Array 5) Daniel ALVES : promesses tenues - FC Barcelona Clan

En Une | Dani Alvés | samedi 27 juin 2009 à 04:18  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Troisième plus gros transfert de l'histoire du club, le Brésilien a tenu toutes ses promesses dans son couloir droit. Suite de notre Top 20 basé sur la moyenne des notes attribuées par les rédacteurs du FCB Clan.

Note moyenne : 6,28 

30 millions et des poussières, c’est ce que le Barça a dû débourser l’été dernier pour arracher à Séville son capitaine brésilien Daniel Alves, révélé aux yeux du grand public lors des deux épopées victorieuses du club andalou en C3 (2005-2006 et 2006-2007). Inutile de dire que quand un club met une telle somme pour un défenseur - bien que très offensif - il y a énormément d’attente et de pression. D’autant plus que dans le cas du Barça, les gros chiffres alignés pour attirer de nouvelles recrues sont finalement relativement rares : le plus gros transfert du club s’appelle toujours Overmars (40 millions avec l’argent de la vente record de Figo) et la barre des 30 millions n’a autrement été dépassée que pour Saviola (36 millions).

Alves contre Majorque au Camp Nou

Quand Daniel Alves, débarque au Camp Nou, c’est donc auréolé d’une énorme réputation qu’il se doit d’assumer. Le peuple culé attend monts et merveilles du Brésilien et plus particulièrement de sa connexion avec Messi. Mais il y a toutefois de quoi avoir des doutes car Alves est un défenseur ultra offensif. A Séville, il finissait quasiment toutes les actions ailier droit ou numéro 10. Quid de l’équilibre de l’équipe ? Les Andalous avaient résolu le problème par un coulissage très intelligent des centraux et par des compensations des milieux et notamment de Navas le compère à droite d’Alves. Au fond l’équipe andalouse jouait pour Alves en se pliant tactiquement à son style de jeu. Or cela semble difficile à répéter au Barça. On voit en effet mal Messi et Xavi se sacrifier toute une saison pour combler les trous laissés par le Brésilien. Bref tactiquement cela laisse encore dubitatif.

De fait le début de saison du Brésilien semble donner raison à ceux qui étaient sceptiques. Ses premières sorties sont très moyennes. Mais la mise en marche de la machine collective catalane après le carton contre l’Atletico Madrid va mettre sur orbite le feu follet brésilien. Tactiquement le Brésilien trouve ses marques et arrive à incorporer son style débridé au système catalan. Comment un tel miracle ? La réponse en un mot : pressing. Contrairement à Séville qui avait davantage une approche basée sur la contre-attaque, le Barça de Guardiola revient aux fondamentaux du jeu blaugrana customisé par Cruyff où les attaquants sont les premiers défenseurs et où tout l’équipe doit jouer très haut. De fait personne ne compense vraiment les montées de Alves.

Alves avec Messi contre Malaga

Certes le central droit se retrouve souvent arrière droit, mais c’est un classique du jeu estampillé Barça que de voir les deux centraux écartés au maximum en rasant les lignes de touches. On pourrait rajouter à cela le fait que l’arrière gauche se nomme Abidal, et qu’il est un central de formation, peu porté sur l’offensive. Mais la véritable clé de l’incorporation d’Alves au jeu catalan, c’est que pour que l’adversaire puisse exploiter un trou laissé par le Brésilien, encore faut-il qu’il puisse ressortir le ballon et trouver ses attaquants. Presser dès la perte, dès les abords de la surface adverse, permet ainsi à Alves de goûter à une grande liberté. De plus les montées incessantes de l’ex Sévillan obligent le milieu offensif ou l’ailier adverse à des efforts de replacement constants et peu gratifiants. Un vrai cauchemar.

Après Oleguer et Zambrotta, le Barça retrouve enfin un latéral à l’esprit offensif capable non seulement d’apporter le surnombre comme un Belletti mais également capable de faire le dernier geste que ce soit une passe, un centre ou un tir (5 buts et surtout 11 passes décisives !) chose que le buteur de Saint-Denis était incapable. Son entente avec Messi est diabolique, faisant du couloir droit catalan une arme terrifiante pour les défenses adverses. De plus Alves est un très bon défenseur au volume de jeu hors du commun et qui ne semble jamais connaître la fatigue malgré la multiplication des allers et retours. Certes il est limité dans les airs par sa petite taille et son frêle gabarit, et son placement est parfois laxiste, mais en duel il ne lâche rien. Tout ceci explique pourquoi il a été le joueur le plus utilisé avec Xavi.

Alves buteur contre Gijon

Après avoir suivi une progression très linéaire en terme de performances pour atteindre les sommets en novembre (6,67), et surtout en décembre (7,50) et janvier (7,42). Alves a connu une deuxième partie de saison moins brillante. Après le trou d’air collectif de février, le Brésilien ne relève pas vraiment la tête en mars. Son mois d’avril est bon mais loin de l’excellence affichée à l’hiver. Quant à son mois de mai, il est hélas marqué par son match catastrophique à Stamford Bridge (de loin son plus mauvais) et par sa suspension pour la finale à Rome.

On sent qu’il lui reste encore un pallier à franchir, celui du très haut niveau mondial. Remplaçant de Maicon en sélection, et jusque là peu habitué des joutes de la C1, Alves n’a il est vrai que peu d’expérience des très grands matches. Il commet souvent trop de fautes et n’arrive pas toujours à canaliser sa fougue et son énergie qui peut très vite se transformer en agressivité mal contrôlée. Sans compter certains problèmes de concentration. De plus sa théâtralité exacerbée dès qu’il y a un contact est assez exaspérante et s’avère visiblement contre productive auprès du corps arbitral. Pour continuer la liste des dysfonctionnements, on ajoutera une réussite sur coup franc direct presque lamentable de novembre à avril.

Promesses tenues donc pour le Brésilien, et de l’argent pour une fois bien dépensée par le Barça, mais Alves peut aller encore plus haut.


Ses cinq matches clés :

FCB 5-0 Almeria
FCB 4-0 Valence
Atletico Madrid 1-3 FCB
FCB 5-0 Deportivo La Corogne
FCB 3-1 Gijon

Statistiques (fcbarcelona.cat) :

Liga : 34 matches joués, 3068 minutes (dont 2994 comme titulaire), 5 buts et 7 passes décisives.
C1 : 10 matches joués, 951 minutes (dont 951 comme titulaire), 0 but, 2 passes décisives.
Coupe du Roi : 8 matches joués, 742 minutes (dont 742 comme titulaire), 0 but et 2 passes décisives.

Récapitulatif :

1) Iniesta (6,67)

2) Messi (6,58)

3) Xavi (6,54)

4) Touré (6,31)


Posté par javito
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