En Une | Champion's League | jeudi 29 avril 2010 à 00:26  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Pas de miracle, pas de remuntada. Barcelone n'ira pas à Madrid malgré une victoire un but à zéro face à l'Inter, intraitable défensivement.

 Piqué, Barcelone 1-0 Inter Avril 2010

Rarement un avant-match avait fait couler autant d'encre. La fameuse remuntada étant attendue par un toute une équipe, toute une nation. Défaits 3-1 à l'aller, les barcelonais avaient l'occasion de combler leur retard dans lantre du Camp Nou, et le moins que l'on pût dire, c'est que cela n'avait rien d'impossible tant les hommes de Guardiola nous avaient habitués à des matchs flamboyant sur ce terrain depuis deux ans.

Quant à l'équipe de Mourinho, elle semblait sûre de ses opportunités et, forte d'une avance de deux buts, elle partait bien sûr favori. Le coach portugais avait d'ailleurs décidé d'aligner le même onze que celui d'il y a une semaine. Pourtant, Pandev, touché, devait laisser sa place à la dernière minute et la céder à Chivu. Julio César, Maicon, Lucio, Samuel, Zanetti, Cambiasso, Motta, Sneijder, Chivu, Eto'o, et Diego Milito étaient ainsi alignés.

La composition de Barcelone était loin d'être aussi évidente : 4-3-3 ou 4-2-3-1 ? Yaya Touré titulaire, ou pas ? Qui à gauche de la défense ? Guardiola optait finalement pour une solution inédite. Maxwell, malgré l'absence d'Abidal, n'était pas titularisé. Piqué et Milito jouaient en défense, accompagnés par un Yaya Touré utilisé dans un rôle hybride de défenseur – milieu, faisant le lien entre les lignes. Xavi, Sergio Busquets, et Keita, jouaient au milieu. Messi et Ibrahimovic étaient chargés de marquer. Daniel Alvés et Pedro, enfin, animaient les couloirs.

Les faits et le jeu

Tifo arcelone 1 - 0 Inter Avril 2010

Dans ce système de jeu peu conventionnel, les joueurs se montraient très mobiles ; il était difficile de distinguer s'il s'agissait d'une consigne où si eux-même ne comprenaient pas leur vrai positionnement. Quoi qu'il en soit, Barcelone tenait logiquement le ballon dès l'entame du match et, tout aussi logiquement, l'Inter tentait d'être bien regroupé dans son camp et d'annihiler les opportunités adverses. Cela fonctionnait : les « italiens » jouaient dur et faisaient un certain nombre de fautes, mais Barcelone ne se procurait pas d'occasion. Thiago Motta écopait d'ailleurs d'un carton jaune rapide, à la dixième minute. Comme un symbole de la lutte épique qui allait s'annoncer, le maillot d'Ibrahimovic se déchirait, comme allait le faire son propriétaire tout au long du match. Messi jouait de manière assez libre et, comme on pouvait s'y attendre, les adversaires essayaient déjà de gagner du temps. L'argentin était marqué de près par un Motta sévère. Quant à la défense, elle était positionnée très haut, peu soucieuse du danger que cela pouvait entraîner étant donné le retard au score sur l'ensemble des deux matchs ; le risque était nécessaire. Pedro faisait vivre le côté gauche, couvert par Keita et Maxwell mais, malgré de bonnes prises de balles, il ne pouvait déséquilibrer la défense. Puis le jeu se recentrait clairement.

 

L'Inter, de son côté, se contentait de rendre les ballons à la défense de Barcelone, confiant en ses capacités défensives, l'objectif était de tenir le score plus que de l'amplifier. Ainsi, Diego Milito se trouvait fort esseulé devant. Julio César continuait de jouer la montre. Barcelone monopolisait le ballon mais ne parvenait toujours pas à percer un dernier rideau très performant. La pieuvre milanaise se saisissait de tous les ballons approchant de ses tentacules. Les catalans insistaient trop dans l'axe, là où étaient regroupés leurs adversaires, et malgré l'activité de Pedro et Daniel Alvés sur les flancs. Ces deux là étaient paradoxalement les plus dangereux, le premier reprenant un centre du second, qui avait déjà amené le danger sur un même centre, pour Ibrahimovic. Comme souvent dans ce type de matchs, le sentiment d'impuissance d'une attaque permanente s'opposait aux frissons ressentis lors des rares incursions adverses. Mais Piqué de chargeait de diriger une défense peu inquiétée finalement. C'est alors qu'allait survenir le premier fait important du match. Lors d'une période un peu tendue (Pedro recevant un carton jaune pour une faute sur Eto'o), Motta était directement expulsé pour avoir claqué Sergio Busquets au visage. Un carton rouge sévère, mais le brésilien avait déjà été averti quelques minutes plus tôt, le résultat eût été le même avec un carton jaune. Vexé, il ne manquait pas de s'en prendre à Sergio Busquets et la tension montait. Les deux hommes les plus détestés de Catalogne (on aura reconnu Mourinho et Figo) allaient également de leurs protestations, de quoi, forcément, exciter un public déjà très chaud.


