Article | Clasico Et Derby | mardi 19 avril 2011 à 22:26  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

A l'aube de la finale de la Copa del Rey qui opposera le FC Barcelone à son rival merengue, nous vous proposons de retrouver les principaux enjeux de la rencontre.

Et si le Clasico de samedi n'était qu'une mise au point avant le vrai choc des titans au Mestalla ? Et si pour les culés ce sentiment de devoir inachevé était un bon signe pour croire à une réaction de la Pep Team ? Et si Mourinho avait trouvé la formule parfaite pour contrer un Barça qu'il a su faire douter à dix contre onze ?
Les interrogations ne manquent pas à la veille d'une finale qui n'acceptera cette fois-ci qu'un seul vainqueur. D'un côté comme de l'autre, les raisons d'y croire et les solutions à envisager sont diverses. A travers cette chronique, nous essaierons de les illustrer en mettant en avant les duels attendus pour ce sommet.

 

Côté Barcelone : un devoir à achever...


Le facteur Puyol pour se rassurer

Après environ trois mois d'absence et un long combat contre une tendinite au genou, le capitaine courage de Barcelone a joué près d'une heure de jeu au Bernabéu. Un temps suffisant pour rappeler à tout le monde à quel point il manquait au dispositif de Guardiola, à quel point il était précieux en faveur d'une solidité défensive.
Le central catalan sera certainement amené à couvrir les montées de Dani Alves mais sera surtout capital pour rassurer une défense que Gerard Piqué peine à mener d'une main de fer. Parallèlement, à l'instar du clasico aller de la Liga, Guardiola peut tout à fait l'utiliser pour exercer un marquage à la culotte face aux assauts de Cristiano Ronaldo. Autant dire que beaucoup d'espoirs reposent sur la prestation du capitaine, pourtant en manque de rythme et de matchs dans les jambes. Si ses travaux de récupérations aboutissent à un résultat favorable, nul doute que Carles Puyol constituera un facteur important pour maintenir une défense solide et prête à recevoir des coups pour mieux en asséner à l'adversaire.
Puyol-Ronaldo : un duel réactivé

A la recherche d'une solution au milieu

Devant un embouteillage engendré par un axe bouché par le dispositif du Real Madrid, le milieu de terrain catalan devra plus que jamais chercher à profiter du moindre espace offert par l'adversaire. Xavi et Iniesta seront, une fois de plus, la base de tout déplacement et tout mouvement offensif barcelonais. Pour alourdir leur tâche, Xabi Alonso et Khedira se chargeront de leur promettre un pressing constant à chaque prise de balle. Les deux lutins espagnols sont prévenus : ils doivent redoubler les permutations et fluidifier le plus possible les transmissions de balle au milieu de terrain. Les décalages peuvent également venir des quelques percées de Busquets, lequel n'est soumis qu'à une timide pression de l'attaquant de pointe madrilène, à en croire les choix tactiques du Special one. Par ailleurs, une aération du jeu catalan passera également par la capacité d'écarter le bloc du Real Madrid. L'activité de Dani Alves et Adriano sur les ailes conditionnera largement la prestation du Barça, bien qu'elle l'exposera inéluctablement à des périls en défense. La solution vaut toutefois le coup d'être tentée.


Ne pas négliger le jeu dans la profondeur


Villa, ou le pari du jeu en profondeurDans un clasico fermé et condamné à dévoiler aux spectateurs d'interminables séquences de passes latérales et en retrait, seuls les choix dans la profondeur ont su pimenté le jeu catalan. En considérant l'exemple de l'action du pénalty venue d'une balle en profondeur de Busquets, la passe en profondeur d'Iniesta permettant à Messi de se présenter face à Casillas, contourner le double rideau défensif du Real a su porter ses fruits lorsque les blaugranas ont voulu varier leur jeu. D'autant plus que la défense centrale merengue ne respire pas la confiance et la sécurité dans ces conditions. David Villa, malheureux sur quelques contrôles ratés en profondeur, a ici la chance de se racheter dans un terrain qui l'a vu grandir. Toujours à l'affut et véritable machine à appels de balle, el Guaje se mesurera dans cet exercice au Portugais Ricardo Carvalho et à l'Espagnol Sergio Ramos, en supposant que Mourinho reconduira son 'trivote' avec Pepe au milieu de terrain. Et s'il y a bien un exercice qu'un tacticien ne peut pas contrer avec une défense placée relativement haute et un milieu à trois pressant à tout instant, c'est bien le jeu dans la profondeur dans le dos de la défense. Dans cette optique, Pedro peut également user d'appels en trajectoire oblique derrière un Marcelo pas toujours vigilant concernant son placement défensif. Ce duel a également une dimension importante, puisque les deux joueurs peuvent attaquer tout comme défendre dans leur couloir. Un couloir où, le plus efficace dans l'animation offensif et l'apport défensif, entre Pedro et Di Maria, permettra à son équipe de prendre le dessus dans une aile où deux arrières brésiliens ne sont pas exempts de tout reproche dans le repli défensif.


