Chronique | Histoire | lundi 8 février 2010 à 20:40  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Sixième article de la série consacrée à la décennie du F.C. Barcelone (2000-2009). Une entame de match terrible à Stamford Bridge a constitué la seule fausse note pour l'une des plus belles équipes de l'histoire du club.

 

Porté aux nues par la majorité des observateurs du ballon rond, le F.C. Barcelone 2004-2005 semble irrésistible. La passation de pouvoir en Espagne s’est opérée, comme en témoigne la leçon de football donnée au Real Madrid en novembre. Au début de l’année 2005, le Barça, solide leader du championnat, a relégué son grand rival à treize points et son premier poursuivant le F.C. Valence à dix. Les merengues comptent cependant un match en moins, ou plutôt six minutes puisque, suite à l’évacuation du stade Santiago Bernabeu après une alerte à la bombe, leur rencontre contre la Real Sociedad a été interrompue à 1-1. Les bribes restantes du match (deux minutes de temps réglementaire et quatre additionnelles) sont rejouées le 5 janvier. Le miracle se produit puisque, sous l’impulsion de son nouvel entraîneur l’ancien sélectionneur Brésilien Vanderlei Luxemburgo, le Real parvient à trouver la faille sur un penalty de Zinedine Zidane consécutif à une faute sur Ronaldo. Les madrilènes ne sont pas encore morts, mais le Barça dort tout de même sur un matelas confortable avant de se déplacer au Madrigal de Villarreal.

Mais les catalans sont submergés face au Yellow submarine. Mis à mal par la vitesse de circulation de balle des joueurs de Manuel Pellegrini, le Barça peut difficilement  faire pire pour un match de reprise (3-0). Diego Forlan, après une expérience malheureuse à Manchester, confirme enfin sa réputation de tueur en trompant Victor Valdes par deux fois, ce qui lui permet de s’installer dans le trio de tête du classement des buteurs. Cette deuxième défaite en dix-sept sorties est une aubaine pour le Real Madrid et le F.C. Valence qui réduisent l’écart à sept points. Le Barça se ressaisit avec trois victoires de rang. La première est obtenue difficilement face à la Real Sociedad grâce à un but de Samuel Eto’o. Le Camerounais ouvre également la marque contre un Racing Santander en difficulté, avant d’être imité par Ronaldinho (74e) et Deco (78e). Les trois hommes sont à gratifier d’une excellente saison, d’autant que grâce à ses deux nouveaux coéquipiers Ronaldinho est délesté de certaines tâches défensives qu’il n’affectionne guère. Il doit cependant se montrer plus généreux lors de la troisième victoire de rang sur le très difficile terrain du F.C. Séville, obtenue grâce à une réussite maximale à l’image du but contre son camp de la Bestia Julio Baptista qui a définitivement fait pencher la balance en faveur des Barcelonais. Le score (0-4) ne reflète pas la physionomie d’un match où les Andalous prirent beaucoup d’initiatives.

 

Alors que le mois de janvier touche à sa fin, des premiers doutes sont apparus. Dans la première partie de la saison, le Barça avait été amputé de quatre joueurs pour de très longues durées. Cela l'avait d’abord empêché de devancer le Milan A.C. lors de leur première phase de poules de la ligue des champions. En conséquence, le Barça a tiré en huitièmes de finale le club qui ne cesse de grimper au niveau européen, le F.C. Chelsea du fantasque José Mourinho, les Blues ayant l’avantage de recevoir au match retour. Pour couronner le tout, Barcelone a dû faire face à de nombreuses indisponibilités de courte ou moyenne durée. Afin de combler un effectif jugé trop court pour affronter avec sérénité les échéances à venir, Frank Rijkaard demande du renfort. Il obtient d’abord le prêt de son ancien co-équipier Demetrio Albertini qui gambergeait à l’Atalanta Bergame, dernier de Serie A, et dont l’expérience pourrait être utile au milieu du terrain ou dans les vestiaires. D’ailleurs, le vétéran Italien marque des points quelques jours seulement après son arrivée, ayant disputé toute la seconde période au Sanchez-Pijuan, celle qui a vu le Barça inscrire les quatre buts après avoir vécu une première période très délicate. Le jeune avant-centre Argentin Maxi Lopez, acheté 6,2 millions d’Euros à River Plate, est le deuxième transfert du mercato hivernal, mais sera-t-il rapidement opérationnel ?

