Le Barça a commencé 2008 par la résurrection de Thierry Henry. Eto'o absent, Messi, Ronaldinho et Deco blessés, l'avant-centre français a réussi un retour en forme au bon moment, quand Frank Rijkaard en aura le plus besoin : "Titi" est le seul crack de l'équipe entièrement opérationnel à ce moment de la saison, au tout début de l'année lors du duel décisif contre Séville et dans une période où l'équipe ne peut plus céder plus de terrain en Liga.
On en était à 9ème minute de la seconde période de Barcelone-Murcie lorsque le Camp Nou scandait son nom avec envie pour la première fois; c'est là le meilleur signal qu'un joueur est en phase avec l'Estadi, qui le considère comme "l'un des siens". Henry a pu retrouver des sensations qu'il n'avait pas vécu depuis son départ d'Arsenal, puisque les blessures ont bridé son rendement lors des premiers mois en tant que blaugrana . Il s'est de nouveau senti valorisé comme footballeur et acteur de son équipe.

Il ne s'agit pas d'un détail sans importance, car celui qui connaît un minimum sa biographie sait qu'henry ne s'est jamais adapté à la Juventus parce qu'il ne s'y sentait pas considéré, et qu'à Londres, au contraire, il est devenu un supporter de plus des gunners - ce qu'il a expliqué la semaine dernière lors d'une interview sur Sky Sports - car il s'est fondu dans le club à tous les niveaux.
Son compatriote et grand ami, Lilian Thuram, a donné de nombreux détails à ce sujet après la match de samedi. " Je crois que nous avons retrouvé le meilleur Henry, et j'espère qu'il va encore donner plus parce que c'est un joueur très important pour nous". C'est là une des clés car Henry a été le leader du projet d'Arsène Wenger pendant presque dix ans, et qu'il peut difficilement envisager le football sans être un leader dans le vestiaire, selon l'avis de nombreux joueurs qui on partagé le vestiaire avec d'autres footballeurs de la même dimension planétaire. Lilian Thuram lui-même ajoute qu'Henry "aime se sentir important dans l'équipe".
Frank Rijkaard lui non plus ne tarit pas d'éloges sur lui. Il sait à quel point il dépend de lui et il est tout aussi conscient du fait que le joueur a souffert ces derniers mois quand il a avancé son retour sur les terrains, et qu'il a joué en étant touché pour compenser le forfait de ses coéquipiers blessés. "Son match ne me surprend pas car nous connaissons tous ses qualités. Jusqu'à maintenant il a joué avec quelques blessures, mais aujourd'hui il a pu montrer son talent et sa classe", rappelle-t-il.
Frank, il y a quelques mois, avait demandé publiquement que l'équipe profite mieux de ses déplacements et de son intelligence dans ses déplacements. Hier il a mis en avant la générosité de son joueur. "C'était lui le crack sur le terrain. Il a du mérite, et avec un peu de chance il continuera comme ça".
Un autre ressuscité, Eidur Gudjohnsen, qui connaît très bien le Français pour avoir joué contre lui en Premier League avec Chelsea, met en avant le gros match de son coéquipier. "C'est ce que j'ai vu de mieux depuis qu'il est parti d'Angleterre, mais ce n'est pas le meilleur Henry, celui que j'ai vu tout au long de ma carrière parce que là-bas, en Premier League, il était toujours au top". Cependant, il laisse un message d'optimisme en ajoutant que "ce qu'Henry a montré en revanche aujourd'hui (ce samedi), c'est son explosivité et sa capacité à faire la différence, qui le caractérisent".
Guddy a fait le pari qu'Henry peut encore continuer à prendre de l'importance ces prochaines semaines car il continue de soigner sa condition physique. "C'est un des meilleurs footballeurs de ces derniers jours", insiste-t-il.
Gianluca Zambrotta, complice de Gudjohnsen sur le premier but (le centre était l'oeuvre de l'italien), et lui aussi réhabilité depuis son match contre le Real Murcia, a insisté sur l'importance pour le Barça de récupérer d'un seul coup une de ses individualités les plus importantes, comme peut l'être Henry. "Nous sommes heureux car il redevient le meilleur", résumait l'international italien. "Il est très important qu'il soit à un bon niveau". Plus encore si on prend en compte qu'un Thierry affaibli est à créditer à ce moment de la saison de neuf buts et sept passes décisives lors des vingt matchs officiels qu'il a pu disputer. Un bon présage.
Source: Sport.es