En Une | Histoire | mardi 16 février 2010 à 20:20  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Huitième article de la série consacrée à la décennie du F.C. Barcelone (2000-2009). En 2007, un Barça en fin de cycle ne peut bousculer les plus grosses équipes, et leur fait ainsi don des titres qui lui étaient promis.

Handicapé par les blessures du pichichi Samuel Eto’o et de l’enfant prodigue Lionel Messi, le Barça reste sur une énorme frustration en finale du Mundialito, symbolisée par les larmes du petit supporter Leo Miyagata. Le club a conclu l’année par un match nul à domicile contre l’Atletico Madrid, une équipe qu’il n’a plus battue depuis février 2004 (2 nuls, 3 défaites), ce qui l’a relégué à trois points du leader le F.C. Séville, avec toutefois un match en retard. Le temps est donc plutôt maussade pour le champion d’Europe, qui ne profite pas de la défaite des Andalous face à Saragosse (2-1) lors de la reprise du championnat puisqu’il est de son côté tenu en respect par Getafe (1-1). Le Real Madrid, défait au Riazor pour la quatrième année consécutive (2-0), reste derrière.

 

 

La mauvaise série se prolonge lors du derby Barcelonais (défaite 3-1) mais Javier Saviola, jusque là écarté par son entraîneur et boudé par la direction du club, profite de son entrée pour marquer un but et des points face à son concurrent Islandais Eidur Gudjohnsen qui ne convainc pas dans son rôle de substitut à Samuel Eto’o. Titularisé en huitièmes de finale de coupe du roi face à Alaves, l’Argentin confirme en inscrivant un triplé, rien que ça… Face au Gimnastic Tarragone, il est titulaire pour la deuxième fois de la saison en championnat et montre le chemin à suivre d’une réalisation du gauche à la 18e minute (victoire 3-0). Un Ronaldinho en dilettante mais qui prend bien ses responsabilités devant le but, notamment sur coups de pieds arrêtés, maintient à vie une équipe qui a perdu de son éclat en quelques mois. Heureusement, le Brésilien sera moins esseulé sur le front de l’attaque puisque Lionel Messi et Samuel Eto’o doivent effectuer leur retour. Contre le Racing Santander, alors que Ronaldinho venait d’inscrire son deuxième but de la rencontre, Lionel Messi entre en jeu. Il doit en être de même pour Samuel Eto’o à six minutes de la fin, mais ce dernier refuse d’ôter son survêtement. Une réaction qui est désavouée publiquement par son entraîneur Frank Rijkaard et par le vice-capitaine Ronaldinho. La polémique enfle, et le surlendemain Eto’o, qui n’a pas sa langue dans sa poche, contre-attaque devant les médias l’ayant suivi à Vilafranca del Penedès. Il accuse Frank Rijkaard de s’être comporté comme « une mauvaise personne » et, en visant de manière très claire Ronaldinho, explique que « c’est à lui de penser au groupe. » Eto’o révèle ainsi le malaise qui existe dans le vestiaire, confirmant explicitement que celui-ci est scindé en deux clans. D’un côté les joueurs recrutés par le président Joan Laporta et de l’autre ceux recrutés par l’ancien vice-président Sandro Rosell.

 

 

 

 

 

Malgré une réconciliation de façade à l’entraînement entre Ronaldinho et Eto’o, cette polémique tombe au plus mauvais moment. Après une défaite face à Valence (2-1), les Catalans ratent l’occasion de prendre de l’avance sur le reste des prétendants au titre dans une Liga très disputée. A la 23e journée, ils ont en effet le même nombre de points que le F.C. Séville (46) tout en ayant désormais le même nombre de matchs. Il faut faire preuve de beaucoup plus d’audace en huitièmes de finale de la ligue des champions face au Liverpool F.C., dans un choc qui met aux prises les deux derniers vainqueurs de la compétition. Barcelone fait figure de favori car les Reds sont mal en point en championnat, mais les duels à élimination directe n’effraient pas ces derniers, d’autant que le retour dans leur mythique antre d’Anfield Road a de quoi les transcender. En outre, les hommes de Benitez disposent de onze jours pour préparer le match contre trois pour leurs adversaires, et ils en profitent pour se peaufiner lors d’un stage au Portugal.

