En Une | Cruyff | mardi 7 avril 2009 à 16:37  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Si j'avais pu choisir, j'aurais préféré que le Bayern se présente à Barcelone après une victoire et non après avoir été humilié. S'il y a bien une chose dont disposent les allemands c'est de fierté. Et ils se présentent aujourd'hui très blessés.

 
À neuf journées de la fin de la Liga personne ne se voit champion et personne ne se voit descendre en seconde division. Aucun des deux clubs de tête ne lâche prise, aucun des clubs en fin de classement ne décroche réellement. Une saison de plus, et nous allons arriver dans sa phase la plus chaude de toutes. De l'Espanyol, qui a enfin gagné à nouveau, jusqu'à Almeria, 11 équipes se tiennent en seulement 9 points. Le championnat ne se résume pas qu’à l’impulsion offerte par la rivalité des leaders Barça-Madrid, il y a autant d’émotion au milieu ainsi qu’en fin de tableau.

Jouer à nouveau pour son club après la trêve internationale coûte toujours. Et ce d’autant plus si tu appartiens aux équipes comptant davantage d’internationaux. J'ai aimé la manière avec laquelle Guardiola a dosé son effectif. Et il lui était égal d'obtenir un autre résultat à Valladolid. Excepté Valdés, trois des quatre défenseurs étaient frais (Puyol, Márquez et Sylvinho). L'exception était Piqué, parce qu'il n’en restait pas d’autre. Une composition également réfléchie au centre du terrain. Tenant compte du nombre de minutes jouées avec leurs sélections, Xavi, Keita et Busquets. En attaque, deux éléments frais (Iniesta et Pedro) et un « increvable » (Eto’o). Et sur le banc, au cas où tu aurais besoin de l’un d’eux, plusieurs des titulaires habituels. Un concept erroné car il n’y a pas d’équipe titulaire. Les rencontres, une fois de plus, ne se disputent pas seulement avec 11 joueurs mais avec 14. Et les saisons deviennent plus ou moins longues non pas en fonction de l'équipe dont tu disposes mais selon la manière avec laquelle tu manies l’effectif. Certains finiront par jouer plus que d’autres, mais la part du mérite revient à tous, joueurs, techniciens et médecins, le principal étant d’assurer un rendement maximal en utilisant le plus grand nombre de footballeurs.

Un calendrier de luxe
Si quelques uns se sont mis à trembler à la vue du calendrier des rencontres qu’il restait à disputer au Barça, moi, je m’en montre fier. Être dans une telle situation est un luxe. Et tu ne vas certainement pas te plaindre d’un luxe. En partant du principe qu’il sera difficilement possible –gardien mis à part—pour un joueur de disputer la totalité des rencontres qu’il reste à disputer, réaliser ses objectifs sera l’affaire de tous. Et quand tous se sentent importants, le rendement du groupe est renforcé.

Certain prétendent que lorsque les choses vont bien elles ne coûtent pas. Ou qu’elles coûtent moins. Dans une dynamique positive comme celle où se trouve le Barça, le calendrier, plus que l’alarmer doit lui donner envie de le jouer. Les trois points obtenus à Valladolid, voici à présent la Champions. Et il aurait mieux valu que les allemands n'encaissent pas un 5-1 avant de visiter le Camp Nou. Quitte à choisir, ce qui n’est pas le cas, j’aurais préféré qu’ils l’emportent. Et quitte à choisir, ce qui n’est pas le cas, que ce le soit de manière injuste. Parce que des victoires injustes il est difficile d’en extraire des conclusions absolues. Par contre, les défaites fermes comme celle subie devant Wolfburg te mettent en alerte. Et ceci te rend alors encore plus compétitif. Quitte à choisir, ce qui n’est pas le cas, il vaut mille fois mieux affronter un rival confiant qu'un rival blessé. Et s’il y a bien une chose dont disposent les allemands, c’est la fierté.

Footballistiquement parlant, Ils sont inférieurs à ceux du Barça, oui. Mais il se peut parfaitement que la qualification se décide à Munich. Et encore ainsi je continue à placer le Barça comme favori. Parce que comme visiteur il peut exactement offrir le même rendement qu’à domicile, et cela est à la portée de très peu d’équipes. Éprouvés et certainement vexés, les allemands feront face. Aussi parce qu'ils ont des arguments collectifs et individuels. Ce qui implique qu’ils se montreront plus ou moins dangereux en fonction du rythme de ballon et de pression auxquels les soumettra le Barça.

Désactiver Ribéry
Nous savons déjà que Ribéry est un très bon joueur. Mais il l'est seulement avec le ballon dans les pieds. Si tu le manies et le prive de ballon, il est inoffensif. Combien de ballons peut toucher en moyenne le français dans une partie ? 30 ? 20 ? Si tu t’arranges pour qu’il n’en touche que 10, tu as déjà réduit son danger de 50%. Et même ainsi tu devras encore et toujours faire preuve de vigilance. C'est pourquoi il est tellement bon. Et même chose pour l’attaque. Avec une différence importante : Luca Toni n'a pas besoin de tant de ballons pour armer la jambe ou la tête ou pour jouer en déviation pour un compagnon de seconde ligne. Avec lui, la question n'est pas tant qui se charge de son marquage, mais faire en sorte qu’il soit le plus souvent éloigné de la surface de réparation.

Des buts brillants
Dans un week-end où nous avons vu des buts brillants dans leur exécution individuelle, il faut se rappeler que le football est à 90% minimum un jeu de position. C'est-à-dire, un jeu collectif. Le but de Grafite, qui a fermé la goleada de Wolfburg contre le Bayern est spectaculaire. Ainsi que celui inscrit hier par l’iranien Masoud (Osasuna) au Calderón qui est une utilisation impeccable des deux pieds. Mais ces buts sont des moins parce qu'ils demandent bien trop d’effort au joueur pour que l’action se termine en but. Par contre, en dominant le jeu de position, tout est plus facile à la fois. Choisir où tu te mets pour recevoir le ballon et où se trouve l’espace pour l’envoyer. Une simple action bien exécutée, comme celle réalisée samedi entre Eto’o et Xavi, te résoud alors un match.

Source: Las claves de Johan Cruyff

Posté par GreGoL
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