En Une | Liga | mardi 1 septembre 2009 à 01:06  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Barcelone s'est imposé trois buts à zéro pour ses débuts en championnat. Une victoire obtenue grâce à trois buts de la tête de Bojan Krkic, Keita, et Ibrahimovic.

 

 

 Pour la première fois depuis 2002, Barcelone avait l'opportunité de débuter la Liga à domicile, faisant suite à six saisons consécutives où les Blaugranas s'étaient déplacés pour entamer le championnat. C'est donc au Camp Nou que les « quintuples champions » de l'année 2009 faisaient leur grand retour dans la compétition la plus importante de la saison, en termes de nombre de matchs à jouer. Le premier épisode de cette série de 38 volumes devait démarrer sans les deux joueurs les plus renversants de l'équipe : Messi avait demandé à être préservé en vu d'un match important avec son équipe nationale, et Iniesta était encore jugé trop juste pour être aligné d'entrée. A ces deux absences s'ajoutaient celles de Rafael Márquez, écarté pour les mêmes raisons qu'Iniesta, et du nouveau venu Chygrynskiy, à peine débarqué à Barcelone.

 

Pep Guardiola choisissait donc son onze titulaire en conséquence. Victor Valdés était fidèle au poste. Daniel Alvés, Gerard Piqué, Carles Puyol, et Maxwell complétaient la défense. Au milieu, Sergio Busquets tenait le poste de pivot, accompagné de Xavi et de Seydou Keita, respectivemment à sa droite et à sa gauche. Devant ces trois hommes, le technicien catalan faisait confiance à Bojan Krkic, Zlatan Ibrahimovic, et à Pedro, le héros de Monaco. Eric Abidal, Yaya Touré, et Thierry Henry, habituels titulaires, était donc sur le banc.

 

L'adversaire du soir était le Sporting Gijón, promu l'an passé, et qui avait réussi à se maintenir dans cette Liga. Les catalans avaient dominé les asturiens par six buts à un à l'extérieur, et trois buts à un à domicile, de quoi être optimiste quant à l'issue de ce match.

 

Pep Guardiola

 

Les faits et le jeu

Devant son public, Barcelone ne perdait pas ses bonnes habitudes et monopolisait logiquement le cuir, limitant les touches de balle et cherchant les deux joueurs sur les extérieurs, Pedro et Bojan Krkic. Le premier était positionné à droite, le second à gauche. Mais c'est Ibrahimovic qui avait le premier une opportunité pour ouvrir le score. Bien lancé dans le dos des défenseurs par Pedro, il manquait malheureusement son tir du pied gauche, le ballon allant s'échouer vers la ligne de touche. Pedro récidivait quelques instants plus tard, mais cette fois c'est Bojan qui était lancé, mais le ballon était trop profond et Juan Pablo s'en emparait. Côté asturien, les milieux offensifs étaient asphyxiés par la présence de Sergio Busquets et Seydou Keita, et ne parvenaient pas à s'approcher du but, si ce n'est à la dixième minute où la défense de Barcelone était surprise par un ballon plein axe, mais le tir de Diego Castro passait au dessus. Un fait de jeu assez rare pour être souligné se déroulait à la treizième minute : Victor Valdés, sorti de sa surface pour intercepter un ballon, faisait faute tel un défenseur vers la ligne de touche. Le coup-franc ne donnait rien mais le Sporting prenait confiance et tentait sa chance avec moins de retenue. Il n'en fallait pas plus pour que les catalans relèvent la tête et repartent à l'assaut. Xavi éliminait son adversaire direct par un subtil petit pont, et obtenait un coup-franc dangereux dans la foulée. Ce même coup-franc était transformé rapidement en corner. C'était l'occasion rêvée pour marquer un premier but dans ce championnat. Il fut l'œuvre de Bojan Krkic, pour un remake étrangement similaire au but inscrit par Henry contre Lyon à Gerland la saison dernière. Le corner de Xavi trouvait la tête de Keita qui prolongeait le ballon au second poteau pour le jeune attaquant qui avait le privilège d'inscrire le premier but en championnat de son équipe. Le Sporting était alors dans l'obligation de réagir.

.