Durant ce stage, Greg Bellamy pète les plombs et agresse son co-équipier John Arne Riise à l’aide d’un club de golf. Bizarrement, cela n’affecte aucun des deux hommes puisqu’ils seront les protagonistes décisifs de la rencontre. En effet, malgré une grosse entame de match récompensée par un but de la tête de Deco, suite à un bon travail de Gianluca Zambrotta qui a été titularisé à gauche, Bellamy puis Riise, sur un caviar du premier cité, profitent de très grossières erreurs de Valdes et Marquez pour renverser la vapeur. Le premier but, totalement contre le cours du jeu, est célébré de drôle de manière par l’ailier Gallois puisqu’il mime un drive de golf, une sorte de clin d’œil à ses détracteurs. Un face-à-face très mal négocié par Javier Saviola et un coup-franc excentré de Deco renvoyé par le poteau laissent un goût amer au Barça, qui a quasiment perdu son titre à moins de marquer deux buts à Liverpool. Au lendemain de la rencontre, la déception prévaut mais les blaugranas n’ont pas encore abdiqué, promettant qu’ils feront tout leur possible pour changer leur destin.

 

 

Toutefois, des échéances importantes les attendent d’ici le match retour. En premier lieu le quart de finale retour de coupe du roi face à Saragosse où ils doivent là aussi sortir leurs tripes puisqu’ils ont perdu le match aller à domicile 0-1. Frank Rijkaard innove en remodelant son système de jeu, le sacro-saint 4-3-3 en cours depuis début 2004. Place donc au 3-4-3 qui permet d’aligner ensemble les trois jugones Deco, Xavi et Iniesta devant un milieu défensif. Un système d’inspiration cruyffienne qui déstabilise complètement Victor Fernandez, entraîneur du club aragonais. Grâce à une excellente première mi-temps, le Barça s’impose 1-2, vivant néanmoins une fin de match tendue après la réduction du score de Gerard Piqué, ancien de la Masia prêté par Manchester United.

Avec l’incorporation de Gianluca Zambrotta, auteur d’une saison bien en deçà des expectations, le Barça affronte le F.C. Séville avec un système hybride, entre le 3-4-3 et le 4-3-3. La place de leader ne tranquillise pas Frank Rijkaard qui continue de se livrer à des expérimentations à un moment charnière dans la saison, une victoire contre le F.C. Séville pouvant propulser les catalans à cinq points alors qu’une défaite amènerait leur adversaire du jour à les dépasser. Dans le jargon, on appelle cela un match à six points. Les catalans, qui ont subi une humiliation face aux sévillans en supercoupe d’Europe, prennent le match par le bon bout et Ronaldinho marque de la tête suite à un centre de Zambrotta. On ne le sait pas encore, mais à la 27e minute a lieu un tournant du match et peut-être même du championnat. Après avoir déjà perdu le ballon face à Ronaldinho, Aitor Ocio commet une faute sur le Brésilien en tant que dernier défenseur et son équipe subit la double sentence : pénalty et expulsion. Mais le Ballon d’Or 2005, cherchant à se faire justice lui-même, tire au milieu en force et bute sur Palop, un spécialiste du genre. Au lieu de mener deux à rien, le Barça remotive les Andalous, si bien qu’Alexander Kerzakhov égalise avec beaucoup d’instinct onze minutes plus tard. Le latéral Daniel Alves, que des bruits envoient à Barcelone, ne se fait pas prier pour donner l’avantage à son équipe sur coup-franc (61e). Le Barça est en train de recevoir une leçon de la part de son dauphin en infériorité numérique. Infériorité qui touche à sa fin puisque, immédiatement après le but, Ludovic Giuly se fait expulser de manière très injuste. Le match vire au cauchemar quand Zambrotta l’imite un quart d’heure plus tard. Séville, vainqueur 2-1, est le nouveau leader de la Liga, et Barcelone voit le F.C. Valence et le Real Madrid se profiler dans son rétroviseur, à une semaine d’un clasico de tous les dangers.