Madrid, entre progrès et incertitudes


Le sentiment d'un nouvel acquis


Si Mourinho a réussi un coup qu'il n'a pas assuré au clasico aller, c'est de neutraliser les Pepe-Messi : le duel à suivretransmissions catalanes au milieu de terrain. De part et d'autre du positionnement axial de Pepe au milieu, Xabi Alonso et Khedira se souciaient principalement de l'activité de Xavi et Iniesta, ne leur laissant que peu d'espaces pour transperser les lignes. Le Portugais, lui, maintenait Messi dans une disposition basse sur le terrain, l'empêchant de se retourner et de se mettre dans le sens du jeu. Pepe-Messi sera donc sans aucun conteste le grand duel à suivre tout au long de cette finale. Celui qui prendra le dessus sur l'autre a de grandes chances de conférer à son équipe des conditions optimales pour chercher le titre de la Copa del Rey. Samedi, Mourinho a réussi, en réglant le replacement de Pepe en milieu défensif, à exercer sur Messi une pression physique qui l'a souvent poussé à partir loin du but balle au pied. De cette manière, le Real Madrid n'a jamais véritablement reculé, bien que les consignes soient avant tout de défendre. 'Los blancos' ont au moins cela de pris, le sentiment d'avoir su neutralisé le meilleur milieu de terrain du monde, un acquis non négligeable pour une équipe qui a sombré face aux mêmes acteurs il y a de cela quelques mois.


Un Real supérieur sur coups de pieds arrêtés...

Madrid ne se contentera pas de défendre dans un match à gagner. "Une finale ne se joue pas, elle se gagne" serait tenté de dire Mourinho...lequel comptera certainement sur un exploit collectif sur coup de pied arrêté. Car le Real a constamment porté un danger sur les cages catalanes dans cet exercice.
Tout d'abord, samedi, le Real par le biais de Cristiano Ronaldo, a marqué son avance sur coup franc direct. Le Portugais, peu en réussite depuis quelques temps dans ses coups de pattes, a su faire sursauter les coeurs des supporters catalans. Un tir cadré, un autre sur le poteau et des situations intéressantes de frappes s'offraient à lui, et seront assurément réitérés dans cette finale de Copa del Rey.
En outre, le Real a surtout exercé une énorme pression sur la défense catalane à chaque corner ou coup franc indirect. Les joueurs de tête, c'est ce qui ne manque pas à l'effectif de José Mourinho, garni par des Sergio Ramos, Carvalho, Ronaldo, Khedira ou encore Adebayor. Les déviations de la tête au deuxième poteau ainsi que les fausses pistes créées dans la surface seront extrêmement importants à surveiller pour la défense blaugrana. De cette manière, des duels entre Puyol et Sergio Ramos ou Piqué et Cristiano Ronaldo sont attendus et pèseront dans la balance.
Piqué-Ronaldo : duel dans les airs attendu

...mais un Real encore fragile

Bien que menaçant la défense blaugrana à dix contre onze, les merengue ne peuvent pas s'en tenir à ce constat pour faire valoir leur supériorité. Face à un Barça leader avec huit points d'avance, le Real a tout de même bataillé à domicile pour arracher un nul aux catalans. Il a parfois fallu d'une accélération de Messi ou d'une passe en profondeur anodine (comme celle qui amène le pénalty et le rouge d'Albiol) pour que toute la défense merengue prenne l'eau en quelques instants. Sans un Villa manquant de justesse technique ou un Pedro en perte de rythme, le Barça aurait pu se mettre dans plusieurs bonnes situations offensives sans avoir eu à véritablement accélérer le rythme ou forcer son impact offensif. Un malaise pour une équipe qui fondera son dispositif tactique sur une rigueur dans le placement défensif. Un malaise pour une équipe de Mourinho, aussi. La défense merengue se devra d'être présente dans l'impact physique, vigilante dans son dos et intelligente pour pousser les blaugranas dans le piège du hors jeu. Aussi, l'équipe de José Mourinho devra varier son jeu et ne pas se résoudre à se contenter de défendre et presser dans les coups de pieds arrêtés. La solution Mesut Ozil sera cette fois-ci importante dans un match qu'il faudra gagner.



En somme, après avoir remis les compteurs à zéro, le clasico de samedi dernier a surtout donné lieu à d'autres perspectives d'analyse en vue des échéances à venir. Par la même, il laisse se profiler une finale alléchante et nous serons présents pour vérifier si elle confirmera ou infirmera nos interrogations.

"Mais avec des si, on ferait du ski au Sénégal", dixit Souley Diawara...place au concret !


Posté par Visca-Barça
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