En Une | News | mardi 14 juin 2016 à 09:28  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Dans une rencontre qu’elle a longtemps dominée sans jamais concrétiser, la Roja s’est finalement imposée contre une équipe de République Tchèque courageuse mais peu inspirée offensivement (1-0).

Le film du match

Pour le premier match de son équipe dans la compétition, Vicente Del Bosque décidait d’aligner une formation assez similaire à celle qui s’était inclinée face à la Géorgie le 7 juin dernier. Seuls points notables : Alvaro Morara remplaçait Aduriz en pointe, tandis qu’Iniesta et David Silva retrouvaient leur place au milieu de terrain en lieu et place de Thiago Alcantara et Lucas Vazquez. Pour le reste, David De Gea prenait place derrière une défense classique composée par Juanfran, Ramos, Piqué et Jordi Alba. Busquets, Nolito et Fabregas complétaient le onze de départ disposé en 4-3-3. Du côté Tchèque, on pouvait noter la présence de Pert Cech, le gardien d’Arsenal, ainsi que celle de Thomas Rosicky, malgré son absence de temps de jeu cette saison.

Comme on pouvait s’y attendre, l’Espagne posait le pied sur le ballon dès le début du match. Malgré de timides tentatives tchèques, dont un coup franc tiré directement dans le mur, c’est bien la Roja qui mettait en place son traditionnel jeu de possession inspiré du modèle barcelonais. Face à elle, la République Tchèque se montrait volontaire mais trop limitée techniquement pour espérer quelque chose en construisant ses actions. Piqué et Ramos n’hésitaient ainsi pas à avancer avec le ballon au-delà du rond central avant de lancer les milieux de terrain.

La Roja tardait cependant à rentrer dans son match. David Silva, placé sur l’aile droite, revenait souvent au cœur du jeu pour toucher des ballons, Jordi Alba se montrait timide offensivement et Fabregas se perdait au milieu de terrain. Morata, assez isolé en pointe, mettait Cech à contribution avant que l’arbitre n’annule finalement l’action pour hors-jeu. En face, la République Tchèque était peu inspirée offensivement. Contraints d’allonger le plus souvent, les coéquipiers de Thomas Rosicky étaient positionnés en 4-4-2 en phase défensive et évoluaient assez bas, n’inquiétant presque jamais De Gea durant cette première mi-temps. La première grosse occasion était finalement à mettre au profit de Morata après une bonne action côté droit : Juanfran trouvait David Silva dans l’espace qui, du pied droit, centrait pour l’attaquant espagnol qui butait sur Petr Cech. Une première opportunité dans une rencontre qui, jusque là, était loin d’être emballante. Nolito et Morata se cassaient en effet les dents sur la défense adverse et les Espagnols, qui travaillaient sur toute la largeur du terrain, ne parvenaient cependant pas à prendre à défaut la défense Tchèque.

Un joueur commençait cependant à sortir sérieusement du lot. Andrès Iniesta prenait en effet la mesure de la rencontre et, parfois accompagné de Silva, se trouvait à l’origine de toutes les actions dangereuses de son équipe. C’est par exemple lui qui, à la 29ème minute, servait Morata qui croisait trop sa frappe pour la deuxième occasion franche des espagnols C’est aussi lui qui effectuait quelques percées côté gauche afin de déséquilibrer la défense malgré la grosse densité de joueurs Tchèques dans les 30 derniers mètres. Notons également la bonne entente entre lui et Jordi Alba, comme à Barcelone. Le latéral, servi idéalement par son coéquipier en club, frappait mais butait encore sur un Petr Cech ultra décisif. Le gardien évitait aussi le danger quelques temps plus tard sur une frappe de Silva.