Mais avant de disputer le plus attendu des matchs de championnat de la planète, il faut créer l’exploit dans un temple du football, Anfield Road où, dans le tunnel, les joueurs catalans entendent résonner un impressionnant You’ll never walk alone ; hymne auxquels se prêtent également les supporters du Barça, venus en masse encourager les leurs dans une ambiance bon enfant. Le trident R.E.M. (Ronaldinho – Eto’o – Messi) est enfin reconstitué, mais le 3-4-3, si efficace à Saragosse mais si néfaste à Séville, est reconduit. Ca ne paie pas dans une première demi-heure à sens unique, totalement en faveur des joueurs de Liverpool. Deux boulets de canon terribles de John Arne Riise dans les onze premières minutes, dont un sur la transversale, une incroyable quadruple occasion sauvée in extremis par Valdes et Puyol (25e), et une frappe en première intention de quarante mètres de Mohammed Sissoko, après un dégagement en catastrophe du gardien catalan, qui finit aussi sur la transversale, sont toutes autant d’occasions énormes non converties par les Reds. Le Barça rééquilibre les débats, mais un Carragher impérial empêche les attaquants catalans de cadrer toute tentative, et il faudra attendre un coup-franc de Ronaldinho en début de seconde période pour enfin faire chauffer les gants de Pepe Reina, gardien formé par le Barça. On retrouve le Brésilien quelques minutes plus tard quand, suite à une formidable accélération, il trouve le montant gauche de Liverpool. Le Barça est enfin dans le match, mais il lui faut toujours marquer deux buts. Il n’en inscrit finalement qu’un, par Eidur Gudjohnsen tout juste entré en jeu à la place de Lillian Thuram. L’Islandais, habitué aux joutes britanniques, part à la limite du hors-jeu et exploite l’ouverture lumineuse de Xavi. Il dribble Reina et offre au Barça un petit quart d’heure d’espoir, qui ne sera pas mis à profit malgré une occasion de Ronaldinho. Grâce à un grand Valdes qui, si on fait fi de son dégagement au pied précipité de la 32e minute, s’est complètement racheté de sa bourde à l’aller, et à un Gudjohnsen opportuniste, les blaugranas évitent une sortie par la plus petite des portes. Mais ils doivent céder leur titre dès les huitièmes de finale.

 

 

L’heure du clasico a sonné. Un match qui mettra un peu plus en évidence les limites du 3-4-3 qui n’aura donné satisfaction qu’une seule fois, par effet de surprise, et qui sera par la suite abandonné. Mais aussi un match extrêmement plaisant qui confirme le talent hors-norme du jeune Lionel Messi. Trois fois mené au score, le Barça revient toujours grâce à la Pulga. Faisant preuve d’un sang-froid digne d’un vétéran sur les deux premiers buts (une frappe à ras de terre qui prend Casillas à contre-pied et une demi-volée sous la transversale imparable pour les quatre joueurs regroupés devant la ligne de but), l’ailier Argentin arrache un point en or dans le temps additionnel grâce à une action de génie. Le Barça maintient son rival et adversaire direct à cinq points, et comme son voisin du Nastic a créé une énorme surprise le lendemain face à Séville, le voilà à nouveau leader de la Liga. Il peut remercier « Léo » qui, et c’est de moins en moins tabou à Barcelone, s’impose comme le meilleur joueur du club et l’un des meilleurs joueurs du moment en compagnie de Cristiano Ronaldo et Kaká.