Ce n'est que sur corner que les visiteurs pouvaient réellement amener le danger, mais ce n'était pas suffisant pour tromper la vigilance de leurs adversaires. Toutefois, à la 24ème minute, le danger devenait plus sérieux, et Gijón n'était pas loin d'égaliser suite à une série de plusieurs tentatives. Globalement, Barcelone se montrait cependant assez serein et à chaque possession de balle, le bloc équipe était positionné très haut et empêchait une sortie correcte du ballon des adversaires, pourtant téméraires. Dans le jeu, le nouveau visage offensif de l'équipe, Ibrahimovic, était difficilement trouvable, Pedro et Bojan Krkic se montraient les plus participatifs devant. Le suédois était toutefois impliqué dans une occasion intéressante, mais son centre, du côté gauche, trouvait le gardien adverse. Un autre ancien interiste faisait parler de lui. Maxwell, côté droit, voulait redonner tranquillement un ballon défensif à Victor Valdés, mais n'était pas loin d'offrir une passe de but à un adversaire. Heureusement, le portier catalan se montrait plus rapide et sortait le ballon. Côté offensif, le jeu était organisé dans l'axe jusqu'aux 20 derniers mètres où on cherchait ensuite les coureurs Alvés et Pedro. Barcelone cherchait à doubler la mise avant la mi-temps, mais ni Keita de la tête, ni Ibrahimovic servi par un ballon de Xavi, et qui cadrait sa tentative, ne se montraient efficaces. Bojan Krkic les imitait quand, côté gauche, il choisissait la solution personnelle au lieu de décaler Maxwell et, malgré une bonne incursion, ne pouvait trouver le cadre du gauche. Barcelone s'en remettait alors au talent de Daniel Alvés. Le brésilien, extraordinaire de réussite l'an dernier sur ses centres décisifs, ne perdait pas ses bonnes habitudes et déposait le ballon sur la tête de Keita qui ne demandait que cela pour marquer le second but. 2-0 à la 43ème minute. La connexion Alvés - Keita avait déjà été efficace la saison dernière, le malien se montrant particulièrement inspiré en plongeant au deuxième poteau sur la gauche et en receptionnant les centres côté droit. Le filon était une nouvelle fois exploité et Keita inscrivait un but qui était le bienvenu juste avant la pause. Malgré quelques tentatives infructueuses en toute fin de première période, le score en restait là et l'avantage était très confortable pour l'équipe de Guardiola, qui sortait d'une première moitié correcte, tant au niveau du nombre d'opportunités, que de la maîtrise du ballon et de l'adversaire, mais qui globalement n'avait pas encore montré son meilleur visage, loin de là, la faute à diverses approximations et à des choix pas toujours judicieux.

Carles Puyol

De retour sur la pelouse, les Barcelonais continuaient selon le même rythme, et ne se contentaient bien sûr pas de ce résultat. Fidèles à leurs principes, ils tentaient d'assommer définitivemment leurs adversaires, mais Ibrahimovic frappait trop mollement le ballon, et quelques instants plus tard, Maxwell centrait très fort devant le but sans qu'un catalan ne puisse réceptionner le cuir. De l'autre côté, personne n'avait abdiqué, surtout pas Diego Castro qui tentait de tromper, sans succès, un Valdés très efficace. Le temps d'une action, Gijón jouait à douze puisque, sur un contre de Barcelone, l'arbitre rendait le ballon aux asturiens sur une belle passe courte qui n'était pas bonifiée par ses "coéquipiers". Barcelone repartait alors de plus belle, et profitait du pressing par toujours suffisamment volontaire des adversaires, pour tenter de marquer le but du 3-0. Bojan Krkic n'en était pas loin, quand, décalé côté gauche, il frappait lourdement, mais son ballon était dévié par les défenseurs. A la 59ème minute, Guardiola décidait d'opérer son premier changement en faisant entrer Abidal à la place de Maxwell, visiblement touché. Cela n'empêchait pas le Sporting de continuer à essayer de profiter au maximum des rares opportunités, mais Valdés veillait une nouvelle fois à laisser sa cage inviolée.

 

Le Barça essayait alors de rentabiliser au maximum la qualité de centres de Daniel Alvés, le brésilien s'essayant plusieurs fois de suite dans ce registre. Mais c'est sur corner que la véritable occasion survint, encore par Keita de la tête, un ballon qui venait mourir sur le montant de Juan Pablo. Bojan Krkic n'était pas plus heureux quand, lancé côté droit, il frappait fort au dessus. Le jeu allait alors se dérouler quasimment entièrement dans le camp des visiteurs, qui éprouvaient de réelles difficultés à relancer le jeu et à se sortir de la toile barcelonaise. Ils concédaient même une nouvelle occasion, toujours par Keita de la tête, après un coup-franc de Xavi, de plus en plus en vue après une première moitié de match discrète. C'est encore sur une tête que Barcelone manquait d'inscrire un nouveau but, cette fois-ci par Ibrahimovic, qui ne pouvait tromper Juan Pablo malgré un ballon cadré. Le match changeait alors de rythme et devenait plus terne, Barcelone développant un jeu moins vertical et Gijón semblant croire de moins en moins à ses chances de créer l'exploit. Guardiola en profitait alors pour offrir du temps de jeu à Jeffren et pour sortir Bojan Krkic, touché lui aussi. C'est alors que la rencontre regagna en intensité et, au moment où on ne s'y attendait plus réellement, Ibrahimovic marquait son premier but en tant que Blaugrana, interceptant de la tête un centre de Daniel Alvés, certes légèrement dévié. Un but en forme de libération pour un Ibrahimovic qui a parfois semblé blasé sur la pelouse. Et surtout un but qui a revitalisé le suédois, plus actif en fin de match. Il offrit en effet un bon décalage côté droit à Pedro, ce dernier ne réussissant à le bonifier, avant de se montrer généreux en tentant de servir Xavi dans la surface. C'était le dernier fait marquant de cette rencontre, qui devenait la première victoire de la saison en championnat pour Barcelone, une victoire obtenue grâce à trois buts de la tête, ce qui est assez rare pour être souligné.

