qu'il reste encore beaucoup de travail. Un travail de dix matchs, tout au mieux. Pour l'instant, ils se sont positionnés. Il faut désormais finir ce travail. Le premier pas vers cet objectif a lieu mercredi, contre le Depor.
Numériquement, tu peux faire l'impasse sur un des sept derniers matchs qu'il te reste à jouer. Plus tu le feras tard, si un jour tu le fais, plus le Real aura du mal à suivre la cadence.
Quand ton entourage cherche des coupables, ceux qui sont appelés à jouer finissent par faire la guerre de leur côté afin que le signal soit autre. Les égos mis de côtés, dans ce genre de situations, le rendement de l'équipe est toujours le plus touché. Que ceci arrive ne dépend pas du Real mais du Barça et sa capacité à engranger les points trois par trois.
Je ne suis pas d'accord sur le fait que le Real, après avoir investi autant sur le marché des transferts l'été dernier, soit en tout point égal au Real de la saison passée. Il n'est plus en lice en Ligue des Champions et en Copa, certes. Et même s'il gagne tous ses matchs jusqu'à la fin du championnat et que le Barça fait de même, il ne sera pas champion, certes. Mais, il ne fait également aucun doute que le Real est bien meilleur que la saison dernière. Ses 77 points glanés en trente-et-une journées et le nombre de buts qu'il marqué l'attestent.
Selon moi, l'évolution du Real fût énorme mais pas suffisante pour doubler le Barça, à moins d'une surprise. Ce qui laisse les blaugranas dans une bonne posture. Au jour d'aujourd'hui, et après sept mois de compétition, Guardiola et compagnie sont toujours en lice pour être une des exceptions de la maxime que j'ai toujours défendu, et qui dit que la deuxième saison est toujours plus difficile que la première. Et quelle première année ce fût! Si le Real a flanché en Liga, malgré pas mal de records décrochés, c'est précisément à cause du renversement monumental dont il a été victime. Son erreur n'a pas été d'investir beaucoup mais d'être tombé dans un certain déséquilibre.
Après la confection, spectaculaire, de l'équipe madrilène, aujourd'hui se dégagent des conclusions: des recrues défensives correctes, des transferts offensifs excessifs et peu, très peu de nouveautés au milieu de terrain. Précisément là ou se trouvait le baromètre d'une équipe, là ou le Barça est le plus fort. Si tu ajoutes Cristiano Ronaldo, Kaka, Benzema à Higuain, qui est déjà présent et bien présent, tu as en ta possession quatre joueurs pour deux postes. Sans oublier Raul.
L'obsession à perdu le Real, celle d'acheter beaucoup offensivement. Tous, jouant pour le même but: marquer le plus de buts possibles. Ils vivent de cela, et selon le nombre de buts, ils sont heureux ou malheureux. Les buts sont importants, très important même mais ils ne sont pas tout. Dans le jeu d'une équipe, l'équilibre passe par la domination au milieu de terrain. Et là, Xabi Alonso s'est retrouvé bien seul. Il suffit de le voir en blanc ou en rouge, avec le Real ou avec la Seleccion, pour voir que selon ses partenaires, selon son champ d'action et selon le rôle qui lui est dévoué, pour tel ou tel poste, ce joueur peut être totalement différent.
Quant au match de samedi, il s'est passé ce qui doit se passer lors d'un Clasico normal. Un Clasico "anormal", c'est celui de la saison passée, le 2-6. Oui, le Barça aurait pu marquer au moins deux buts de plus. Mais le Real aussi. Au final, on en revient au même point. 0-2, 1-3 ou 2-4, c'est bonnet blanc et blanc bonnet.
Le plus important en réalité était de prendre les trois points. Et les duels directs entre Madrid et Barcelone ont toujours été exceptionnels dans l'émotion mais avec moins de football que certains veulent le laisser paraître.
Les vertus du Barça, intactes. Son jeu, moins fluide qu'a l'accoutumée. Une faille? Non, une conséquence de jouer la ou il a joué, contre qui il a joué. Le Clasico est un match différent de tous les autres. Le Real jouait ses dernières cartouches pour le titre et a parfois été à la limite du règlement. Normal. Je suis content que l'arbitre n'ait expulsé personne. Il aurait pu le faire, mais ca aurait changé complètement le match. Avec la tension qu'il y avait, c'était déjà beaucoup.
Pour le Barça, il serait difficile d'applaudir de la même manière les arrêts de Valdès, les passes de Xavi ou les buts de Messi et Pedro. Le mieux chez le Barça: le fait qu'aucun joueur n'ait été mauvais. Tous ont fait leur boulot, le propre comme le sale, chacun avec ses qualités, parfois attelé à ce poste, ou à celui-là, pour le bien de l'équipe. Ceux qui débutèrent titulaires et ceux qui rentrèrent en jeu. Personne n'a joué pour se faire plaisir. Et de la tranquillité et de la sécurité affichées est sortie la victoire. Moins brillante? Pour moi c'est la prestation d'une équipe parfaite.
Source: El Periodico
Posté par El Culé
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