 

Alors que son retour sur les terrains combiné à celui d’Eto’o fait du bien au Barça, celui qui est d’ores et déjà comparé à Diego Maradona rappelle qu’il n’est pas qu’un énième faux héritier de plus. En demi-finale aller de la coupe du roi face à Getafe, il signe l’exacte réplique du but le plus apprécié de l’histoire du football. Partant de sa propre moitié de terrain et humiliant quatre joueurs de Getafe, il se permet de dribbler aussi le gardien et de marquer un but venu d’une autre dimension. Auteur d’un autre but fort joli mais totalement éclipsé par le premier, Messi mène les blaugranas à la victoire 5-2. Le Barça a un pied et demi en finale de la coupe, quatre points d’avance sur Séville et cinq sur le Real en championnat. Le doublé est plus que jamais envisageable.

 

 

Mais face à une équipe de Villarreal enfin à la hauteur de son rang de demi-finaliste de la ligue des champions, il trébuche 2-0, ayant toujours autant de mal à imposer son football aux grosses cylindrées du championnat. Heureusement, excepté un déplacement au Vicente Calderon, il n’a au travers de sa route que des matchs largement à sa portée dans le calendrier. Levante et la Real Sociedad s’en rendent compte. La prudence est pourtant de mise car le talent des sévillans et la grinta retrouvée des madrilènes leur laissent peu de jokers à gaspiller.

Peut-être n’ont-ils pas entendu cet avertissement, mais la chute n’est que plus dure pour les blaugranas. D’abord à Getafe où, prenant de haut son adversaire, le Barça est massacré contre toute attente (4-0). Un relâchement impardonnable à une marche de la finale. Parmi les fautes les plus lourdes de l’histoire du club, celle-ci en fait sans doute partie. Et que dire du match face au Betis Séville à domicile ? Menant rapidement au score, le Barça rate moult opportunités de tuer le suspens, et Rafael Sobis refroidit le Camp Nou en toute fin de partie. Deux points jetés par la fenêtre, ce qui contraste totalement avec l’attitude des hommes de Fabio Capello qui ne cessent de retourner les situations les plus compromises en sortant leurs tripes à chaque rencontre. A seulement quatre journées de la fin, le Real Madrid s’empare des rennes du championnat au bénéfice de la différence de buts particulière, par laquelle on tranche en premier lieu en Espagne et ce alors que le Barça a une différence de buts générale bien plus élevée.

Les catalans n’ont donc plus leur destin entre leurs mains, et doivent attendre une contreperformance d’un Real Madrid qui n’en finit plus d’enchaîner les bons résultats si ce n’est une défaite à Santander quelques journées plus tôt. Mais au Vicente Calderon, ils doivent aussi espérer que l’Atletico de Madrid ne fasse pas d’offrandes à leur meilleur ennemi. Les matelassiers, et en particulier leur gardien Pichu, sont ridicules devant leur public, ce qui fait quelque peu jaser du côté de l’autre club madrilène qui a ramené une nouvelle victoire miraculeuse de Huelva (2-3). 36e journée, c’est encore le statu quo (petite revanche du Barça face à Getafe 1-0 et victoire du Real Madrid contre le Deportivo 3-1). 37e journée, c’est la plus belle des chances a priori. Le Real Madrid se déplace à Saragosse, équipe délicate à manœuvrer,  et peut y laisser des plumes. Le Barça doit donc à tout prix remporter le derby barcelonais au Camp Nou et espérer. Dans ce match où l’emblématique Raul Tamudo trouve en premier le chemin des filets (30e), Lionel Messi pousse encore plus loin la comparaison avec Diego Maradona en marquant… d’une main de Dieu juste avant la mi-temps (43e). Mais l’Argentin, très en verve, inscrit aussi un but plus légitime, et le Barça passe devant (56e). Dans l’autre rencontre, les nouvelles sont excellentes. Le Real Madrid est mené 2-1. Il reste deux minutes à jouer dans les deux matchs. Pour le moment le Barça a trois points d’avance sur le Real, et un nul lors du dernier match face au très modeste Nastic lui suffira pour remporter sa troisième Liga d’affilée. Mais l’intenable Ruud Van Nistelrooy marque à Saragosse (2-2 à la 89e). Pratiquement au même moment, 28 secondes plus tard très précisément, Raul Tamudo se joue d’une défense extrêmement passive et abat Victor Valdes d’un tir croisé. C’est le Tamudazo, un coup de tonnerre terrible qui s’abat sur la capitale de la Catalogne. Une poignée de secondes noires où la Liga a complètement changé de main. Car même après avoir pulvérisé un très faible Nastic (1-5), et malgré les bonnes volontés d’une équipe de Majorque qui allait pousser le Real Madrid dans ses derniers retranchements, c’est encore l’esprit de Juanito et le coaching de Capello qui allaient faire la différence, cette fois grâce à José Antonio Reyes, héros du dernier match malgré une saison difficile à titre personnel. El Barça ha regalado la Liga.