 

 



La question mérite de se poser, d’autant que sans lui les catalans subissent une troisième défaite de la saison, la première à domicile. Gênés par la vivacité du Niño Fernando Torres, ils s’inclinent en effet 0-2 face à l’Atletico de Madrid. Dans le chassé-croisé entre les clubs des deux plus grandes villes espagnoles, le Real fait une excellente opération en corrigeant l’Espanyol, pourtant 4e du championnat (4-0). Les madrilènes creusent l’écart par rapport au F.C. Valence, et se retrouvent dans le rétroviseur barcelonais. Neuf points de remontés en seulement un mois, et le championnat est totalement relancé. Mais le Barça ne craque pas sous la pression, remportant une victoire à la Romareda de Saragosse sur un score sans appel (1-4). Samuel Eto’o est victime de cris racistes dans ce match, mais s’en amuse presque après qu’il ait marqué le troisième but, mimant un singe en guise de réponse. « Les supporters ont payé leur place pour voir un singe, donc je fais une danse de singe puisque c'est ce qu'ils sont venus voir », se justifie le plus sérieux prétendant au titre de pichichi, ayant maintenant porté son compteur à 17 réalisations. Eto’o continue d’être décisif en ce début d’année en ouvrant le score face au club de son cœur, le Real Majorque (2-0). De quoi se rassurer avant une double confrontation face à Chelsea qui met aux prises deux des collectifs les plus impressionnants d’Europe.

Dans la première demi-heure de jeu, un Ronaldinho en verve sème le trouble dans la défense des Blues pourtant compacte, mais aussi bien ses tentatives que celle d’Eto’o ne sont pas cadrées. Contre le cours du jeu, Damien Duff hérite d’un long ballon sur le côté droit et son centre au deuxième poteau est dévié par Belletti dans ses propres filets (33e). Un premier coup du sort qui sera contrebalancé par un autre. A la 56e minute, Didier Drogba, pièce maîtresse du dispositif de Mourinho et qui revient d’une blessure qui l’a éloigné des terrains pendant un mois, écope d’un second carton jaune après avoir une intervention illicite face à Victor Valdes. L’arbitre Suédois Anders Frisk n’y est pas allé de main morte car l’attaquant Ivoirien semble plus avoir été emporté par son élan que par de la méchanceté. Profitant de la supériorité numérique des siens, Frank Rijkaard fait rentrer ses deux nouvelles recrues Albertini et surtout Maxi Lopez qui connaît son heure de gloire. Buteur sur l’un de ses premiers ballons après d’excellents relais de Ronaldinho et Eto’o (67e), il enfonce le clou avec un tir à raz-de-terre dévié victorieusement par son compère Camerounais (73e). La fin du match est un cavalier seul, mais Terry et Cech empêche les leurs d’être enterrés dès la première manche. Le Barça s’impose donc 2-1, ce qui lui confère un très léger avantage en vue du match retour. Néanmoins, la satisfaction est gâchée par les allégations de José Mourinho pour qui Frank Rijkaard aurait influencé Anders Frisk dans son jugement en ayant été lui parler à la pause. L’affaire prend des proportions énormes, et le Suédois est envahi de lettres de menaces qui le contraignent à se retirer du monde du football. Quelques mois après Urs Meier, l’Europe perd un autre de ses meilleurs sifflets pour les mêmes causes, les mêmes effets et les mêmes acteurs : tabloïds et supporters anglais.

 

 



Pendant que la polémique enfle, le Barça laisse quelques plumes en championnat. Sur un terrain gelé, il ne peut faire mieux qu’un match nul à Numancia (1-1). La lanterne rouge lui avait déjà posé des problèmes lors d’une confrontation début octobre. Lors du derby contre l’Espanyol, les Catalans butent sur un Carlos Kameni énorme, et le match ne trouve pas non plus de vainqueur (0-0). Le Barça ne prend que deux points en deux journées, mais le Real fait à peine mieux puisqu’il perd sur le terrain du Deportivo La Corogne (2-0), perpétuant ainsi la malédiction du Riazor. A Osasuna, le Barça souffre dans un match musclé, mais Eto’o est une nouvelle fois déterminant. Les Catalans prennent une option très sérieuse sur le titre car le Real Madrid et Valence se neutralisent (1-1), mais l’heure n’est pas à la fête car l’équipe perd Rafael Marquez sur blessure. Le Mexicain, devenu indispensable dans un poste de milieu défensif qui n’est pourtant pas le sien, manquera le match retour contre Chelsea.

