En Une | Histoire | samedi 27 février 2010 à 17:44
|
|
Neuvième et avant dernier article de la série consacrée à la décennie du FC Barcelone (2000-2009). 2008 est marquée par la destitution de Frank Rijkaard, la crise institutionnelle sur fond de motion de censure et bien entendu... l'arrivée de Pep dans le rôle du sauveur.
Le Barça, relégué à 7 points après sa déconvenue à domicile face aux merengue doit se ressaisir et n'a plus le droit à l'erreur s'il veut conserver des chances de revenir sur le leader. Le premier match de Liga de l'année 2008 a lieu contre Mallorca à l'extérieur. Les blaugranas empochent les 3 points dans la douleur et sans véritablement convaincre dans le jeu. À Barcelone, la tendance n'est plus vraiment au 'jogo bonito', marque de fabrique. Par les temps qui courent, des victoires minimalistes semblent entièrement satisfaire le public, les joueurs et l'entraîneur. Les déclarations d'Eto'o semblent d'ailleurs être le socle de cette nouvelle philosophie: ''On doit gagner, gagner et gagner, et peut m’importe comment. Il faut y croire parce que les temps où on gagnait facilement sont derrière". Des propos pragmatiques mais qui n'en révèlent pas moins une certaine résignation ainsi qu'un sentiment d'impuissance.
Laissons donc les coulisses et autres rumeurs people pour revenir au principal: le sportif. Les blaugranas sont relégués à 9 points après une énième désillusion face à Bilbao (1-1), Madrid poursuivant sa série de victoires à domicile avec une dixième victoire consécutive au Bernabeu, face à Villareal. Une situation catastrophique qui voit certaines voix s'élèver pour demander que le Barça 'abandonne' officieusement la Liga pour se concentrer sur la Copa et bien entendu la Champion's League, deux compétitions où les blaugranas sont toujours en lice.
À Barcelone, une nouvelle rumeur prend de plus en plus d'ampleur et de crédibilité: on parle de la venue du 'Special One' comme successeur de Frank Rijkaard pour la saison 2008-09. Une rumeur qui déchaîne les passions entre d'un côté les irréductibles du beau jeu, farouchement opposés à la venue d'un technicien connu pour sa discipline défensive de fer, et de l'autre les 'impatients du résultat', qui veulent tout simplement que leur club de coeur renoue avec les trophés, et cela peu importe la manière. La rumeur gagne encore plus en importance lorsqu'on apprend que le Maitre Johan Cruyff, homme de l'ombre de Laporta et connu pour son opposition à la venue de Mourinho, vient de signer un contrat pour devenir le nouveau directeur technique de l'Ajax (il ne partira finalement pas pour cause de mésentente avec Van Basten, futur entraîneur de l'Ajax).
20 Février, un Barça revigoré par ses récentes réussites comptables se déplace à Celtic Park: les blaugranas reviennent d'Écosse avec une victoire étriquée (3-2) mais les satisfactions sont nombreuses, Ronaldinho ayant retrouvé un semblant de forme et le collectif ayant pratiqué un beau jeu, malgré une défense chancelante. En Liga (25ième journée), l'opération remontada se poursuit. Levante visite le Camp Nou et se fait démolir 5-1 par des blaugranas en pleine confiance. L'euphorie semble regagner les troupes barcelonaises, à l'image de cette scène mémorable qui verra Eto'o s'emparer de l'apparail photo d'un journaliste du Mundo Deportivo pour prendre en photo Puyol et Bojan ! À Can Barça, le sourire est donc de retour, d'autant plus que le Barça est toujours invaincu en cette année 2008 apres tout de même 14 rencontres. Madrid, défait par Getafe sur un but gag, voit son avance fondre comme neige: 2 petits points séparent désormais les rivaux historiques.


Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais plus pour très longtemps malheureusement. Ce mois de février presque parfait sera en effet ponctué par une contre performance à domicile en Copa face à Valence (1-1). Le Barça, plein de bonne volonté, ne peut que s'incliner devant la défense de fer de Valence, emmenée par un Hildebrand tout feu tout flammes. Les joueurs de Koeman, totalement inoffensifs devant, marquent sur leur seule véritable occasion. Hold-up presque parfait, presque parce que Xavi redonne des couleurs à son équipe en toute fin de match, son troisième but du mois après ses buts contre Séville et Osasuna !
