Chronique | Cruyff | jeudi 13 mai 2010 à 16:13  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Le Barça est à seulement un pas d'obtenir sa deuxième Liga consécutive. Il lui suffit de battre Valladolid, mais il ne faut pas devenir fou. Il faut rester fidèle à son style, et appliquer un petit peu plus les consignes. Sans jamais changer sa philosophie.

Le Barça de Guardiola peut-il jouer mieux? Conceptuellement, non. En tant qu'équipe, et ce sport est un sport d'équipe, beaucoup de facettes dominent: pression, récupération, jeu de position, rythme du jeu... La dernière preuve en date, une de plus, c'est le match à Séville. Sur 90 minutes de jeu, 85 sont à marquer dans le marbre. Les blaugranas ouvraient et fermaient le terrain à leur guise. Ils accéléraient ou ralentissaient le rythme du match comme s'ils le maîtrisaient avec une manette. Le ballon revenait toujours, avec au maximum deux touches. Une domination totale à travers la posession du ballon. Le Barça menait 0-3 mais ca aurait pu être bien plus.

Grace à Palop et quelques erreurs techniques, Séville est réussi à revenir de l'enfer. 85 minutes à marquer dans le marbre et seulement 5 à disséquer. Il faut éviter les risques inutiles quand on mène largement et c'est précisément durant ces minutes là que le Barça à encaissé deux buts et qu'il a failli se voir faire siffler un pénalty contre lui. C'est pour moi la preuve que le Barça n'est pas encore champion. Une chose magnifique car cela t'invite à continuer de travailler, à toujours être en alerte, avec l'objectif de polir les ultimes détails afin d'éviter les risques.

Le Barça à le style et le public nécéssaires pour le faire. Le Barça sait surtout comment jouer pour le faire. Il manie diverses variantes pour un seul et même but: bien attaquer pour défendre mieux. Dans le cas du Barça c'est peu et beaucoup de choses à la fois. En définitive, il s'agit d'être plus attentif, plus soigneux, et pas être meilleur. S'il est difficile de jouer comme joue le Barça -pourtant, en le regardant cela à l'air facile mais cela nécéssite beaucoup de sacrifices- il est encore plus difficile de poursuivre sa domination quand le football autour ne cesse de changer. C'est seulement avec encore plus de concentration que tu porras te permettre de courrir moins. Le football est un sport d'erreurs mais celles-ci n'arrivent qu'après une petite déconcentration d'untel ou untel. Une passe mal assurée, un ballon que tu ne t'attendais pas à recevoir -ni toi, ni ton coéquipier, ni ton adversaire- un oubli sur un coup de pied arrêté... Et l'air de rien tu encaisses deux buts. Voila la dernière étape à franchir. Redoubler d'efforts sans rechigner à faire appel à son talent. L'avant-dernière étape consiste à dominer de nouveau, à se reprendre dans un moment que l'on controle moins.

PRESSION MAXIMUM

Le Barça a-t-il baissé en intensité en menant 0-3 et avec l'adversaire à 10? C'est humain, compréhensible mais évitable. Quand avons-nous vu le meilleur Barça dernièrement? Quand il avait un maximum de pression, c'est à dire à Villarreal et à Séville. Mais quand a-t-il eu le plus de problèmes? Quand il en avait moins, soit à domicile contre Xerez et Tenerife. A quel match devons nous nous attendre dimanche? Il reste encore une Liga en jeu, une Liga de niveau deux, en recevant Valladolid à la maison. Et les espaces seront chers, très chers même, qui plus est si tu te crois champion avant de l'être. Tu gagneras uniquement si tu joues bien. Et sans parler du "manuel de jeu" du Barça, mis à part le style particulier de léquipe, il faudra redoubler d'efforts. Et oui, je suis d'accord avec Guardiola: ce serait alors le quatrième titre de la saison. Et pas le premier. Car les saisons de football vont d'août/septembre à mai/juin. Et si plus tard, au mois d'août 2010, tu gagnes la Supercoupe d'Espagne, ce serait le premier titre de la saison 2010-2011.

TOUS MERITENT LE RESPECT

Applaudir seulement le rendement des trois attaquants serait un manque de respect. A la folie des buts de Messi est venu s'ajouter ceux de Bojan et Pedro. C'est bien, mais dans une compétition aussi longue que la Liga, qui plus est une Liga comme celle que nous venons de vivre, le rendement le plus important n'est pas celui d'un, de deux ou de trois joueurs sinon les rendements de tout le monde. Dire à la volée qu'untel est intuile, qu'untel n'apporte rien, c'est avoir la mémoire courte. En 38 matchs de Liga, et je laisse de côté les autres compétitions qui ont, pourtant, toutes leur importance, chaque joueur à apporté à un moment ou à un autre une plus-value à l'équipe. Ibrahimovic a été fondamental dans les victoires si importantes des dernières journées. Des victoires toutes déterminantes. En partie à cause du rendement de Madrid. En partie à causes des matchs déjà disputés.

Je cite le suédois car c'est lui qui, actuellement, focalise toutes les attaques de la part des même qui l'applaudissait à tout rompre après son but lors du match aller du Clasico. Un but qui, une moitié de championnat plus tard, vaut ni plus ni moins que le titre. Et je prends en exemple ce but là, mais il y en a beaucoup d'autres, et il y a beaucoup d'autres matchs durant lesquels il a permis à l'équipe de récolter trois points, comme dans les derniers matchs en date. Et ce qui vaut pour Ibrahimovic vaut pour tout le monde. Et la mémoire des vrais connaisseurs et longue, très longue.


Source: El Periodico

Posté par El Cule
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