Déjà privé de Motta, Edmilson et Gabri, Rijkaard se voit obligé de bricoler un milieu de terrain pour la rencontre la plus importante de la saison. Gerard Lopez est préféré à Demetrio Albertini qui, dès le match aller, a montré qu’il n’avait plus les jambes pour supporter le défi physique des londoniens. Autre nouveauté dans le onze, Andres Iniesta est aligné d’entrée en tant qu’ailier droit à la place d’un Ludovic Giuly en panne d’efficacité, et ce alors que le manchego avait pris l’habitude de relayer de manière presque systématique le Français aux environs de l’heure de jeu. La sauce ne prend pas d’entrée puisque le Barça, catastrophique aussi bien dans la relance que dans les phases défensives, est pilonné par les contres de Chelsea. Duff, Cole, Kezman, Gudjohnsen, Lampard, tous les joueurs à vocation offensive prennent part activement à ce qui ressemble à une déculotté : au bout de 18 minutes de jeu, les Blues mènent déjà 3-0. Trop incisifs, trop puissants, trop directs pour leurs adversaires, ils ont une marge de deux buts sur l’ensemble des matchs. Une marge qui se réduit une première fois lorsque le bras de Paulo Ferreira repousse un centre de Juliano Belletti dans la surface. Ronaldinho se charge de transformer le penalty (27e). Onze minutes plus tard, le Brésilien inscrit un but d’anthologie. Après une double feinte de corps face à Ricardo Carvalho, il expédie le ballon dans les filets de Cech d’un improbable pointu sans élan qui donne au cuir une trajectoire sensationnelle, lui permettant de se frayer un passage dans une forêt de jambes bleues. Le Barça repasse devant sur les deux rencontres grâce à son maître à jouer. La suite sera de la même intensité, exceptionnelle, mais la réussite se dérobe aussi bien du côté de Barcelone que de Chelsea. Et ce jusqu’à l’entrée dans le dernier quart d’heure où les hommes de José Mourinho ont le dernier mot grâce à leur capitaine emblématique John Terry, seul joueur formé au club, qui reprend victorieusement de la tête un corner. Le but aurait néanmoins dû être annulé car son compagnon en défense centrale Ricardo Carvalho enlace Victor Valdes sur le but et empêche ce dernier de suivre le ballon. Malgré les protestations de Ronaldinho qui invite la superstar de l’arbitrage Pierluigi Colina à tenir compte de l’avis de son assistant, Barcelone est éliminé en huitièmes de finale de la ligue des champions. Cette erreur d’arbitrage est venue entacher un match de légende, et plus largement une double confrontation dont on souviendra longtemps aussi bien par la qualité du football proposé que par les polémiques engendrées par José Mourinho, ancien assistant de Bobby Robson et Louis Van Gaal à Barcelone, et qui sera désormais réduit à son ancienne fonction d’interprète du côté du Camp Nou où il devient persona non grata.



Au lendemain de la défaite, la presse catalane ne se montre pas tendre avec Frank Rijkaard, laminé tactiquement par José Mourinho selon elle. Le Néerlandais encaisse avec son flegme habituel, mais il sait désormais quelles sont les erreurs à ne pas répéter pour ramener ce deuxième titre européen qui fuit depuis 1992. En attendant, il lui reste à gagner le titre de champion qui échappe au Barça depuis 1999, une éternité. Avec un Rafael Marquez et un Ludovic Giuly retrouvés, le club s’impose sans peine face à l’Athletic Bilbao (2-0). Le Français, auteur du premier but contre les Basques, récidive une semaine plus tard sur le terrain du Deportivo La Corogne en détournant une frappe non cadrée. Le match devient fou lorsque Marquez est forcé à prendre un second avertissement. Réduit à dix, le Barça fait montre d’une solidarité défensive exemplaire, une belle réponse de l’arrière-garde qui fut particulièrement visée après sa déroute à Stamford Bridge. C’est dans un Camp Nou plein à craquer et sous un soleil radieux que les blaugranas affrontent la très bonne équipe du Betis Séville, 3e au classement. Malgré une expulsion précoce de Rivas, auteur d’une faute sur Deco dans la surface en tant que dernier défenseur (15e), le Barça est malmené par une équipe Andalouse audacieuse, à l’image de son ailier star Joaquin qui s’offre un doublé. Ménés 1-3 à dix minutes de la fin, les Catalans reviennent dans le match grâce à un penalty de Samuel Eto’o, son deuxième de l’après-midi. Avec l’entrée de Maxi Lopez à la pause, Rijkaard avait privilégié l’option offensive qui en fin de compte portera ses fruits puisque dans les ultimes secondes du match, Giovanni Van Bronckhorst hérite d’un long ballon à l’origine destiné au grand attaquant Argentin et devance la sortie de Doblas (3-3). Un point miraculeux et précieux dans la course au titre car, à une semaine d’un choc crucial au stade Santiago Bernabeu, le Barça compte quelques neuf points d’avance sur le Real Madrid.