De retour au jeu, la meilleure occasion catalane était bien sûr signée Messi. D'une excellente frappe à l'entrée de la surface de réparation, dans la position qu'il affectionne le plus, il permettait à Julio César de montrer tout son talent, le brésilien réalisant une parade somptueuse. C'était là un beau gâchis tant les opportunités étaient rare. Les autres joueurs ne semblaient pas pouvoir faire la différence, à part éventuellement Xavi qui couvrait une large zone et dont chaque passe vers l'avant pouvait amener le danger. Un autre carton jaune était donné, cette fois pour Julio César, on l'aurait deviné avant le début du match. Le gardien prenait trop son temps pour dégager. L'expulsion de Motta, milieu central, avait logiquement laissé plus d'espace aux catalans mais, durant cette attaque / défense, ils ne pouvaient réellement amener le danger, si ce n'est peut-être sur un centre de Xavi repris par Daniel Alvés, pour Ibrahimovic qui voyait sa frappe contrée, mais le brésilien avait au départ touché le ballon de la main. Un nouveau carton jaune, pour Chivu, était le dernier événement notable d'un premier acte frustrant.

 

Thiago Motta Barcelone 1 - 0 Inter Avril 2010

Guardiola changeait alors de stratégie et faisait entrer Maxwell à la place de Milito, pour amener plus de percussion au couloir gauche. La possession de balle était impressionnante mais logique, à la pause : 78 % contre 22. Mais le pourcentage de chances de se qualifier, quant à lui, diminuait au contraire au fur et à mesure que le temps passait. Barcelone continuait néanmoins de tenir le ballon, cependant l'Inter pressait davantage les catalans. Et le public continuait de chanter. Commençait alors une passe à dix stérile. Dans ce qui ressemblait à un match de handball, les hommes de Guardiola se maintenaient tous aux abords de la surface, devant une incroyable foule interiste regroupée dans celle-ci, et s'échangeaient les ballons latéralement s'en pouvoir créer de décalage. Les ballons au sol étaient repoussés, les ballons en l'air étaient repoussés, les percées individuelles étaient repoussées. Il était impossible d'entrer dans la surface et d'y avoir une opportunité de marquer. Alors, on pouvait s'y attendre, Daniel Alvés, Yaya Touré, essayaient de frapper à mi distance. Sans succès. La défense piégeait également le brésilien en le mettant systématiquement hors-jeu. Et le temps passait, très vite. Trop vite.


Plus il s'écoulait, plus les espoirs rétrécissaient. Julio César, déjà averti, était à nouveau sermonné par l'arbitre. De nouvelles tentatives de loin ne l'inquiétait pas plus que les précédentes. Tout le match se jouait dans le camp de l'Inter. Guardiola tentait alors un courageux coup de poker : Ibrahimovic laissait sa place à Bojan Krkic et, en même temps, Jeffren remplaçait Sergio Busquets. Cela n'empêchait pas Mourinho de faire son show. Et la défense de l'Inter continuait de facilement intercepter tous les ballons aériens...Le stratège portugais replaçait lui aussi ses pions puisqu'il sortait son maître à jouer Sneijder pour faire rentrer Muntari. Un choix évidemment défensif. À vingt minutes de la fin, le sort semblait scellé. Javier Zanetti réalisait un grand match et il était à chaque fois accompagné par six ou sept joueurs en défense, malgré l'infériorité numérique de l'Inter...


Jeffren apportait un peu de vitesse, mais rien de décisif. Messi était marqué de très près et ne pouvait absolument pas jouer. À dix minutes de la fin, Mourinho effectuait un changement qui symbolisait parfaitement l'état d'esprit de l'Inter sur ce match : Cordoba le défenseur remplaçait Milito, le seul attaquant de pointe. Pourtant, l'éclair semblait enfin illuminer le ciel catalan quand Messi déposait un ballon sur le tête de Bojan, à bout portant...À côté  ! Une cruelle désillusion pour le jeune espagnol. Une désillusion qui faisait très rapidement place à un fort regain d'espoir quand Xavi, aux abords de la surface, lançait intelligemment Piqué lequel réussissait une superbe rotation pour éliminer Cordoba dans la surface et surprendre Julio César, avant de facilement marquer du pied droit ensuite. Un but somptueux et un Barça revitalisé laissaient alors entrevoir de nouvelles perspectives pour cette fin de match. Piqué, en une action, avait fait mieux qu'Ibrahimovic. Mais le sort était cruel...Car l'éclatement que provoquait une frappe dans les buts de Bojan était calmé par la décision de ne pas accorder ce but, Yaya Touré ayant touché le ballon de la main. On en restait à un but à zéro. Xavi, et Messi, de loin inquiétaient Julio César. En vain. Il fallait se rendre à l'évidence, la grande remontée n'allait pas avoir lieu, et le but de Piqué n'était qu'un faux espoir rendant l'élimination encore plus cruelle. Et quand l'arbitre sifflait les derniers coups, les joueurs ne pouvaient que regretter d'avoir perdu un match aller qui a définitivement été la clef de cette double confrontation.