Le match suivant constituera le début de la fin (en Liga à tout le moins) pour les hommes de Rijkaard. En déplacement au Vicente Calderon, les blaugranas se plantent lamentablement dans ce qui restera une des plus grosses bourdes du technicien hollandais à la tête de Barcelone. Soucieux de préserver la fraîcheur de son effectif en vue de la réception du Celtic 3 jours plus tard, Rijkaard use et abuse de la rotation: Touré est laissé à la maison tandis que Messi débute sur le banc, tout cela agrémenté d'une titularisation dans l'axe de Ronaldinho, encore en convalescence dans le jeu et peu à l'aise dans une position qui bride son potentiel. C'est la déroute totale (2-4). Le Real Madrid, qui a difficilement battu le Recreativo, reprend ses distances avec 5 points d'avance. Tout est à refaire. Au milieu de cette ambiance morose, les catalans se qualifient pour les quarts de finale de la Champions en battant le Celtic (1-0) mais comble de malchance, perdent Messi sur blessure pour un mois et demi. Tristesse et désolation à Barcelone.
Le futur du Barça est plus que jamais incertain et les culés sont loin de se douter que l'avenir de leur club est en train de se jouer au sein des instances dirigeantes du club. La piste Mourinho se refroidit et dans les travées du Camp Nou, on murmure un nouveu nom: Pep Guardiola, légende vivante du club et entraîneur du Barça B. Les culés sont divisés: certes Pep connaît mieux que quiconque le Barça mais n'est-til pas trop inexpérimenté pour prendre en main la destinée d'un club dont le rayonnement mondial est tel qu'il dépasse l'aspect sportif ? Le Barça peut-il se permettre une 3ième saison blanche consécutive (en supposant que le parcours européen prenne fin en demi-finales ou en finale et que le club ne remporte rien sous la houlette de Pep) ?
Les coulisses du Barça, voilà tout ce qui importe en ce moment, tant l'aspect sportif est à la dérive. Dans l'intervalle, les blaugranas sont défaits à domicile par Villareal (se faisant reléguer à 8 points du leader) et piteusement éliminés en Copa lors du match retour par Valence. Au soir de ce 20 mars, une phrase énoncée dans l'après match du FC Barcelona Clan résume parfaitement la situation du moment: ''En course il y a quelques semaines encore dans trois compétitions, le Barça ne semble aujourd'hui pouvoir se raccrocher qu’à la Ligue des Champions. Si le sort lui a réservé, à l’instar de Chelsea, un parcours de coupe UEFA jusqu’à la demi-finale, on se dit qu’il faudra une sacrée métamorphose notamment à l’extérieur pour obtenir un billet jusqu’à Moscou et espérer en ramener la coupe aux grande oreilles''.
Retour au feuilleton Ronaldinho. Le brésilien, auquel on a bien voulu croire à un éventuel retour en février-mars, retombe une fois de plus dans ses travers. Le malade imaginaire, comme certaines mauvaises langues le dénomment, est en plein divorce avec Frank Rijkaard: il n'a de fait pas été convoqué pour les 3 derniers matchs et sa relation avec le club est de plus en plus en danger. Le technicien batave, pourtant réputé pour sa langue de bois, avoue officieusement mais publiquement qu'il existe bien une 'affaire Ronaldinho': ''Des choses se passent en effet dans le vestiaire mais cela reste dans un cercle fermé. En dehors, et principalement en conférence de presse face aux journalistes, mon but est seulement de défendre mes joueurs''.
Les blaugranas reprennent quelques couleurs après une victoire 4-1 face à Valladolid mais retrouvent leur vieux démons immédiatement après en tombant inexplicablement sur la pelouse du Betis (2-3) alors qu'ils menaient 2-0. Furieux, de nombreux supporters se rendent à la Masia pour manifester leur mécontentement. Le Barça est désormais 3ième de la Liga, dépassé par le sous-marin jaune.
La fin de saison approche à grands pas et avec elle s'intensifient les rumeurs de transferts: on ne parle pas ici de joueurs mais bel et bien d'entraîneur. Pep Guardiola, brillant aux commandes du Barça B, est plus que jamais préssenti pour succéder à Rijkaard. Celui-ci peut encore sauver sa tête s'il ramène la Liga ou la Champions. Et c'est bien ce facteur qui fait que l'option Pep plaît: si Rijkaard venait à triompher, Pep resterait au sein du Barça B. En cas d'échec du batave, le légendaire '4' prendrait alors les commandes de l'équipe première. Une disponibilité qui plait aux dirigeants, d'autant plus que Pep est de la maison et connaît parfaitement la philosophie du club. La piste Mourinho semble au contraire de plus en plus froide: le technicien portuguais a besoin d'une réponse au plus tôt et ne peut attendre l'issue de la saison (qui décidera du sort de Rijkaard) pour obtenir une réponse définitive.
Posté par youssef
Article lu 4117 fois