Mais à Chamartin le Barça est privé de Deco, suspendu, et Ronaldinho doit jouer malgré une gastro-entérite contractée dans la semaine. Dans ces conditions, face à un Real Madrid surmotivé et qui abat sa dernière carte, le Barça n’y est pas, encaissant quatre buts. La réduction du score sur un très beau coup-franc par Ronaldinho (4-2) a néanmoins la saveur d’un point supplémentaire car elle permet aux Catalans de disposer d’une meilleure différence de buts particulière que leur adversaire. Pas de quoi contenter Frank Rijkaard dont le mécontentement envers ses joueurs à l’issue du match est relayé par la presse. Deux victoires consécutives face à Getafe (2-0) et surtout Malaga (0-4) lui rendent heureusement le sourire. Auteur de trois buts dans ces deux matchs, dont un de la tête du haut de son mètre soixante-quatre, Ludovic Giuly retrouve la forme qu’il avait montrée en début de championnat. En signant au Barça après un début d’été difficile (sortie sur blessure en début de finale de la ligue des champions perdue 3-0 et non sélection à l’Euro à cause de ladite blessure), le « rat affamé » avait promis à Joan Laporta d’inscrire dix buts en championnat. Il en est désormais à neuf, et son équipe se rapproche du titre.

Le sacre n’est plus qu’une question de temps après la victoire face à Albacete, match qui voit le jeune prodige Argentin Lionel Messi inscrire son premier but professionnel sur un très beau lob après une louche magnifique de son protecteur Ronaldinho. A 17 ans, 10 mois et 7 jours, « Léo » devient le plus jeune buteur de l’histoire du club en championnat. Sur le terrain d’un adversaire autrement plus redoutable, le F.C. Valence, les blaugranas touchent au rêve grâce à un Ronaldinho qui marche sur l’eau depuis qu’il s’est remis de sa gastro-entérite. Le meilleur footballeur de la planète s’illustre d’un golazo en lucarne, et son équipe gagne 2-0. Avant d’entrer sur le terrain de Levante, les catalans sont informés du match nul du Real Madrid face au F.C. Séville (2-2). De ce fait, un seul petit point suffit au Barça. Il faut cependant aller le chercher car les joueurs Valenciens inscrivent le premier but de la partie. A l’heure de jeu, Samuel Eto’o est à la conclusion d’un corner dévié judicieusement par Rafael Marquez, une combinaison devenue classique et qui ne pouvait pas être rééditée à un meilleur moment. Suite à l’égalisation, la fin du match devient un simulacre de la part des joueurs de Levante, tétanisés par la peur de descendre et qui se satisfont du match nul face à la meilleure équipe d’Espagne en ne cherchant pas à mettre fin à l’interminable passe à dix au milieu de terrain. Ca y est, le F.C. Barcelone est officiellement champion d’Espagne ! Quel soulagement que cette première ligne au palmarès depuis six ans, qui en amènera très certainement d’autres tant le talent de ce collectif a éclaté aux yeux du monde. La célébration du titre au Camp Nou est légèrement perturbée par Samuel Eto’o qui chambre son ancien club madrilène de façon un peu grossière, mais en dehors de Madrid personne n’en a cure. Il reste cependant un objectif mineur à atteindre, offrir au racé attaquant le titre de pichichi qui lui revient de droit, et peut-être même le Soulier d’Or européen.



Le Camerounais est néanmoins handicapé d’un but face à Majorque accordé à Deco par le journal Marca, qui désigne le pichichi, alors que la ligue le lui attribue. Sans cela, la messe aurait été dite et la confrontation face à Villarreal aurait presque ressemblé à un match de gala, bien que les hommes de Pelligrini ne l’entendent pas de la même oreille puisqu’ils sont venus chercher un ticket historique pour la ligue des champions. A l’occasion, les blessés de longue date font leur retour. Le très apprécié Henrik Larsson, à qui Laporta a offert une prolongation de contrat au lendemain de sa blessure lors du premier clasico, de même que Gabri et José Edmilson sont donc acclamés par le Camp Nou. Motta avait déjà retrouvé la joie des terrains quelques semaines plus tôt. Ludovic Giuly marque deux fois lors d’un match très agréable, atteignant puis dépassant la barre des dix buts qu’il s’était fixé, mais Samuel Eto’o rate un penalty et Diego Forlan se montre plus à l’aise dans cet exercice et surtout inscrit deux autres buts qui lui permettent de se situer à une unité d’Eto’o au classement du pichichi. Le Camerounais est irrité de voir son bien menacé à son nez et à sa barbe, et le fait savoir au groupe, mais il a encore une chance d’être couronné voire de rejoindre Thierry Henry, dont les rumeurs de transfert à Barcelone commencent à être évoquées, au classement du Soulier d’Or européen. Mais le dernier match de la saison face à la Real Sociedad ne connaît pas de buts, et dans le même temps Forlan inscrit deux réalisations face à Levante qui sera finalement relégué à l’issue de ce match. Eto’o se fait coiffer au poteau pour le titre de pichichi, mais cela lui donne une motivation supplémentaire pour la saison suivante, celle de la confirmation pour les hommes de Frank Rijkaard.