 

Un Barça qui s'est montré parfois brouillon et développant un jeu pas toujours très fluide, mais quelques bons mouvements par intermittences. Mais un Barça discret est un Barça qui s'impose trois buts à zéro pour une première journée de championnat, ce qui est tout de même de très bonne augure pour la suite.

 

 

Zlatan


 

Les joueurs


Victor Valdés 7/10 : très bonne prestation, on l'attendait moins sollicité, mais le Sporting a tout même réussi à cadrer quelques frappes, aucune n'inquiétant le gardien catalan.


Daniel Alvés 6,5/10 : bonne activité, il n'a pas rayonné sur le couloir tout au long du match comme il le fait souvent, mais comment ne pas souligner le fait qu'il amène deux buts grâce à deux centres, une nouvelle fois.


Piqué 6/10 : Il a alterné le jeu court et le jeu long, et s'est montré dur sur l'homme.


Puyol 6/10 : Appliqué, il a connu des défis plus relevés. 300ème match réussi avec mention.


Maxwell 5/10 : quelques montées, une passe dangereuse pour Valdés, quelques ballons perdus, c'est ce qu'il y a à retenir d'un match bien moyen de la part du brésilien. Remplacé par Abidal, moins mobile mais davantage présent dans les duels.


Sergio Busquets 5,5/10 : prestation honnête, il a été un point assez fixe (trop ?) et s'est contenté de distribuer, pas toujours proprement, mais parfois de manière intelligente. Bonne entente technique avec Xavi.


Xavi 6/10 : étonnamment discret, on aurait pu penser que sans Iniesta, sans Messi, il serait davantage référentiel dans le jeu. Il a joué sans génie mais aussi sans erreur. Un Xavi discret reste un excellent appui technique pour ses partenaires, et il est monté en puissance en offrant une prestation plus vivante en seconde période, avec de bons décalages.


Keita 7/10 : Un but et une passe décisive, plus un ballon sur le poteau, embellissent une prestation déjà positive au vu de sa présence défensive et de ses choix de jeu plutôt bons. Un poison pour les adversaires dans le jeu aérien.


Pedro 6/10 : une excellente couverture de balle et quelques incursions côté droit, pour un match dans l'ensemble réussi, cela dit on attendait peut-être trop de la part de la "star" de la présaison.


Ibrahimovic 5/10 : il a erré tel un spectre sur le terrain, manquant parfois de compréhension avec ses coéquipiers. Il ne semblait pas toujours connecté à ses partenaires et au déroulement du jeu. Cela dit, il s'est montré altruiste sur des ballons qu'un autre attaquant aurait pu vouloir négocier seul. Ses déviations peuvent être intéressantes. Il a surtout ouvert son compteur de buts avec Barcelone, de la tête, ce qui l'a semble-t-il mis en confiance car il a plus apporté dans les dix dernières minutes que dans les 80 précédentes.


Bojan Krkic 6,5/10 : un bon match qui devrait lui redonner confiance. A l'aise dans ses crochets et ses feintes, buteur, pas toujours heureux dans ses choix mais globalement satisfaisant. À confirmer.

Zlatan


Fiche technique


Barcelone : Valdés, Dani Alvés, Piqué (Fontàs, min.84), Puyol, Maxwell (Abidal, min.58), Sergio Busquets, Xavi, Keita, Pedro, Ibrahimovic et Bojan Krkic (Jeffren, min.80).

Sporting Gijón : Juan Pablo, Sastre, Gregory, Botía, Canella, Míchel, Diego Camacho (Bilic, min.57), Rivera, Diego Castro (José Angel, min.76), De las Cuevas (Maldonado, min.71) et Barral.

Buts : Bojan Krkic (min.17), Keita (min.42), Ibrahimovic (min.82)

Arbitre : Rafael Ramírez Domínguez

.

Images : Sport, Mundo Deportivo, Getty Images.


Posté par Adrien
Article lu 11056 fois