Que retenir de ce match ? L'élimination en premier lieu, forcément. Si elle s'est jouée au match aller, le score pouvait cependant être renversé ce soir, c'était possible. Ensuite, la victoire. Car le Barça a bel et bien gagné ce match. Cela ne change rien concrètement, mais c'est à souligner car ce soir Mourinho a fait le choix de ne pas jouer, ce choix a payé puisqu'il prenait en compte les deux buts d'avance (qui n'ont pas été remontés), mais malgré cette configuration ultra défensive, Barcelone a trouvé l'ouverture et s'est imposé. Un but insuffisant qui témoigne cependant de la capacité de cette équipe à toujours marquer à domicile même avec une montagne devant le but. L'année dernière, le football a gagné, cette année c'est une autre conception du jeu qui est mise en valeur, certains apprécieront la solidité et le courage des défenseurs interistes, d'autres regretteront cette façon d'envisager le jeu, quant à nous, nous féliciterons avant tout l'Inter pour sa qualification et leur souhaitons bonne chance pour la finale.

 

Barcelone 1 - 0 Inter Avril 2010
 

Les joueurs

1 - Victor Valdés 6 : chômage technique.

2 - Daniel Alvés 5,5 : deux bons centres en première période, quelques uns en seconde, mais des ratés aussi. Sinon, à part les centres ?

3 - Gerard Piqué  8 : il avait plus d'envie que tous les autres réunis. Il s'affirme de plus en plus comme un symbole du barcelonisme par son engagement, sa passion, et bien sûr son talent. Qui d'autre que lui pouvait marquer ?

18 - G.Milito  5,5 : plus excentré que d'habitude, il n'a pas fait d'étincelle mais n'a pas commis d'erreur notable. Remplacé par Maxwell, plus offensif.

24 - Yaya Touré  5 : des passes manquées, de la nervosité, malgré un bon volume de jeu. Ce n'est pas sa saison...

16 - Sergio Busquets  5 : il a montré des limites, même s'il n'a pas été mauvais. Rapidement remplacé par Jeffren, qui a joué à gauche.

15 - Keita  4 : un match frustrant, il a manqué de technique et de discernenement. Il avait pourtant montré bien mieux cette saison.

6 - Xavi  7 : une des satisfactions, il n'a jamais perdu espoir et a continué de distribuer les ballons avec lucidité à un moment ou les autres perdaient de leur clairvoyance. Cela a payé avec une belle passe décisive.

10 - Messi  5,5 : il a été complètement marqué et ses percées légendaires n'ont pas fait long feu face à un mur aussi profond.

9 - Ibrahimovic  3 : la grosse déception de la soirée. Sa créativité a disparu, certes il n'a pas eu énormément de bons ballons, mais tout de même, que d'approximations, quel manque de vivacité. Logiquement remplacé par Bojan, qui a manqué une bonne occasion et qui a marqué un but non valable.

17 - Pedro  5 : il n'a pas été le plus décevant, loin de là. Le buteur du match aller a toutefois manqué de solutions, comme ses partenaires, pour destabiliser une défense "hérisson".

Thiago Motta Barcelone 1 - 0 Inter Avril 2010

Fiche technique

Barcelone : Victor Valdés ; Daniel Alvés, Piqué, G.Milito (Maxwell, min.46) ; Yaya Touré, Sergio Busquets (Jeffren, min.63), Keita ; Xavi ; Messi, Ibrahimovic (Bojan, min.63), Pedro.

Inter : Julio Cesar ; Maicon, Lucio, Samuel, Zabetti ; Cambiasso, Motta ; Eto'o (Mariga, min.87), Sneijder (Muntari, min.66), Pandev ; D.Milito (Cordoba, min.81).

Buts : Piqué (min.84)

Arbitre : Frank De Bleeckere.

Pedro, Barcelone 1 - 0 Inter Avril 2010

 

 


Posté par Adrien
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