Si Iniesta était à la baguette, le reste de l’équipe ne suivait pas et une certaine monotonie s’installait en cette fin de mi-temps. Les Espagnols s’essayaient aux frappes de loin avant de rentrer aux vestiaires : Busquets, Nolito et Iniesta tentaient en effet des frappes en dehors de la surface avant que l’arbitre ne siffle la fin de la première période. L’Espagne se devait de faire mieux pour espérer l’emporter. Si elle bénéficiait sans souci de la possession, la formation ibérique n’apportait pas assez de variation dans ses attaques. Fabregas était transparent au milieu de terrain, laissant à Iniesta la responsabilité de trouver des failles dans la défense adverse, et les deux ailiers (Nolito et David Silva) étaient attirés vers l’axe, délaissant parfois les côtés. La République Tchèque, de son côté, ne s’était montrée que trop rarement dangereuse, excepté lors d’un sauvetage sur sa ligne de Fabregas à l’occasion d’un coup de pied arrêté et d’une frappe directement sur De Gea juste avant le coup de sifflet final.

On pouvait raisonnablement s’attendre à une sortie du numéro 10 espagnol au retour des vestiaires, d’un repositionnement de David Silva au poste de relayeur et de l’entrée d’un vrai ailier sur le côté droit. C’est pourtant avec les onze mêmes hommes que l’Espagne reprenait les débats. Le stade s’enflammait cependant dès la reprise avec un poteau en faveur des espagnols, avant que Nolito et Ramos ne manquent de marquer. Revenus des vestiaires avec de meilleures intentions, les Espagnols mettaient une énorme pression sur le but de Petr Cech. Les récupérations étaient plus rapides, les attaques plus tranchantes, et les côtés mieux exploités. Jordi Alba évoluait désormais en ailier et l’un de ses centres, juste devant le but, aurait pu s’avérer décisif si un coéquipier avait coupé la trajectoire.

Acculée dans son but, la République Tchèque ne parvenait plus à respirer. Les coups de pied arrêtés parvenaient cependant à les faire sortir de leur camp et même, parfois, à inquiéter la défense espagnole. C’est d’ailleurs sur l’un d’eux que Hubnic, le défenseur central qui se trouvait à la réception d’un coup franc, manquait de peu d’ouvrir le score contre cours du jeu. Mis à part ces quelques incursions, c’était bien l’Espagne qui continuait d’attaquer. Iniesta offrait désormais un véritable récital, Aduriz et Thiago Alcantara entraient à la place de Morata et Fabregas, la déception de la journée, David Silva se créait un espace à l’entrée de la surface Tchèque avant d’enrouler une frappe juste à côté, Thiago était trouvé à l’intérieur de la surface mais était repris in extremis par Krejci, auteur d’un excellent retour… On se dirigeait ainsi vers un match nul malgré une attaque-défense de plus en plus franche. Ce fut finalement Piqué qui délivrait les siens à quelques minutes de la fin du match. Iniesta effectuait un énième centre dans la surface et le défenseur catalan catapultait le ballon au fond des filets d’un Cech cette fois-ci impuissant.

La République Tchèque sortait logiquement de son but et manquait de peu d’égaliser à la toute fin du match. Darida était trouvé en retrait dans la surface et, complètement seul, envoyait une frappe de la dernière chance qui fut cependant contrée par De Gea. Grâce à cet arrêt, l’Espagne s’assurait la victoire mais devra cependant montrer autre chose pour espérer une victoire finale dans cet Euro. Un tel résultat passera d’ailleurs par un très grand Iniesta.

Le bilan des Blaugranas

Piqué a tout d’abord été concentré défensivement et s’est attaché à initier les offensives de son équipe en montant balle au pied. Il a par la suite inscrit le seul but de la rencontre de la tête. Un match plein. Jordi Alba, discret en début de match, s’est ensuite montré plus offensif et a contribué à la domination sans partage des Espagnols dans le jeu, notamment en seconde mi-temps, en écartant la défense adverse, en effectuant des appels et en combinant sur son côté. Busquets, sobre et efficace, n'a pas eu de mal à remplir son rôle de sentinelle et s’est souvent placé près de ses centraux pour permettre aux latéraux (Alba, Juanfran) de monter. Enfin, Iniesta a clairement été l’homme du match. Contrôles orientés, feintes, passes, dribbles, le numéro 6 a écœuré les Tchèques. S’il n’a pas marqué, il a assurément été le meilleur espagnol aujourd’hui.


Posté par Senox10
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