Le 18 juin, la Catalogne se réveille avec une énorme gueule de bois. Pour mettre du baume dans le cœur des socios, Joan Laporta et son bras droit Ferran Soriano accélèrent l’opération Thierry Henry. Le Français, très apprécié par le président, aurait déjà dû atterrir à Barcelone 12 mois plus tôt mais, blessé dans son égo par la défaite en finale de la ligue des champions contre… le Barça, il avait contre toute attente décidé de demeurer un Gunner. Le départ forcé du vice-président David Dein et les incertitudes entourant l’avenir d’Arsène Wenger, et surtout une deuxième saison vierge de titres que le natif des Ulis aura passé le plus clair de son temps à l’infirmerie, auront eu raison de ses sentiments. Henry sait qu’il ne gagnera jamais la ligue des champions, seul titre qui lui manque, en restant à Arsenal dont l’effectif a été considérablement rajeuni. Le 22 juin, un accord pour son transfert est trouvé pour 24 millions d’Euros, et trois jours plus tard Henry est présenté devant une foule en délire (30 000 personnes). La presse sportive catalane se délecte. Avec l’arrivée d’un des meilleurs attaquants de la décennie, le Barça présente une attaque de feu : les quatre fantastiques, Ronaldinho, Eto’o, Messi et donc Henry, bientôt devenus six avec l’éclosion des jeunes Giovani Dos Santos et de Bojan Krkic durant la présaison. Néanmoins, des doutes subsistent sur l’état de forme et la future adaptation d’Henry, et tout le monde se demande si Frank Rijkaard peut aligner les quatre attaquants ensemble ou s’il devra en laisser un sur le banc.

 

 

Un casse-tête qui trouve des premiers éléments de réponse lors d’un ennuyeux premier match à Santander. Le 4-3-3 est conservé, avec Henry qui débute remplaçant. Le Français relève ensuite Messi qui semble injustement pâtir de son statut de plus jeune fantastique, puis se crée la plus belle occasion du match mais son tir heurte le poteau (0-0). Ce Barça n’est pas fantastique du tout, comme le confirme « Titi » en conférence de presse, mais peut-être qu’avec le temps… Le trophée Joan Gamper face aux réservistes de l’Inter Milan est une ballade, mais le drame se produit pour Samuel Eto’o qui se blesse sur un de ses premiers ballons. C’est la deuxième lésion majeure pour le Camerounais en moins d’un an, à chaque fois juste avant d’accueillir Bilbao en championnat. De quoi simplifier le casse-tête de Rijkaard mais pas vraiment de quoi le réjouir, d’autant qu’Henry est loin d’être au top de sa préparation physique.

