Chronique | Cruyff | mardi 16 février 2010 à 04:56  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

La première défaite du Barça en Liga est arrivée à la vingt-deuxième journée. L'équipe souffrait de plusieurs blessures en défense, mais ne doit pas se justifier en les invoquant car elle a failli dans d'autres domaines.

Il n'y avait pas d'excuses avant le match, il ne doit pas y en avoir après pour justifier la défaite. Ca devait arriver. Il y avait tant de yeux rivés sur la défense et ses absences que le Barça a failli sur les autres lignes, au milieu et en attaque, précisément là ou ily avait les titulaires.

Les gens qui, d'habitude, gardent le ballon l'ont perdu beaucoup plus qu'a l'habitude. Ceux qui savent le porter l'ont montré trop de fois. Les plus rapides, dans l'idée comme dans l'exécution, marchaient lentement. Les meilleurs 'tueurs' n'ont atteint leur cible qu'une seule fois. Parler autant des absents finit par distraire tout le monde, comme s'ils avaient tous été contaminés.

Et ce fut le cas. Pas en défense, mais plutôt au milieu et en attaque. Là était le problème. Trop de pertes de balles, trop de lenteur et trop d'avantages laissé à l'Atlético qui, s'il excelle dans un secteur du jeu, c'est précisément dans la vélocité avec laquelle il contra-attaque. Il leur suffisait d'une passe longue pour rentrer dans la surface et pour que Forlan et Agüero, très rapides, et gavés d'espaces, puissent se créer des occasions dangereuses.

Conséquence: le Barça finit par céder. Mais il finit par céder pour que tout le monde se réveille. L'avance sur Madrid est perdue? Il y avait trop de pression médiatique? Et alors? Le leadership n'a pas changé de main.

Sentiment d'appartenance

Il est désormais question de conserver la tranquillité, le professionnalisme et maintenir le sentiment d'appartenance. Les deux vertus qui sont demandées à un sportif. 


Et également aux dirigeants. Des exemples de comment mal faire les choses, il y en a des milliers. Pour en citer seulement deux, et récents, la sanction infligée au Togo et le choix dans la date de la finale de la Copa del Rey. Rien à voir, certes, mais dans les deux exemples résident l'absence totale de quelque chose de si normal: le sentiment d'appartenance. Ton équipe s'est faite tirer dessus, des gens sont morts et, en plus, il 't'emprisonnent' sportivement. La sanction, la peine fut en réalité de ne pas se présenter à la compétition car ni le corps ni l'esprit n'y étaient. Le reste est exessif et n'a pas lieu d'être.

Annoncer que la finale de la Copa se déroule le 26 mai était une raison pour en faire enrager certains. Qui organise la Copa? La fédération. Qui doit veiller aux intérêts de l'équipe nationale? La fédération. Quelle compétition se déroule cette année? La Coupe du Monde. Qui est en lice pour gagner cette Coupe du Monde? L'équipe que présentera la fédération. Sachant tout ceci, sachant également que la Liga finira le 15 mai, personne n'a pensé à demander au sélectionneur national à quel moment il comptait réunir les séléctionnés pour le mondial? Personne n'a pensé que, en plus des espagnols, il y a aussi d'autres internationaux appelés à jouer la Coupe du Monde? Eux aussi vont se réunir avec leurs équipes respectives et je doute que ce soit après le 26 mai.

Que dira la fédération quand leurs homologues leur demanderont des comptes? Le fameux 'En Espagne, c'est différent'?

Manque de prévoyance

Et le calendrier mis en place pour cette année de mondial ne colle pas. Précisément pour ce mondial. En tant que fédération, en tant qu'organisateur de la Copa, TU te dois de protéger TES joueurs.Ces mêmes joueurs auxquels tu vas demander de tout donner à partir du 11 juin. Ils donneront ce qu'ils pourront, ce qui n'est pas pareil. Cependant, on aurait pu les aider sur ce point là. Comment? En les libérant de quelques matchs. Si on avait pensé à organiser un tournoi avec des matchs à éliminations directes, le résultat aurait été net: moins d'usure pour moins de matchs. Et plus de dates libres.

Le fait que les autres pays n'aient pas pour tradition de jouer la finale de leurs coupes respectives avec le même scénario doit nous ouvrir les yeux. Les finalistes connus, la finale ne devrait jamais se jouer ni à Madrid, ni à Seville. Je pense à Valence, comme j'aurais pu penser à une autre ville. Mais si tu choisis une ville distincte des deux finalistes, tu ne heurtes personne et tu t'évites des discussion, des doutes ou des suspicions.

Professionnalisme et sentiment d'appartenance. Au niveau des clubs, ici et là, beaucoup sont au bord du précipice. Une réalité qui va plus loin que l'actuelle crise économique mondiale. Plus loin parce que ca vient de plus loin. Tu peux te tromper un an, mal calculer les rentrées et les sorties d'argent, et finir avec un prévisionnel déphasé. Mais l'année d'après, tu dois rectifier le tir. Ils ne faut pas faire de choses que tu ne pourras pas assumer par la suite. Promettre de grands succès est facile, mais si tes promesses sont obsolètes, tu les payeras de ta poche. N'utilises pas le club en bénéfices propres car si les choses se passent mal, d'autres viendront les régler. Nous savons déjà que l'intention est bonne, mais il arrive un point ou elle ne peut pas tout régler. Il faut apprendre à acheter juste, et à vendre juste. 

 

 

 



Source: El Periodico

Posté par El Culé
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