Une saison que Sandro Rosell vivra loin du club puisque le Vice-Président démissionne à cause de divergences avec Laporta, entraînant dans son sillage une crise institutionnelle contrastant avec la réussite sur le terrain. Rosell a joué une part primordiale dans cette réussite en signant notamment Ronaldinho et Deco.

 

Sans lui, le mercato est très calme, preuve de la confiance de Frank Rijkaard en son groupe. Mark Van Bommel et Santiago Ezquerro sont les deux seules recrues. Mais le Néerlandais peut également compter sur un troisième renfort, Lionel Messi, qui a éclaboussé le Mondial des moins de vingt ans de son talent. Pour ne pas répéter les erreurs commises avec d’autres jeunes de la cantera partis s’épanouir sous d’autres cieux, Joan Laporta propose un contrat professionnel au joueur à qui l’Inter Milan notamment fait les yeux doux. Messi se montre éblouissant lors du trophée Joan Gamper face à la Juventus Turin, et Fabio Capello, entraîneur du club piémontais, le couvre d’éloges. En revanche, l’Argentin ne peut pas prendre part aux compétitions nationales puisqu’avec lui dans l’effectif professionnel, le Barça dépasse le quota réglementaire de joueurs extracommunautaires. Cela profite à Ludovic Giuly qui, comme la saison précédente, marque le premier but de la nouvelle campagne et montre le chemin à suivre lors d’une victoire facile en Supercoupe d’Espagne.



Le Français est tranchant lors du début de saison, notamment contre Valence où il rattrape une bourde monumentale de Victor Valdes face à David Villa (2-2), mais son club est méconnaissable, ne prenant que 5 points en 4 journées. Frank Rijkaard tape du poing sur la table, et n’emmène pas les cadres Ronaldinho et Deco lors du voyage chez le Betis Séville, officiellement pour leur octroyer du repos mais officieusement parce que c’est sur leurs lauriers que les deux natifs du Brésil se reposent. Le Barça s’impose de fort belle manière sans eux (1-4). Il est ensuite neutralisé à deux reprises, mais avec beaucoup moins de nonchalance de la part des principaux concernés. Un coup de fouet puis un train d’arrêt nécessaire avant de lancer le T.G.V. qui, à partir du match à Osasuna le 22 octobre et avec un Lionel Messi intégré au groupe puisqu’il a entre temps acquis la nationalité espagnole, va aligner une incroyable série de victoires toutes compétitions confondues.

Parmi elles, figure évidemment le chef d’œuvre au stade Santiago Bernabeu le 19 novembre. Une correction historique (0-3) qui aurait pu être beaucoup plus lourde sans les multiples arrêts d’Iker Casillas. Cette prestation collective cinq étoiles a fait briller une individualité encore plus que les autres : Ronaldinho, auteur de deux buts extraordinaires et qui recevra après le deuxième les applaudissements de Chamartin, chose qu’on avait vu pour un joueur barcelonais que pour un certain Diego Maradona en 1983. « Ronaldinho est un être supérieur » titre le quotidien madrilène AS, sentiment partagé par la majorité des journalistes sportifs européens qui lui décernent le Ballon d’Or France Football, le sixième pour un joueur du F.C. Barcelone, quelques jours plus tard et avec une confortable avance.



Lorsque le Barça conclut son année par une victoire face au Celta Vigo grâce à un doublé de Samuel Eto’o, il n’y a guère que le surprenant Osasuna qui tient son rythme pour la course au titre. Autant dire que le champion est plus que jamais le grandissime favori à sa propre succession. Reste à savoir si 2006 sera l’année de son sacre en ligue des champions. La meilleure équipe d’Europe connaît d’ores et déjà son adversaire en huitièmes de finale : le F.C. Chelsea d’un certain José Mourinho…



 


Posté par Kill Duckadam
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