Le Français montre cependant un visage correct face à un Athletic Bilbao qui n’est aidé ni par la qualité de ses joueurs ni par celle de l’arbitrage. Henry provoque un penalty et trouve un nouveau montant. Le Barça s’impose 3-1 grâce à un Ronaldinho plus létal que jamais sur coups de pieds arrêtés et à la bonne incorporation de deux des trois autres nouvelles recrues, Yaya Touré et Eric Abidal qui apportent la densité physique qui faisait défaut à l’équipe. La dernière recrue, Gabriel Milito, n’entre qu’en fin de rencontre puisqu’il n’a pas encore toutes ses jamabes. A noter que l’Argentin aurait dû signer au Real Madrid quatre années plus tôt avant d’avoir été recalé à la visite médicale pour un genou qui présente des risques de blessure.

A Osasuna, le Barça confirme ses difficultés hors de ses bases, et seul un geste de freestyleur très chanceux de Bojan Krkic est venu égayer une rencontre quasi-identique à celle de Santander (0-0). Retrouvant le Camp Nou, à l’honneur sur le maillot pour ses 50 ans à l’heure ou le projet de rénovation du stade de Norman Foster est sur le point d’être révélé, le Barça dérouille Lyon en ligue des champions grâce à un grand Lionel Messi. Henry marque son premier but officiel en fin de match, un soulagement. On retrouve la paire Messi – Henry face au F.C. Séville puisque le premier marque sur une passe très appuyée du second. Pour autant, il n’y a pas de comparaison possible entre les deux. Il n’y a qu’un fantastique en ce moment au Barça, et il est Argentin. Henry n’est toutefois pas verni car, depuis le début de la saison, il a trouvé le poteau droit, le poteau gauche et la transversale. Beaucoup plus en réussite face au très faible Levante, il s’offre un coup du chapeau en trente minutes (1-4) et beaucoup de répit, d’autant qu’il traverse des moments difficiles sur le plan personnel.

 



Au fil des matchs, les autres cadres Deco et Ronaldinho apparaissent de plus en plus dispensables dans le dispositif. Avec une hygiène de vie de plus en plus contestée, ils s’éloignent petit à petit du groupe professionnel. Un groupe en fin de cycle, qui se périclite, à l’image de la montée au créneau de José Edmilson qui dénonce l’existence d’ovejas negras (brebis galeuses). Une attaque destinée, on le comprend aisément, à son compatriote Ronaldinho dont le train de vie est contraire à l’éthique d’un joueur professionnel. Cette fois l’origine de l’attaque vient du camp Sud-américain même, et cela inquiète d’autant plus le club que Messi est un ami intime de Ronaldinho.

 

 

La Pulga ne se fait guère de tracas et continue de rayonner, s’imposant comme le meilleur joueur du monde depuis la rentrée. Mais trop seul devant car Henry confirme ses difficultés à s’imposer dans l’axe, et malgré les fulgurances prometteuses de Bojan, l’Argentin voit son équipe perdre des points par-ci par-là. Nettement dominé à Villarreal (3-1), le club sombre à Getafe (2-0). Un non-match total contre une équipe qui commence à récupérer l’étiquette de bête noire des deux géants du football Espagnol.

L’autre géant, le Real Madrid, mène le championnat à un rythme élevé. Ruud Van Nistelrooy devant et Iker Casillas derrière assurent très souvent l’essentiel, et Robinho montre enfin ce pour quoi il a été recruté. Pour le dernier match de l’année, le « match du siècle », le Barça a l’occasion de réduire l’écart à un point. Samuel Eto’o est de retour sur le terrain, et Ronaldinho souhaite profiter de l’absence d’Henry et de Messi pour se racheter. Deco est également titularisé par la force des choses. Mais le Barça manque d’idées, et alors que Ronaldinho venait de manquer l’occasion de relancer la Liga, Julio Baptista s’appuie sur Ruud Van Nistelrooy puis fusille Victor Valdes d’un extérieur en lucarne. Le Real l’emporte 0-1, et accroît son avance à sept points, de quoi passer les fêtes au chaud. Le Barça, méconnaissable pendant toute l’année, s’enfonce dans la crise.

 


Posté par Kill Duckadam
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